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Built To Spill – Untethered Moon

Écrit par Davcom

Built-To-Spill-Unethered-Moon-Artwork

 

 

Mine de rien, ils ne sont plus si nombreux les groupes indés provenant des nineties, guidés par la sacro-sainte trilogie guitare-basse-batterie chère aux yeux d’actuels quadragénaires en manque de sensation rock, en cette ère de fourre-tout musical plus ou moins débridée, pour le meilleur parfois et souvent pour le pire. Citons en vrac Nada Surf, groupe fort sympathique aux compositions bubble-gum, Foo Fighters, qui fait partie du grand barnum rock des stades jouant en roue libre et de plus en plus mal, Stephen Malkmus sans ses Pavement mais avec ses Jicks, qui tient malgré tout encore la route, les filles de Sleater-Kinney qui viennent de faire un come-back sans saveur, ne parlons pas des Pixies, ou bien fort heureusement Dinosaur Jr, même si du point de vue de l’auteur de cet article, les meilleurs albums parus datent d’une période se situant entre 2007 et 2012, soit les trois derniers. (NDA – la rédactrice en chef me signale qu’un attroupement d’individus chevelus s’est établi devant la devanture de notre quartier général en hurlant de foutre dehors le peigne-cul qui a osé écrire cette saloperie, et fissa, histoire de l’enduire de goudrons, de plumes et autres joyeusetés – Hum).

Il faut bien le reconnaitre, à l’inverse des dinosaures de Jay Mascis et Lou Barlow, le retour de Built To Spill en 2006, survenu après le break de cinq années qui a suivi la sortie du formidable Keep It Like A Secret (1999) et du correct Ancient Melodies Of The Future (2001), n’a pas été terriblement excitant. Non pas que You In Reverse (2006) et There Is No Enemy (2009) soient des albums ratés, mais des disques en deçà des capacités d’un groupe qui avait été jusque-là impeccable.

Nouveau break de six années, et les voilà de retour en 2015 avec un nouvel album intitulé Untethered Moon.

Tentative de décryptage.

All Our Songs, qui ouvre l’album, nous ramène 21 ans en arrière, à l’heure où REM s’apprêtait à livrer sa resucée grunge post-suicidal du génial junkie blond torturé, leader de qui vous savez, qui avait promptement décidé de faire partie du clan des trépassés âgés de 27 ans. Quelle drôle d’idée. Monster donc, où aurait pu figurer ce très bon morceau. On poursuit avec Living Zoo, et son intro à la construction bizarre, atteint du syndrome Stephen Malkmus / Jay Mascis, à savoir un solo long et déséquilibré, mais étant néanmoins un des premiers titres lisibles sur youtube et consorts reconnu comme « Official Music Video », au même titre que Never Be The Same, tous deux présents dans cet article, tas de veinards. Profitez, c’est rien que du bonheur.

On The Way nous rappelle les riches heures des Replacements – qui nous reviennent aussi très bientôt même s’ils ne sont plus vraiment de toute première fraîcheur – et c’est franchement réussi. Et ainsi de suite jusqu’au final When I’m Blind, et son triturage de cordes de guitares qui défrise la chicorée à mémé.

Au final, doit-on se réjouir du retour d’un vieux groupe dont on n’attendait plus grand chose ? Vous vous ferez seuls juges messieurs-dames, mais en ce qui me concerne, je dis oui. Tiens, d’ailleurs, chose que je ne fais jamais, je vais lui coller une note. 7/10, et c’est mérité. Oh bien sûr, je vous entends déjà d’ici : l’infâme fâlot, une note intermédiaire entre le moyen et le bon alors qu’il essaie de vendre sa soupe. Oui, mais ce 7/10 vaut son pesant de cacahouètes salées, qui, comme le disait le grand philosophe qu’est Jean-Claude Vandamme, est le mouvement perpétuel à portée de l’homme. Je vous laisse le soin de vérifier la véracité de cette citation par vous-même. Faut pas pousser non plus les feignasses.

Built To Spill, Untethered Moon, chez Warner Bros (et oui, une Major, ça vous la coupe, hein ?) depuis le 18 avril.

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