Les jeux de société font leur entrée chez Addict-Culture ! Ceux qui considèrent (encore) que les jeux de société se limitent au Monopoly ou au Scrabble seront probablement dubitatifs. Mais depuis une vingtaine d’années, le monde ludique est d’une richesse telle que son inclusion parmi les biens culturels ne fait aujourd’hui plus aucun doute.
Rappelez-vous les années 2000 avec l’émergence des séries télévisées dites modernes. Cette époque où nous pouvions nous délecter devant Lost, The Sopranos ou The Wire. Nous étions conscients de vivre l’apogée d’un genre. Pour les jeux de société, c’est la même chose depuis une dizaine d’années. La créativité, la diversité et l’ingéniosité de l’offre rivalise avec l’intérêt grandissant du public.
Le confinement de 2020 a permis à bien des adultes de chercher de nouvelles manières d’occuper leur temps. Et si certains ont ressorti les vieux 1000 bornes et autres Uno de leurs placards, d’autres ont écouté les recommandations de leurs amis pour investir dans les nouveaux classiques que pouvaient (déjà) être Catan ou Carcassonne. Pensés pour deux à quatre joueurs, ces jeux s’adaptaient aux familles et couples qui souhaitaient jouer durant cette période. Surtout, certaines plateformes comme BoardGameArena ont alors permis aux ludistes de jouer en ligne à d’innombrables nouveautés, découvrant ainsi des mécaniques et ambiances aussi hétérogènes qu’originales.
D’accord, le succès des jeux de société est immense depuis dix ans, mais comment justifier leur présence sur Addict-Culture ? Comment s’assurer qu’il s’agit de biens culturels ? L’argument le plus convaincant réside probablement dans la similitude entre le monde du jeu et, à tout hasard, l’industrie du livre ou de la musique. Jugez par vous-mêmes. Les jeux de société se vendent aussi bien chez les grands distributeurs que dans des boutiques indépendantes (que l’on n’hésitera pas à soutenir). Ils sont défendus par des éditeurs (à l’instar d’un label de musique) et créés par un auteur, dont le nom est désormais mis en évidence sur la boîte (ce critère est indispensable pour être nominé à l’As d’Or). Un illustrateur, à l’instar des bandes dessinées, se charge de la partie graphique, et des prix (l’As d’Or, donc, ou le graal que constitue le Spiel des Jahres) sont attribués aux meilleurs jeux lors de festivals durant lesquels les auteurs peuvent être rencontrés.
L’industrie fonctionne donc sur le même principe que celle de la littérature ou de la musique. Mais il y a surtout deux aspects qu’il convient de mettre en avant pour justifier la place de ces jeux dans nos colonnes : la créativité des auteurs et l’émotion ressentie en jouant.
A une époque où l’intelligence artificielle risque de plus en plus de « polluer » la création, qu’il est bon de ressentir autant d’émotions en lisant, regardant un film, écoutant de la musique… ou en jouant. Il existe tellement d’univers que vous pourrez jouer le rôle d’un marchand d’or (Splendor), d’un pilote d’avions (Sky Team), coureurs cyclistes (Flamme Rouge), ornithologues (Wingspan)… ou même un colon (Catan). Et oui, les jeux de société permettent aussi de jouer des rôles que nous n’aurions pas envie d’endosser dans la réalité, de se trahir (Traîtres à bord) ou se taper dessus (MindBug), aussi bien que jouer en coopération pour, par exemple, découvrir une neuvième planète (The Crew).
Ces univers ne disent qu’une toute petite partie de l’infinie créativité et diversité de ces jeux. La tension sera permanente avec certains jeux de stratégie quand l’assemblée sera survoltée avec certains jeux d’ambiances. Des jeux à deux, compétitifs ou coopératifs, et même des jeux de pli, il y en aura pour tous les goûts et vous trouverez dans chacun d’eux le génie, le travail et la passion des auteurs qui imaginent, pensent, réinventent un univers riche et bouillonnant. Les jeux de société sont assurément un produit culturel en 2025. Découvrons à travers cette rubrique les plus formidables sorties de ce secteur qui vit actuellement son âge d’or.


