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Nous Étions Une Armée : « Les phrases que j’écris dans ma chambre ne disent pas la même chose quand je les crie sur scène. »

Nous étions une armée est la quête d’une nouvelle poétique parlée-chantée, d’une autre manière de faire entendre du français sur de la musique. C’est surtout la voix de Léo Nivot, posée sur des guitares et des boîtes à rythmes, accompagnée sur scène et en studio par Rémi Le Taillandier.

INTERVIEW

Comment est venue votre envie de faire de la musique ?

Pour ma part, c’est vraiment le rock et sa mythologie qui m’ont plongé dans la musique. À 10 ans, je lisais Rock & Folk comme la Bible, je me déguisais en Slash au carnaval de l’école, et je connaissais les dates de naissance de toutes les rock stars des années 70. Mes influences ont beaucoup changé depuis, mais c’est cette mystique là qui a allumé la flamme.

Nous Étions Une Armée
Pour une personne qui ne vous connaîtrait pas, comment présenteriez-vous Nous Étions Une Armée ?

Au début, je définissais le projet comme du Sprechgesang Post-Rock, en référence au style parlé-chanté développé par Schoenberg au début du XXe siècle. Mais ce n’est pas très parlant pour une personne qui ne connaîtrait pas non plus Schoenberg… Alors, parlons plutôt de Spoken word, d’une musique qui explore les frontières entre le chant et la parole, qui pousse le langage un peu plus loin peut-être. Comme Schoenberg, c’est très expressif, et ça vient évidemment du romantisme, si on creuse un peu.

Dans vos chansons, je trouve que les textes font corps avec la musique. Ont-ils pour vous une place particulière ? Et est-ce qu’ils influent sur le phrasé du chant ?

C’est très gentil, car c’est précisément l’enjeu de ce projet. Tout mon travail est de faire oublier qu’il y a un texte, une voix, et une musique, dissociés l’un de l’autre. Tout doit être absolument intriqué. D’ailleurs, c’est souvent le phrasé qui influence le texte, plutôt que l’inverse. J’écris en improvisant, à partir de fragments en yaourt posés sur la musique. C’est dit, et retravaillé. Je ne procède pas comme un chanteur qui devrait faire entendre un texte écrit sur une musique. Je ne suis pas un interprète. Je suis quelqu’un qui parle et qui corrige ce qu’il a dit. 

 Pour l’instant vos morceaux sont uniquement disponibles sur les plateformes de streaming et sur YouTube. Est-ce que vous avez en projet de sortir prochainement un EP ou un album ?

Oui, des singles sortent assez régulièrement, tous les 2 mois environ, en clip et en streaming. Beaucoup de nouveaux morceaux attendent, et on a discuté avec quelques labels pendant les confinements. C’est très délicat pour eux de sortir un premier disque dans un contexte aussi incertain, sans prévoir une tournée qui ferait vivre ce disque. Alors, on attend. On pourrait produire l’album nous-mêmes, on fait des études de son au Conservatoire de Paris, mais on ne veut pas avoir à le défendre tous seuls. Producteurs, éditeurs, bookeurs, qu’attendez-vous ?

La tension ressentie dans votre musique nous fait dire qu’elle doit absolument vivre sur scène ! Que représente pour vous le fait de jouer devant un public ?

Pour l’instant, les lives sont assez sacrificiels… Le set est très engageant pour moi, émotionnellement et physiquement, et ça reste nos tous premiers concerts à cause des confinements. Alors, chaque fois est encore une première fois. Nous ne sommes pas dans une routine de tournée, et même après deux cents concerts, je ne pense pas qu’il y aura de routine. Je redécouvre moi-même le sens de mes propres textes en les disant sur scène. L’adresse change, donc tout change. Les phrases que j’écris dans ma chambre ne disent pas la même chose quand je les crie sur scène.


 


 

                                                                                                  Crédit photos  : Marion Le Taillandier

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