
Dry Cleaning
Secret Love
Première grosse sortie de l’année, Secret Love marque le retour de Dry Cleaning sur le devant de la scène, quatre ans après l’excellent Stumpwork paru en 2022. Si ce dernier se faisait dans la même continuité que leur tout premier disque, New Long Leg, avec la production de John Parish dans un studio gallois, le quatuor du sud de Londres sort ici de sa zone de confort, multipliant les sessions à travers le monde, du Loft de Jeff Tweedy à Chicago en passant par Dublin, chez Gilla Band pour finir en France, du côté d’Angers.
C’est en effet dans le Maine Et Loire, en compagnie de l’incontournable Cate Le Bon que le groupe a finalisé ces 11 nouvelles chansons, donnant une couleur plus ample et lumineuse à leur post-punk mélancolique, toujours aussi identifiable avec le phrasé monotone et inimitable de Florence Shaw.
Du changement donc, mais rassurons les fans de la première heure, Nick Buxton (batteur), Tom Dowse (guitariste) et Lewis Maynard (bassiste) n’ont pas perdu la main pour mettre leur reine du spoken-word dans les meilleurs conditions et nous embarquer dans leur étrange univers, comme nous l’avait laissé entendre Hit my Head All Day, leur premier single ouvrant l’album dans une superbe version allongée.
On les entend aussi donner de la voix sur l’accrocheur Cruise Ship Designer, rencontre de la belle et des bêtes, tirant vers le no wave avec cette basse énorme et des guitares déstructurées. Dry Cleaning envoie ainsi du lourd dès le début du disque, My Soul/Half Pint ne vous lâche plus dès sa première écoute, Florence Shaw nous embarquant dans un « I Don’t Give A Fuck » entêtant.
Le morceau donnant son titre à l’album, Secret Love (Concealed In A Drawing Of A Boy) et l’élégant Let Me Grow And You’ll see The Fruit ralentissent le tempo et apportent un peu de douceur à leur monde dystopique, qu’on retrouve de suite sur un Blood qui donne le sentiment de s’embarquer pour une croisière au milieu d’un océan parsemé d’icebergs.
Un même frisson parcourt Evil Evil idiot, battant le chaud et froid, entre monotonie et hypnose, un Rocks bien nommé remet un coup d’accélérateur, avant de retrouver un environnement plus froid et expérimental, The Cute Things, l’épuré I Need You , jusqu’aux dernières notes de la petite perle indie rock Joy concluant en beauté ce passionnant Secret love.



