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Il y a 40 ans : Ommadawn, Mike Oldfield et quelques psychotropes

Écrit par Jen

ommadawn

Ah je vous entends déjà ricaner, vous les détenteurs du bon goût !

« Ah ah, Mike Oldfield avec sa harpe et son mièvre Moonlight Shadow ! Pas sur Addict ! »

« Le type de Tubular Bells, la musique de l’Exorciste ? Ce truc hyper lourdingue ?! »

Oui, ce type là.

Qui n’a pas composé que cela.

Ce drôle de type, ce solitaire absolu (au point de jouer la plupart des instruments de son album) qui aura su avec talent, s’inspirer de musiques traditionnelles africaines et irlandaises pour composer un album pourtant extrêmement personnel et qui achèvera d’asseoir son style musical.

Ommadawn est sorti en octobre 1975. C’est un album court de 36 minutes. Il n’est composé que de deux titres, un par face, Part One, et Part Two / On Horseback. Chaque titre est donc malgré tout assez long : 19 minutes pour le premier, 17 pour le second… Musique new age nous voilà !
Harpe celtique, flûte de pan, glockenspiel, mandoline, bouzouki, banjo, piano, orgue, synthétiseur, et une multitude de guitares (électriques ou acoustiques), trompette, violoncelle, percussions africaines, timbales… la liste des instruments entendus sur cet album est interminable. Mike Oldfield expérimente, essaye des associations encore inédites entre différents styles, sans doute pour renforcer une certaine notion d’universalité.

Les deux parties sont construites de façon assez similaires : une longue montée progressive pour atteindre une espèce de paroxysme musical libérateur, et finir sur une pente douce et apaisante.
La première partie (en mode majeur ?) semble nous embarquer dans un voyage initiatique dans lequel on regarde les choses avec des yeux d’enfant, des yeux neufs et émerveillés.
La seconde partie (en mode mineur ?), au début plus sombre et plus riche (en nombre d’instruments), semble s’adresser à des yeux, des oreilles plus matures, moins candides que sur la face A. Malgré tout, la chute reste dans la même veine : accomplissement et sérénité.
L’album est quasi entièrement instrumental si ce n’est dans la première partie, des chœurs éthérés qui chantent en irlandais une seule et même phrase répétée en boucle, ainsi que Horseback, épilogue purement folk qui conclue l’album sur une note plus « familière », comme pour nous ramener en douceur sur Terre.

Une sorte d’expérience chamanique, ou extatique finalement. Ecouter Ommadawn, c’est planer à des hauteurs variables, vivre une certaine plénitude, et une espèce de fusion avec l’univers…

Alors, certainement que l’album a un peu vieilli.
Sans doute faut-il être foncièrement hippie pour vivre cette expérience au premier degré.
Peut-être que je ne suis pas tellement objective quand j’écoute Ommadawn, pour la simple raison que j’ai été bercée avec cet album.

Mais qu’importe, Mike Oldfield mérite mieux que de n’être réduit qu’à la BO d’un film et un tube mièvre des années 80… Il est l’auteur d’un album riche et foisonnant qui mérite une nouvelle écoute.

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11 Commentaires

  • J’avais sept ans lorsque cet album est sorti. Autant vous dire qu’il est passé inaperçu. Et puis, en 1981, alors que j’étais à la plage avec mes parents, nous écoutions la radio et un extrait de la première partie est passée. Sans que je sache qui était l’auteur et encore moins le titre, j’ai été envouté par ce morceau, particulièrement des chœurs qui sont restés gravés dans ma tête pendant des années. C’est grâce au site Watzatsong, il y a quelques années, que j’ai trouvé après l’avoir chantonné sur le net. Quel bonheur, j’ai du l’écouter en boucle pendant des semaines et même si je l’écoute moins fréquemment, le plaisir et l’émotion sont toujours les mêmes.
    Voilà, c’était juste pour l’anecdote.

  • Ommadawn ? Je ne cesse de le réécouter depuis plus de 30 ans ! De même que platinum et QE2 du très bon Oldfield pas fait pour les blaireaux qui composent le grand public mais pour ceux qui ont de bonnes oreilles et une très bonne  » perception » de la musique

      • Cet album restera le meilleur de sa discographie et je peux l’écouter en boucle et je m’en lasse jamais.
        Pour la petite anecdote en étant gamin j’étais dans un camp du patro de mon village et pendant l’été on était en vacances. Pendant l’après-midi on avait des ateliers et il avait quelques CD de Mike. De suite j’ai accroché à son style et plus tard, je suis tombé sur le vinyle Ommadawn que je connaissais pas et depuis j’ai du l’user à mort 🙂
        J’attends avec impatience Return to Ommadawn.
        Ce qui me désole peut de mes ami(e)s aiment Mike quand je veux leur faire écouter, ils veulent directement changer de morceau :-/
        En même temps, pour eux, ça doit les surprendre comme j’aime bien le metal extrême et bourrin 🙂

  • Ah Mike Oldfield.. Pareil pour moi, bercé dès le plus jeune âge par Tubular Bells, Ommadawn, Hergest Ridge etc.. J’écoute encore ces albums avec le même plaisir très régulièrement et j’y découvre toujours de nouvelles choses : Un tintement, un instrument que je n’avais pas remarqué, un chœur.. C’est ma « madeleine de Proust » musicale, et quand j’ai besoin de déconnecter, j’écoute un de ces albums au casque. Je comprends ceux qui ne plongent pas dedans, mais j’ai réussi à faire apprécier certains albums plus récents (Tubular Bells 3, très électro par exemple) à pas mal d’amis.
    Return to Ommadawn sort demain, je croise les doigts pour que ce soit une réussite, car sur une oeuvre relativement prolifique (27 albums studio !) tous ne sont pas des chefs d’oeuvre comme le fameux Ommadawn.

  • Du grand chef d’œuvre !
    L’exorciste ? je ne me rappelais même plus que Tubular Bells avait fait la BO (oui, « avait fait » pas « était ») de ce (génial aussi) film. Car Tubular Bells est avant tout… une dimension, un univers musical qui se suffit en soi… et puis y’a le petit Hergest Ridge, un peu mal aimé qui reste mon chouchou
    l’album de l’artiste angoissé qui se sait attendu au tournant, dérouté par le succès et qui pond… encore un chef d’oeuvre !
    Omadawn, bien sur, une petite merveille aussi avec (comme pour Tubular) cette face B magnifique

  • Depuis mon bain j’entend classic21 diffuser « Ommadawn » ce dimanche soir (23h30)…et comme vous , un petit air de nostalgie m’envahi . Je pense avoir découvert Mikel Oldfield lors de la sortie de « Platinum » que j’ai beaucoup aimé. Ensuite j’allais louer à la médiathèque de ma ville les 33t que vous évoquez plus haut et j’ai adhéré complètement . Pour « Ommadawn » je me souviens l’avoir plusieurs fois écouté depuis le fond de notre jardin en posant mes enceintes sur l’appui de fenêtre de ma chambre à l’étage . Il me semble que cette musique évoquait la Nature , de grands espaces … j’avais 15 ou 16 ans.
    Voilà il est passé minuit et c’est à présent « Les carnets d’émeraude  » qui prennent le relais sur les ondes de Classic 21.

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