La souffrance d’une mère, celle de Marie de Nazareth, mère de Jésus. Lors de la crucifixion de son fils, c’est un hymne liturgique qui résonne. La musique est sacrée et transcende la douleur.
Elle se tenait, dans la douleur,
près de la croix, en larmes,
tandis que son fils était suspendu.
(…)
À l’heure où mon corps va mourir,
fais que soit donnée à mon âme
la gloire du paradis.
Le Stabat Mater fut source d’inspiration pour bon nombre de compositeurs émérites.
L’adoption de cette séquence spirituelle favorisa aisément le répertoire de la musique baroque grâce notamment aux virtuoses italiens (Antonio Vivaldi, Domenico Scarlatti… ) C’est à mon sens et pour beaucoup de mélomanes la vision de Giovanni Battista Pergolesi qui marqua notablement les esprits. Le témoignage d’une référence incontestable.
La traduction musicale perdura au fil des époques au point d’imprégner véritablement l’intemporalité de l’évocation.
En ce début d’automne 2025, c’est un nouveau projet audacieux qui s’adresse à nous.
ELECTRIO mêle des éléments baroques avec des effets pleinement ancrés au temps présent.
L’ensemble est composé du guitariste Francesco Rista, du compositeur électroacoustique Simone Giordano et de la soprano Sandra Lind Þorsteinsdóttir.
En combinant au chant magnifique des mouvements électriques et électronique, le trio capte l’auditoire au gré d’une alchimie singulière.
Le rendu général est bluffant. Il y a bien évidemment une larmoyante plainte en filigrane, une solennité d’une beauté absolue mais c’est aussi un condensé d’imprégnation des désolations affectant l’ère contemporaine.
D’une certaine manière, ELECTRIO se réapproprie une traversée émotionnelle se faisant écho d’une dureté à la fois intime et universelle. Un album prenant et merveilleux.
Crédit photo : Victoria S. Elmas

ELECTRIO · Stabat Mater
Fresh Ribes – 26 Septembre 2025


