Cinéma Éphéméride

6 septembre : 2006, sortie de « Little Miss Sunshine »

Little Miss Sunshine

Dans la catégorie comédies aussi loufoques qu’intelligentes, la palme d’or revient à Little Miss Sunshinepremier long métrage fracassant d’un duo de réalisateurs du cinéma américain indépendant. Sorti en 2006 et désormais inscrit dans les annales du cinéma, ce film nous conte les tribulations de la famille Hoover, ou doit-on dire Foldingue, embarquée dans un road-movie aussi jubilatoire que tragique, et je gage qu’il n’a pas fini d’enchanter les générations à venir.

Nul n’a oublié la jeune Abigail Breslin, époustouflante de naturel et de talent dans le rôle de la petite Olive Hoover, et véritable révélation du film. Olive, 7 ans, grosses lunettes ringardes vissées sur le nez, chevelure lisse et sage, rondeurs de l’enfance, a la tête emplie de rêves improbables. Le plus improbable de tous ? Participer à un concours de Mini-Miss, vous savez, ces concours très prisés aux Etats-Unis qui vous filent la chair de poule dans les reportages… Les fillettes y défilent déguisées en poupées Barbie, maquillées comme des filles de joie, coiffées à la Dallas à grand renfort de laque et de crêpage de cheveux et portent des vêtements d’un goût plus que douteux. Bref, Olive kiffe ces concours de petites pestes qui s’entre-tuent dans les coulisses et s’entraîne dans le plus grand secret avec son grand père, excellent Alan Arkin, génial en aïeul bougon qui ne vit que pour le sexe, les drogues et le rock’n’roll, et coach tout aussi improbable que l’est le rêve de la fillette !

Dans la famille Hoover il y a aussi le père, alias Greg Kinnear, parfait dans le rôle d’un type obsédé par les façons de ne pas devenir un looser. Le fils adolescent interprété par Paul Dano, qui a fait vœu de silence jusqu’à son entrée dans l’Air Force Academy. L’oncle dépressif spécialiste de Proust, ici Steve Carell, récemment abandonné par son amant et qu’il faut surveiller comme de l’huile sur le feu afin qu’il n’attente plus à ses jours. Et enfin la mère, géniale Toni Collette, qui s’évertue tant bien que mal à maintenir un semblant d’équilibre dans tout ce pataquès mais frise l’attaque d’apoplexie.

Et voilà que contre toute attente, notre Olive décroche une invitation à participer au concours de Little Miss Sunshine qui se tient en Californie à l’autre bout du pays. Qu’à cela ne tienne, toute la famille décide de laisser les ennuis de côté et de faire corps derrière elle. Les voilà donc s’entassant dans leur break Volkswagen rouillé, cap vers l’Ouest, et entamant une sorte de voyage initiatique tragi-comique de trois jours. Lequel va les mettre aux prises avec des événements disons inattendus, que je vous laisse découvrir…

Coup d’essai, coup de maître, les réalisateurs Jonathan Dayton et Valerie Ferris font mouche avec ce portrait génial et sans concession de la famille américaine moyenne typique névrosée, obsédée par la réussite à n’importe quel prix, et des concours de beautés pour jeunes têtes à claques poussées à tout par les rêves de leurs mères. Servi par des acteurs excellents jusque dans le moindre petit rôle, ce film absolument jubilatoire, très original, d’une grande sensibilité derrière le comique apparent, est une véritable bouffée d’oxygène, à savourer sans hésitation si ce n’est pas encore fait.

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