Les couleurs sont vives et les personnages sympas. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien une virée en enfer à laquelle Michaël Sanlaville nous convie avec Tunnels (Glénat). Un conte mécanique aux airs de Mad Max qui se lit avec plaisir et fascination.

Les vacances débutent pour cette famille qui s’apprête à reprendre la route après avoir fait une pause sur une aire d’autoroute. A bord du break Volvo, les parents prennent soin de leurs trois filles. La petite dernière, bien installée dans son fauteuil, ouvre grand les yeux sur le paysage environnant et découvre le monde qui s’ouvre à elle. De temps en temps, elle se laisse tout de même envahir par le sommeil ! Si ce n’est que les choses vont bientôt la réveiller brusquement, la faisant basculer dans l’inattendu et l’incompréhensible, lui faisant écarquiller les yeux comme jamais.

À ses côtés, dans l’habitacle : ses deux sœurs – l’une est particulièrement sur le qui-vive et limite agressive avec tout ce qui l’entoure et qui ne va pas dans son sens ; l’autre, qui est l’aînée et prend des cours de conduite accompagnée, préfère se concentrer sur sa console de jeux. Bref, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si ce n’est qu’après avoir passé un long tunnel, voici que la voiture familiale débarque sur un circuit automobile à l’environnement luxuriant et se fait doubler par un bolide dans un vacarme de folie.
Un deuxième monstre de métal ne tarde pas à faire son apparition, dont le pilote stoppe à la hauteur du break. Sortant de son véhicule, casqué et habillé tout en noir, le voici qui vocifère et s’adresse au père de famille dans un langage insensé. Pour Mila, Samantha, Jolène et leurs parents, c’est le début du cauchemar !

De manière simple et accessible, Tunnels nous emmène ainsi sur les traces de véhicules rutilants et d’explosions en tout genre, plaçant une famille ordinaire dans une situation ubuesque et extraordinaire. Comment va-t-elle se sortir de ce piège ? Comment faire face à l’imprévu et tenter de composer avec le surnaturel ? Comment échapper à l’enfer, au risque d’y perdre même l’un de ses enfants ?!
C’est à toutes ces questions que tente de répondre la BD. Mais attention tout de même : on n’est pas là non plus dans un conte philosophique prise de tête. La narration, fluide et rythmée, tout autant que la puissance visuelle des planches qui composent les 168 pages de l’ouvrage, existent avant tout pour satisfaire notre plaisir de lecture d’un scénario plutôt efficace. En résumé : pensez à bien attacher votre ceinture pour ne pas vous laisser embarquer dans un virage fatal !



