Cinéma

Les Écrans Documentaires : Le Festival est en péril !  

Ecrit par Asae

L’association Son et Image défend la création cinématographique depuis plus de 30 ans en banlieue parisienne. Son festival Les Écrans Documentaires est un tremplin essentiel pour beaucoup de jeunes cinéastes en France et à l’étranger, et un lieu de découverte du cinéma pour tous les publics.
Une baisse de subvention de 60% a été annoncée avant le festival, mais, malgré tout, l’équipe s’est accrochée afin que le festival ait lieu.

Addict-Culture a tenu à apporter son soutien à ce festival de qualité en partageant avec vous tous les trésors découverts tout au long de la semaine.

Vous pouvez soutenir l’équipe en envoyant un petit mail d’encouragement à « Les Écrans Documentaires » pour que le festival puisse continuer à vivre, et surtout pour que les documentaires de création soient vus par le plus grand nombre. Ces documentaires seront le cheminement de votre réflexion, de l’ouverture au monde, aux autres cultures, à votre désir de comprendre, de rêver, de vous confronter à la réalité, de vous bousculer, l’envie de vous engager…

Et si notre voyage à Arcueil débutait par la bande-annonce du festival…
Un message tout en délicatesse à travers cette vidéo créée par Olia Verriopoulou pour le festival !

Un pêcheur prend soin de récupérer et de sécher des pellicules de film. Une image symbolique qui nous conduit à penser combien la culture prend une place dans le cœur de chacun, peu importe dans quelle partie du monde nous vivons, ce que nous faisons. Peut-être aussi une prise de conscience que celle-ci est vitale au sein de nos sociétés, et que notre responsabilité est d’en garder les moindres vestiges comme une nécessité à notre devoir de mémoire.

Les Écrans Documentaires ont reçu 350 films pour cette nouvelle édition, et 11 films font partie de la sélection Premiers Films afin de concourir pour le Prix des Écrans Documentaires.

À travers cette sélection dense, c’est comme si les organisateurs du festival avaient décidé de nous offrir un regard particulier sur notre société, et, pour le coup, transmettre un message de lutte, de non-conformisme et de réinventer nos vies. Ce n’est pas parce que le contexte social, économique et politique, contraint de baisser les budgets culturels, et que nos comportements les uns envers les autres dérivent vers la peur et le repli sur soi, que les fervents défenseurs de la culture vont baisser les bras.

Au contraire, vous allez voir qu’à travers ces bouts d’histoires, ces femmes et ces hommes, inconnus ou non, nous incitent à vivre en conscience, peu importe notre parcours et notre manière singulière d’exister. Notre richesse sera l’anti-enfermement. C’est se faire violence que de choisir l’ouverture, mais cela nous amènera forcément à accepter le fait que nous ne voulons pas vivre confinés dans des schémas et qu’une nourriture spirituelle, philosophique est, dès à présent, inéluctable et précieuse.

Certains films nous parleront de lutte à travers des manifestations historiques ou la musique comme messager. Pour lutter, nous verrons que le corps aussi s’exprime, et qu’il le fera parfois en total abandon, mais qu’il faudra se méfier du rapport à l’image, objet de manipulation et de provocation. D’autres films feront les portraits d’artistes « habités » vivant loin des formatages, toujours afin de donner libre cours à notre esprit critique.

Puis, le film, qui a eu le prix du festival, nous présentera Roman et Sifredy, qui « inventent leur vie », une alternative à nos vies sous influence et notre crédulité. Enfin, il faudra se poser la question de la manière de fonctionner de nos institutions justement dans le but de nous apprendre à contourner la paresse cognitive. Claire Simon ouvre cette piste de réflexion avec son film.

Notre parcours cinématographique débute avec un mouvement de lutte, celle des noirs au milieu des années 60 pour la reconnaissance de leurs droits et celle de Fela Kuti transcendée par sa musique et ses danses.

LUTTER

 

L’HISTOIRE DES BLACK PANTHERS

Le film d’Agnès Varda, Black Panthers, raconte l’histoire d’un combat.

Dans ce documentaire, la détermination et l’envie de justice sont deux notions très fortes. C’est un mouvement de lutte exceptionnelle avec un clin d’œil à la révolution cubaine.  Les manifestations qui se déroulent à Oakland expriment une émulation sans pareil.

Les blacks réclament la fin de l’exploitation par les blancs, la reconnaissance de leurs droits à l’éducation. Même les femmes ont des promotions au sein des Blacks Panthers. Ils ont souvent entendu que les blancs étaient l’esprit, et le noir un corps qui fait le travail, mais pour eux, il est aussi temps de changer ce mode de pensée.

Ils prennent aussi conscience de leur beauté et laissent leurs cheveux crépus naturels. Leur lutte, c’est aussi la liberté de leurs corps, et ce qui est sublime, c’est, par-dessus tout, cette capacité à introduire dans chacun de leurs combats, une union autour de la danse et du chant.

Jean-Gabriel Périot avec The Devil poursuit l’histoire de leur engagement.

« Vous devez avoir le courage de dire nous sommes noirs, notre nez est épaté, nos lèvres sont épaisses, nos cheveux sont crépus, et nous sommes magnifiques ».
À cette époque, les blancs avaient imposé le critère de beauté, la peau claire, un nez fin, et des cheveux lisses. Le réalisateur choisit donc de finir son film avec la phrase répétée en boucle « And we are beautiful » afin de bien accentuer la détermination de leur combat pour les droits des noirs.

FELA KUTI ET LA MUSIQUE

Musique au point, Fela Kuti par Stéphane Tchalgadjieff et Jean-Jacques Flori, retrace la vie de ce musicien qui a toujours mis en avant ses combats dans son pays.

Fela Anikulapo Kuti est créateur de l’Afrobeat. Il s’est battu toute sa vie contre la corruption politique dans son pays natal, le Nigeria, traumatisé par son passé colonial.

Le film est tourné en 1982 au Lagos, et nous apprenons que c’est le 6ème producteur de pétrole, que la ville et les bidonvilles sont immenses. Les gens y vivent dans une extrême pauvreté. Dans la ville y règne une atmosphère criminelle.
Ce documentaire époustouflant retrace la vie de Fela, un homme d’une richesse incroyable. Dans de nombreuses interviews, il évoque la politique, la musique, la religion, le panafricanisme. Fela nous est présenté comme un homme très engagé dans ses actions et sa musique.
Puis, le spectateur assiste également à sa vie intime. Ses nombreuses épouses participent au spectacle. Elles passent des heures à se maquiller, s’entraîner, cuisinent ensemble. Il avait un attachement très fort à sa mère qui meurt en 1977, ainsi qu’ à Malcolm X et Martin Luther King où des photos sont épinglées au mur.

Le 11 décembre 1981, les forces spéciales attaquent sa maison, les personnes de son clan sont battues, dont une femme enceinte. Fela est accusé de vol à main armé et est arrêté, puis relâché après avoir été également battu. Il encourait la peine de mort. La caméra se focalise sur les traces de coups visibles sur son dos.
La vie de Fela, comme un rite, ce sont le chant, la danse et la drogue. Son énergie est spectaculaire, c’est un ouragan.
Il dira des religions : « elles sont artificielles, elles exploitent l’esprit et éloignent les Africains de leurs racines ». « La musique est spirituel, c’est l’arme de l’avenir ».

La lutte ne peut se faire sans une pensée autonome et curieuse. Elle doit aussi passer par le corps. Nous verrons à quel point le cinéma tente de nous amener à cette réflexion, et ce que cela peut provoquer en nous, et comment cela nous influence.

LE CORPS

 

Souvent, le spectateur doit se préparer à être bousculé et ne pas se laisser enfermer dans des schémas. Nous devons apprendre à affronter les images sans peur, même si elles provoquent en nous des choses difficiles, parfois douloureuses et choquantes. L’intensité doit nous amener à une réflexion nécessaire. Ne pas se laisser endormir !

Notre regard va se porter sur des personnages, a priori libres avec leurs corps, mais sûrement prisonniers de leur image ; sur des artistes proches de la folie, vivant de leur passion comme si l’image n’avait pas d’importance… Malgré tout est-ce la réalité ou en jouent-ils ?

CORPS DÉCOMPLEXÉ

Take Me de Stephen Dwoskin a parfois troublé les spectateurs.

Vivre sans pudeur et sans tabou avec son corps, c’est beau, mais peut parfois amener à la gêne du spectateur. Dans la salle, plusieurs personnes confieront avoir fermé les yeux, tandis que je n’ai pas manqué un seul instant une image.
Ne peut-on pas voir la nudité autrement que comme quelque chose d’originel, magnifique et sans artifice. Pourquoi nous scandalise-t-elle ?

Cette femme, tout d’abord en robe de chambre, révèle petit à petit sa nudité. 30 minutes où le spectateur tourne autour de son corps. La caméra joue avec nous. Elle se rapproche et s’éloigne pour nous obliger à découvrir sa poitrine, ses fesses, son sexe. Certains le vivront comme du voyeurisme, pourtant cette femme ne semble pas filmée à son insu, ou même gênée. Se joue-t-elle du spectateur ? Elle nous nargue parfois en regardant de manière insistante la caméra avec un air coquin. De plus en plus, elle se transforme en peinture mobile, et c’est comme si elle y prenait du plaisir. La provocation vient-elle du fait qu’elle s’amuse de cette image, et qu’elle émoustille des choses en nous. Intime, de l’ordre du tabou!

Site Officiel

Et si Bertrand Bonello et son film Cindy, The doll is mine ambitionnait de nous manœuvrer…?

La photographe n’éprouve aucune satisfaction dans les photos prises au début de la séance. Comment faire craquer le spectateur ? Une idée : la musique. Une vieille cassette traîne, soudain Doll is Mine de Blonde Redhead résonne dans le studio, ravive les souvenirs, et provoque des sensations. Ici, en l’occurrence, des pleurs. Exactement ce que la photographe voulait obtenir. Manipulation à nouveau pour obtenir l’Image, le sensationnel : tout est réuni, le mascara qui coule, l’intensité du regard, le corps tout en sensualité. Elle cherche à tout prix à émouvoir celui qui regardera la photo, de la même manière qu’elle est bouleversée aux larmes. Comme une poupée, elle nous oriente… Asia Argento nous ensorcelle.

 

Filmmarilyn de Paolo Gioli : que veut-il nous faire croire ?

Marilyn Monroe est l’icône la plus photographiée au monde. Dans ce petit film, notre relation à l’image nous pose la question de qui manipule qui ? Marilyn par sa beauté, ou le photographe par ce qu’il nous renvoie dans ses images, ou encore le spectateur dans ce qu’il attend d’une artiste ? Est-elle réellement libre ? Connaissant son parcours et ses nombreuses phases de dépression, forcément nous nous interrogeons sur ses photos où elle paraît si heureuse, et l’image qu’elle veut donner d’elle. Belle en toute circonstance, que cache-t-elle ? Un seul instant, le photographe nous livrera une photo d’elle avec sa cicatrice, comme une imperfection, un court instant de sa fragilité.

Jean-Luc Verna est un performeur intemporel qui renaît.

Il est question de l’écriture cinématographique autour du corps. La question du temps et de l’âge sont également au cœur de ses réflexions, car pour continuer à s’aimer et à être aimé par les autres, le corps est en perpétuel chantier pour atteindre sa perfection. Son univers est frontal, mais traversé par une belle âme.

Risquez-vous à découvrir cet homme « étoilé ». Il dessine, chante, joue, l’art est sa drogue aujourd’hui. Loin d’un mode de pensée archaïque, il vous enchantera par sa bonté et sa pensée libre. Lui aussi joue de son image mais à l’inverse d’un désir de manipulation, il invite à l’autonomie de notre pensée, la construction de notre embellissement, la pulsion de vie.

 site officiel

– Rétrospective au MACVAL (Place de la Libération – Vitry-sur-Seine – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne) jusqu’au 26/02/2017.

HABITÉS

 

Après la libération du corps, et surtout la manipulation délibérée par l’image, proposer trois exemples d’être soi en tant qu’artiste semble intéressant dans un nouveau rapport à l’image. Peut-on alors parler d’authenticité ? Évoquer les Stooges, Alan Vega et Jacques Thollot, c’est vous amener sur le chemin de la folie artistique pure. Aucun ne cherche vraiment à plaire mais vivent leur passion intensément, car c’est de l’ordre du vital. C’est également la possibilité de montrer « l’image » sous toutes ses formes : du documentaire aux images d’archive, de la vidéo déstructurée à la photo…

Le rapport à la caméra est bien différent chez chacun de ces artistes. Jacques Thollot se montre très peu à la caméra, difficile d’en connaître les raisons, Iggy Pop qui, au contraire, est très à l’aise avec la caméra et plutôt dans un rapport de défi permanent, et Alan Vega qui nous propose un délire de l’image et de son image. Une nouvelle fois, chacun joue avec la caméra et son image de manière indépendante, originale, souvent délibérée, voire théâtrale.

Gimme Danger de Jim Jarmusch ou comment vous parler de folie ?

L’histoire des Stooges et la vie d’Iggy Pop aborde les excès en tout sens : agressivité, destruction, démence, violence, drogue… Comme si tout était possible, sans barrières. Une vie sans vraiment se poser la question du futur, avec une certaine naïveté face, notamment, à l’industrie musicale. Ce portrait fascinant avec un Iggy Pop interviewé bourré d’audace, flamboyant m’a conquise. Un petit bijou que nous offre le réalisateur en nous permettant de croiser Nico, The Velvet Underground, The Ramones, Elvis, Andy Warhol, David Bowie. Ce documentaire fait cadeau d’une adrénaline dont égoïstement chacun de nous veut s’approprier pour à nouveau croire en nos passions.

Film en salle le 1er février 2017

Stéphane Sinde dans son film Fay ce que vouldras a la tâche compliquée de faire le portait d’un artiste malgré lui.

Jacques Thollot vivra toute sa vie pour sa passion. Il a appris à 12 ans la batterie, seul, en écoutant des disques, et devient  très vite excellent, et se dirige vers le free jazz. Petit génie, il commence à jouer dans plusieurs clubs. Stéphane Sinde sera confronté à la difficulté de pouvoir le rencontrer afin de le filmer, il n’est jamais prêt. Lors d’une conversation, Stéphane lui dira « tout est possible avec toi, même rien ».  Il trouve mille prétextes pour ne pas se faire filmer. Une seule séquence sera filmée où il apparaît. Comme un moment magique.

Visual Alan Audio Vega de Blick vous fait vivre une expérience sensorielle.

Au départ sculpteur, Alan Vega découvrira Iggy Pop et aura envie de faire du rock. Cet artiste créera jusqu’à sa mort. Cet entretien peu conventionnel à la mode d’un show tv est comme un cri qu’il nous transmet dans l’espoir de nous voir vivants, bouger, nous battre. Vous voici face à des images décomposées en rose et bleu magnétiques, chaotiques, découvrant un personnage insatisfaisant parfois agressif mais qui, comme un scientifique, expérimente et transmet ce message : « don’t give up ».

Regarder des documentaires, c’est (se) remettre en cause, et donner du temps et de l’énergie à vérifier, mais permet de garder les yeux grands ouverts, éviter les jugements faciles, les croyances, et accepter d’autres manières de vivre.

ALTERNATIVE

 

Le film de Vincent Pouplard Pas comme des loups, c’est l’expérience d’une autre société.

À Nantes, deux jeunes hommes, des frères jumeaux, marchent dans une forêt sans parole rejoindre leur squat. Le réalisateur les a connu à 16 ans, ils en ont aujourd’hui 21. Filmé avec beaucoup de pudeur et de justesse, Vincent Pouplard nous apprendra qu’en amont, ils ont beaucoup échangé sur ce projet, et étaient d’accord pour une maîtrise de l’image des deux garçons.

L’ambiance est souvent très intimiste sans pression, sans exagération et avec une réelle envie de ne pas faire un film mélodramatique. Ces gamins sont évidemment touchants mais le spectateur suit surtout leurs aventures. Ils parlent beaucoup d’eux, de leurs arrestations et en même temps, malgré les squats, ils prennent soin de leur intérieur en nettoyant, chantent du rap, parlent de BD et échangent avec les copains. Ils sont toujours plein d’espoir. : « un jour on vivra nos rêves ».

La lumière est choisie avec soin, tout comme le ton de sa voix, où l’on ressent que le réalisateur a pris son temps comme si chaque moment partagé avec eux était précieux. L’impression également qu’il était essentiel pour lui que le spectateur le vive comme un instant unique afin de na pas trahir le temps que ces deux jeunes ont consacré. Il a justement pris soin de faire attention à l’image, sachant comment cela nous influence. L’exigence du réalisateur est indéniable. Il était apparemment essentiel pour lui de créer et transmettre en étant sincère et fidèle à ces deux garçons. .

Ce qui est beau, ce sont leurs réflexions à la fin du film :

« qu’est-ce que l’on sera jamais ? «

« nous, on sera jamais comme les autres »

« on sera jamais vicieux »

« on sera jamais quelqu’un qui fait le mal »

« on sera jamais mort »

« on sera libre mon frère »

Aujourd’hui, ils vivent de squat en squat. Ils ne parlent ni du passé ni du futur, eux vivent l’instant.

« si on a pas de sentiment on ne souffre pas »

 Sortie prévue en salle le 29 mars 2017.

Doit-on réinventer notre société ? Au vu des crises économiques, sociales et politiques, de l’évidence de certains à préférer le repli en réponse à des peurs ou à des automatismes de croyances, il est désormais évident que la réponse est positive.

REMISE EN QUESTION

 

Se poser la question de la remise en cause de notre société, et par conséquent de nos institutions, semble indéniable. Claire Simon nous propose à travers son film, un exemple : le concours de la Fémis.

Le Concours de Claire Simon, c’est l’engagement vers de nouvelles pistes de réflexion…

Claire Simon filme le processus de recrutement, et commence par le concours, puis les entretiens. La première épreuve est un écrit de 3 heures, où l’on ressent tout le stress des candidats comme un moment essentiel dans leur vie. Ensuite, la phase des entretiens dans les différentes catégories est fastidieuse. Cela passe par des heures de discussion, des confrontations d’idées. Le choix est aussi un moment angoissant pour les membres de la profession, feront-ils le bon choix ?

La question fondamentale est : quels sont les critères à privilégier ? L’institution veut éviter l’écueil du formatage, mais finalement, au-bout de 3 ans ne sont-ils pas tous formatés ? Et que dire de cette sélection, finalement assez élitiste, où la majorité des candidats sont « blancs » et au sein de laquelle la diversité n’est pas vraiment visible ? Toujours la même question, les gens se mettent-ils seuls à l’écart car ils se sentent déjà exclus, et donc n’essaient même pas, ou leur fait-on comprendre que cela ne servira à rien ? Il faut aussi défendre le prestige de cette école.

Mais certains candidats n’ont pas baigné au sein d’un milieu cinématographique, et vont tout de même réussir à accéder à cette école. La passion et la motivation restent quand même deux moteurs essentiels au recrutement. Comment juger quelqu’un face à soi ? La sensibilité, la pudeur, la confiance… Qu’est ce qui fera la différence ?

Pourtant, ce modèle tend à être assez démocratique, car il y a plusieurs épreuves, plusieurs jurés, plusieurs périodes. Le concours dure 6 mois, il est long et intense pour les candidats et les recruteurs.

Faudra t-il le supprimer et laisser s’exprimer les candidats sur le terrain ? Il existera toujours une forme de sélection. La réflexion qui nous engage aussi, c’est puisque l’accès à cette école est difficile, les recrutés vont-ils se donner deux fois plus de mal pour créer ? Se sentir privilégié ? Rester à l’écoute et ouvert ?

Sortie prévue en salle le 8 février 2017

Difficile de réfléchir à un nouveau processus de recrutement, mais il est nécessaire d’envisager d’autres possibilités. Notre société évolue, et les institutions bien souvent sont à la traîne. Nous devons envisager des changements et même si cela prend du temps, ne pas attendre encore car on risque de perdre en chemin beaucoup d’éléments, notamment celui de voir des jeunes démotivés, ayant peur de l’avenir, et par conséquent, n’ayant plus de rêve, et se renfermant sur un certain communautarisme ou à l’inverse, la génération de la culture lol (culte de l’argent et de l’apparence), ou en permanence à l’affût de l’assentiment des autres via les réseaux sociaux, le jeu de l’image ! (qui revient tel un boomerang) et qui sont dans une sorte d’euphorie de la création (phénomène des Start-ups).

Lire, écouter, regarder pour préparer cette nouvelle société ! La culture c’est à cela qu’elle doit servir.

 

Les Écrans Documentaires, c’est une programmation libre parfois troublante pour certains spectateurs, mais qui, du coup, invite au débat sur ce que l’image provoque sur nous et sur ce que nous décidons d’en faire.

Aujourd’hui, les chaînes grand public montrent des choses choquantes à des heures de grandes antennes et tout le monde s’est habitué à voir ses images lors du repas en famille. Alors qu’est ce qui nous choque ?

Le débat sur l’image et les manières de les appréhender est par conséquent, capital. Et c’est pour cette raison que les festivals ont un rôle à jouer dans l’accompagnement des images et afin d’ouvrir grand notre esprit pour tout simplement ne plus redevenir celui que nous étions avant…

Site officiel –  Facebook

 

  •  
    10
    Partages
  • 10
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   

Ajouter un commentaire