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7 avril : 1978, sortie du single Roxanne de The Police

Ah, la spontanéité des premiers morceaux, quand un groupe se cherche et se trouve quasiment dans le même trait de temps et que l’alchimie collective tant espérée survient  illico ! L’histoire du rock en est remplie, de ces musiciens qui courent après la force de leur premier jet, sans parvenir à autre chose que la répétition de la formule en moins bien ou le pas de côté forcé et inabouti.

Alors bien sûr, The Police a échappé à cette destinée désolante, en parvenant à se renouveler pendant cinq albums fureteurs et futés. Mais le premier single, si l’on excepte le court Fall Out sorti en 1977 alors que la guitare était tenue par notre compatriote Henry Padovani avant l’arrivée d’Andy Summers, avait tout du coup de maître.

Le groupe, qui a intégré avec un chouïa d’opportunisme la vague punk alors déferlante sur les seventies finissantes, trouve dans ce morceau punchy l’occasion de montrer de quel bois il se chauffe. Les couplets alternent montées de sève et accalmies, adossés au jeu à la fois rock, ska et mambo du batteur Stewart Copeland – tout le monde se souvient que les trois membres de Police ont alors déjà un background de spécialistes du jazz et/ou du rock progressif – et se déversent dans des refrains entonnés à pleine puissance, avec l’aide des deux compères de Sting aux chœurs.

C’est bien Sting qui chante, rageur, comme s’il cherchait dans le même temps à convaincre et à implorer, avec une volonté d’en découdre bien éloignée de l’auteur de balades mièvres qu’il deviendra quelques années plus tard. C’est Sting qui a écrit la musique ainsi que les paroles assez basiques de ce titre, du point de vue un peu cliché du type qui tombe amoureux d’une prostituée et imagine qu’il va la sortir de sa condition. C’est également lui qui pose son postérieur sur un piano qu’il croyait fermé, produisant un accord provoquant sa propre hilarité. Tant le son de l’instrument que le rire ont été intégrés au début de la version du morceau parue au printemps 1978.

Roxanne joue pour The Police le rôle de déclencheur : dès qu’il l’entend, le manager Miles Copeland, jusque-là peu emballé par les compos du groupe de son batteur de frère, est conquis et leur fait signer un contrat avec A&M Records. Malgré les réticences des stations de radio britanniques, sans doute refroidies par le sujet abordé trop peu consensuel à l’époque, les jeunes gens et les médias affranchis adoptent ces trois minutes, puis les dix titres de l’album Outlandos d’Amour qui contient deux autres tubes, So Lonely et Can’t Stand Losing You. La carrière du trio peroxydé est définitivement lancée sur la voie de la renommée.

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