Le boss, dans cette histoire, c’est Eugène Tarpon, le mythique détective de Manchette, l’un des plus grands écrivains de romans noirs en France. Avec Que d’os – édité chez d’Aire Noire, un nouveau label des Éditions Dupuis – Tarpon va prendre des coups et en donner. Pour le plus grand plaisir des lecteurs et lectrices de Manchette, dont c’est ici la 5e adaptation en BD.
Cette adaptation est aux petits oignons, puisqu’elle est signée Max Cabanes, Grand Prix d’Angoulême en 1990, et Doug Headline, l’un des deux co-directeurs des albums Aire Noire et, accessoirement, fils du célèbre écrivain.

L’intrigue se situe au milieu des années 70. L’occasion de parler Citroën et gros calibre, Cukor et Cerdan. Mais au-delà du décor, tout commence quand Tarpon accepte de rechercher une jeune aveugle disparue, Philippine, à la demande de sa mère, Marthe.
Le cours tranquille du destin aurait pu filer à vitesse grand V pour notre détective privé préféré, prêt à laisser tomber l’affaire après avoir appris que Philippine coulait des jours heureux, loin de sa famille. Mais quand Marthe est assassinée en pleine gare de Saint-Lazare, Tarpon commence à avoir un doute. Et quand Tarpon a un doute, c’est plutôt mal barré pour celles et ceux qui envisagent de filer en douce, ni vu ni connu.

Quelques coups de feu et péripéties plus tard, on va baigner dans une sale histoire, comme Manchette les aime, pleine de rebondissements, de violence qui fait mal au point de vous casser les deux bras, de gouaille et de rencontres fortuites qui n’en sont finalement pas.
De quoi vous laisser quelques gars sur le carreau. Et plus si affinités. D’autant que le petit milieu qui s’amuse à faire tourner en rond notre ami Tarpon, fricote avec des flics pourris, une secte loufoque et dangereuse, et des souvenirs peu reluisants du temps de l’Occupation.
Heureusement pour nous, les pages de Que d’os ne manquent pas d’humour, agrémenté par deux personnages centraux : le vieux journaliste et grand fan d’échecs, Haymann ; et l’envoûtante et sensuelle Charlotte, une cascadeuse dont Tarpon s’est amouraché, même si les sentiments n’ont ici que peu que de place pour s’exprimer.
À lire donc, pour le plaisir !



