
Kim Gordon
Play Me
Matador Records
13 mars 2026
Au siècle dernier, Sonic Youth sortait le fantastique EVOL, entamant ainsi un cycle qui en fera un des groupes les plus essentiels du rock américain. 40 ans plus tard, Kim Gordon est toujours la plus cool des artistes et continue comme si de rien n’était, la jeunesse sonique s’avère éternelle et permet de garder la flamme comme aux premiers jours.
Surtout, Kim Gordon ne ralentit pas, bien au contraire, son premier single sous son nom, Murdered Out a tout juste 10 ans et depuis, entre tournées, performances et collaborations, elle a enchaîné 3 albums dont ce petit dernier tout juste sorti, Play Me.
Elle y retrouve Justin Raisen, producteur californien (Charli XCX, Sky Ferreira, Yves Tumor) déjà aux manettes sur No Home record (2019) et The Collective (2024) pour 12 nouveaux titres intenses et condensés empruntant aussi bien au trap qu’au noise rock, à la fois expérimentaux et immédiats.
On pourrait, mais on ne le fera pas, remercier les ignobles Trump et Musk, de motiver Kim Gordon à sortir la plume et les clasher avec humour. Ainsi, elle revisite son génial Bye Bye de The Collective en Bye Bye 2025, reprenant tous les termes bannis par l’administration Trump(Pregnant Person,Immigrants,Intersex, Male Dominated…). Le patron de Tesla en prend aussi plein la tronche sur Square Jaw à coups de basse énorme et de bidouillages électroniques.
3 minutes 35 pour la plus longue avec l’excellent et mélodique Not Today, les autres titres tournent autour des 2 minutes donnant un sentiment d’urgence et d’humour féroce, moins anxiogène que The Collective. Play Me, le morceau titre ouvre le bal entre jazz et hip-hop, Kim Gordon pousse sa voix sur la petite bombe noisy Girl With A Look, alors que Dave Grohl vient donner un coup de mains, enfin de baguettes, sur le sombre et tordu Busy Bee.
Accrocheur sur Dirty Tech, déstructuré et apocalyptique sur No Hands ou Aces, moderne et expérimental sur Subcon ou Gotta Get Some, Play Me sonne comme la playlist d’un monde en ruine racontée par une Kim Gordon en très grande forme, d’une modernité absolument effarante.



