Musique

Morrissey au Grand Rex : Retour De Flamme

Morrissey-Rex

« Enchanté ! » C’est par ce message bienveillant que Morrissey ouvre son concert au Grand Rex, le premier en France depuis 2009. Puis il lance les hostilités avec The Queen Is Dead, suivi d’un Speedway rageur. Le ton est donné : malgré les dernières informations sur sa santé, le Moz est là, et bien là !

Vicent DeNocheMiento et Truman étaient dans la salle. Ils vous racontent.

Truman : J’ai un peu délaissé Morrissey ces dernières années et ce concert est pour moi un véritable retour de flamme. La voix est intacte, le nouvel album est plus solide qu’il n’y paraît à la première écoute, et Moz est en pleine forme.

Vicent : Je ne connais pas Morrissey . Du moins, pas comme les hordes de fans qui se sont pressés au Grand Rex. J’achète ses disques depuis You are the Quarry (pas sa période la plus culte). Je connais ses soucis de santé et j’avoue avoir été bluffé par sa tenue, sa classe, sa grandiloquence, et sa voix. C’est bien simple, j’ai eu l’impression de voir un crooner de grande classe soutenu par un groupe de rock. Mais pas un simple groupe de rock tranquille, hein. Un groupe de rock rageur, puissant, voire dévastateur ! Sinatra et les Queens Of The Stone Age ?

T : Venir voir Morrissey , c’est visiter une légende mais aussi visiter ses souvenirs. Qu’importe que les arrangements de Everyday Is Like Sunday manquent de finesse, du moment que l’on se souvient de la première fois où on a entendu ce titre. Qui d’autre que lui peut écrire des phrases aussi foudroyantes que « everyday is like sunday, everyday is silent and grey« ?

V : Les lumières étaient sublimes, le son, un poil trop fort pour moi, et le show, bien rodé. Mais je ne suis pas rentré dedans. Peut-être pas assez imbibé de l’univers. Pourtant je connais le dernier album, mais la couleur latino-flamenco-mariachis de certaines de ses chansons est pour moi rédhibitoire. C’est justement ce disque qui s’est fait la part belle dans le répertoire joué, ce qui a dû influer sur mon manque d’enthousiasme. Par ailleurs, le côté répétitif du dispositif, de la structure même des chansons m’est apparu : une intro, une partie où le chant est omniprésent puis la montée en puissance du groupe qui achève les chansons sur des solos de guitare tonitruants, le chanteur s’éclipsant pour laisser la place à ses musiciens. Le point névralgique aura été Meat Is Murder, qui s’achève de manière carrément apocalyptique, avec un groupe (et un public) extatique. I’m Not A Man aura aussi une fin similaire, mais moins puissante.

T : Je suis moins gêné que toi par le coté latino de certains arrangements. Je suis même soulagé qu’il délaisse parfois le mur de guitares pour apporter de la variété dans les sons. On a maintes et maintes fois fait le procès du manque de nuance des musiciens qui l’accompagnent mais c’est peut être son choix de s’entourer de musiciens qui servent simplement de faire valoir. Ainsi, il peut briller!

V : Meat Is Murder, dont le sujet est la défense de la cause animale, est illustrée d’images insoutenables de mauvais traitements d’animaux. I’m Not A Man, sur le même thème, s’accompagne d’un saxophone hurlant des notes qu’on ne pourra pas éviter de comparer aux hurlements d’un animal qu’on sacrifie. Morrissey tient à sa cause et, ne craignant pas  de se faire taxer de manipulateur, saura comment la servir, au risque de choquer durablement. Habile, devant un public conquis, et dérangeant, pour ceux qui n’auraient pas compris son message.

T : Je ne sais pas quoi penser des illustrations de mauvais traitements sur les animaux. Je suis toujours un peu réservé quand je vois un concert se transformer en tribune. Encore plus quand le chanteur (et c’est le cas ici) est pour moi avant tout un chanteur de l’intime.

V : Son message est servi par des paroles d’une grande richesse. Je me faisais la réflexion que je connaissais peu de chanteurs anglo-saxons aussi littéraires, écrivant et chantant de si longues phrases. Le voir les décliner, les chanter, les interpréter, les asséner puis le voir se débarrasser de sa chemise pour l’offrir à son public en transe ne m’aura pas fait adhérer à son fan-club, mais j’aurai la certitude d’avoir assisté au show d’une légende du rock, et en soit, ça valait le déplacement…

T : Tour à tout émouvant (Trouble loves me), dérangeant (les images qui illustrent Meat is murder), touchant (Asleep), percutant (The Queen Is Dead), un concert de Morrissey ne laisse pas indifférent, et c’est bien l’essentiel.

Setlist

1. The Queen Is Dead

2. Speedway

3. Kiss Me A Lot

4. I’m Throwing My Arms Around Paris

5. World Peace Is None Of Your Business

6. Neal Cassidy Drops Dead

7. Istanbul

8. One Of Your Own

9. Trouble Loves Me

10. The Bullfighter Dies

11. Earth Is The Loneliest Planet

12. Yes, I Am Blind

13. Kick The Bride Down The Aisle

14. Meat Is Murder

15. Staircase At The University

16. I’m Not A Man

17. Asleep

Encore

18. Suedehead

19. Everyday Is Like Sunday

(Un grand merci à Édouard EdB pour la mise en images et pour la relecture)

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