Cinéma

Ant-Man de Peyton Reed : Fourminable

Ecrit par Nulladies

affiche ant-man

 

A écouter les déclarations de James Gunn, Les gardiens de la Galaxie 2 sera plus émouvant.

Donc, la parodie, le dilettantisme, la jubilation de petits teigneux qui tirent dans le tas, laisse tomber.

C’est Edgar Wright qui devait à l’origine réaliser Ant-Man, et les amateurs de la trilogie Cornetto ne pouvaient que s’en réjouir : introduire dans la grosse machine ce petit grain de comédie, cette absence de sérieux ne pouvait être que salutaire. Sauf qu’il a été viré pour différends artistiques.

Le constat est donc sans appel : on ne change pas une médiocre formule qui gagne.

Paul Rudd a fait des efforts sur ce film : il a gagné en muscles ce qu’il a perdu en humour, en sens de la famille ce qu’il avait de lose attachante.

C’est l’été, les salles sont climatisées et notre tolérance en berne. On est donc prêts à bien des concessions, on emmène la marmaille, tout ça, au moins eux ça leur plaira.

Expliquez-moi l’intérêt de faire un film si long, qui met trois plombes à commencer, avec des dialogues interminables et sans intérêt ?

Expliquez-moi l’intérêt de nous resservir pour la millième fois le coup de « l’ex détenu qu’a fait un coup à la Robin des bois donc il est pas vraiment méchant et qui va replonger uniquement pour voir sa fille de 7 ans » ?

Ne parlons même pas de l’humour, toutes ces vannes qui tombent immanquablement à plat, cette équipe de djeunes issus d’une séance d’écriture appliquant la ségrégation positive, ce scénario d’une platitude monumentale (en gros, un casse et des mini gigots d’agneau) ou cette laideur généralisée des CGI.

On avait apprécié dans la bande annonce ce jeu entre les différentes proportions de taille : un train qui, selon l’échelle, est un jouet inoffensif ou une arme de destruction massive. Certes, certaines séquences sont amusantes dans ce registre, comme la maquette criblée de balles ou la bataille dans la valise. On pourrait même, avec un peu d’indulgence, retrouver dans le carnage final où les objets sont agrandis (joli placement du train Thomas, + une fourmi géante) une sorte de référence aux films des années 80, de l’Aventure Intérieure à Chéri, j’ai rétréci les gosses, sorte de carton-pâte bon enfant qui fait appel à notre innocence de spectateur.

Si le rythme gagne un peu en densité dans le dernier quart du film, c’est tout de même bien tardif, et surtout sans enjeu. On a vraiment du mal à s’attacher à un gars dont l’unique talent consiste à appuyer sur deux boutons rouges et domestiquer différentes races de fourmis capables de tout faire à sa place, et dont le charisme est, reconnaissons-le, fortement limité.

Marvel semble davantage préoccupé à tisser son réseau en exhibant autant que faire se peut l’étendue de son univers, par ses références aux autres franchises, des Avengers à Stark en passant par le Faucon, Shield et compagnie.

Tout cela est terriblement lassant.

Sinon, on a eu droit à la bande annonce de Star Wars sur grand écran. C’était bien. Peut-être que pour ce film aussi, je devrais me limiter à ce plaisir fugace…

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