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King Gizzard & The Lizard Wizard, un nouvel antidépresseur australien

King Gizzard

Imaginez : vous habitez dans le nord, le nord-ouest même, vous regardez dehors, il est 18 heures et que voyez-vous ? Rien. La nuit remplace peu à peu le gris, la pluie succède aux averses, le moral est au plus bas. Bref, c’est pas la joie.

Un remontant ne serait pas de refus mais : les placards sont vides,  votre foie est au plus mal et de toutes façons, arrivé le 1er de chaque mois, vous n’avez même plus de quoi vous en payer un (remontant, pas foie). Heureusement pour vous Addict est là et se propose d’égayer un peu cet automne qui s’annonce particulièrement sinistre et retors. Comment ? en vous faisant découvrir le nouvel album de King Gizzard & The Lizard Wizard, prolifique groupe Australien qui vient de sortir, pour cette année (comme l’année précédente me direz-vous), son second album I’m In Your Mind Fuzz.

Présentation express : composé de 7 membres, le groupe n’a que quatre ans d’existence et une discographie déjà longue comme mon bras. En gros, entre 2010 et 2012,  six EPs, depuis 2012 : 5 albums et un  EP sans compter celui que je vais évoquer ici. Pour résumer : en 2014, qui comme vous pouvez vous en rendre compte n’est pas tout à fait terminée, c’est rien moins que deux albums et un EP qu’ils ont sorti.

Fin des présentations maintenant la musique :  alors ils font quoi ces Australiens ? comme les 3/4 des jeunes groupes actuellement (comprendre Temples, Foxygen, Hookworm, Boogarins, etc…) King Gizzard propose un……… garage rock/psyché modelé sur celui des ainés des 60’s/70 ‘s. Original non ?

Ben non.

Quel intérêt alors de faire une chronique sur  King Gizzard ?

Si, comme les autres formations évoquées, ils n’ont pas inventé l’eau chaude, les amphéts et autres psychotropes qui leur ont été proposés semblent être, en revanche, de bien meilleure qualité.  Dès les premières mesures d‘I’m In Your Mind, ça part dans tous les sens : un pied ( au plancher) dans le rock psyché, l’autre dans le krautrock, voix héliumisée (là où le bât pourrait blesser par ailleurs), énergie qui n’est pas sans rappeler celle du Supergrass des débuts, mélodie accrocheuse,  folie furieuse et production impressionnante. Dès le départ, le mélange est détonant et pour tout dire très addictif. Les morceaux ensuite s’enchaînent, toujours pied au plancher, la tête dans le guidon, sans temps mort. Mais vraiment sans temps mort. Et autant le dire, c’ est totalement bluffant et prenant, notamment les quatre premiers morceaux.

C’est dans un tourbillon de fuzz, surfblues, psyché, rock, pop, psychobilly, folk, voire dub que vous vous perdez. Parfois, dans une même chanson, des hippies copulent avec  les Cramps puis partouzent avec Can sans que vous n’y trouviez rien à redire,  par moment l’électricité déconne et passe sans prévenir au 110 volts. C’est souvent du grand n’importe quoi mais c’est parfaitement maîtrisé, d’une aisance mélodique  dingue qui n’est pas sans rappeler le 2 des Ancients et une folie douce héritée des Gorky’s Zygotic première période.

Bien sur, ce n’est pas parfait, la voix peut agacer au long cours, il y a quelques baisses de rythme  (Empty et Hot Water), un morceau pas vraiment utile (Slow Jam 1) mais ça tient parfaitement la route même dans ses débordements ( c’est à dire presque tout le temps) et dans un style proche des Temples et consorts, King Gizzard se démarque amplement par un non-respect des anciens et une envie de foutre le bordel qui fait plaisir à écouter.

Alors, votre journée est morne et ennuyeuse à crever ? I’m In Your Mind Fuzz vous apportera joie et réconfort et ce dès les premières mesures. Faites nous confiance. C’est aussi vrai qu’il fait gris dans le Nord. C’est dire.


Sortie le 31 octobre en digital sur leur bandcamp et en physique le 1er décembre. 

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