Sur une lointaine planète où tout est bien rangé vivent d’un côté les Tourouges et de l’autre les Toubleus. Un jour, un événement impensable se produit : Édouard et Jeannette tombent amoureux. Lui est bleu, elle est rouge, et ce détail, qui ne devrait être qu’un jeu de couleurs, devient un mur infranchissable. Car sur cette planète, les frontières sont du genre indépassables. Cela ne vous rappelle rien ?
« Une histoire d’amour hilarante qui triomphe des différences, par les célèbres créateurs de Gruffalo »
─ Les Tourouges et les Toubleus.
Non seulement, on ne se mélange pas mais, pire encore, on se méprise ! Sauf qu’Édouard et Jeannette sont bien décidés à vivre leur amour, quitte à défier les règles. Le sentiment est si fort qu’il ne s’embarrasse pas des cases et des interdits. Alors, ils prennent la fuite… et inventent leur propre monde.
Sous ses allures de fable enfantine, Les Tourouges et les Toubleus aborde avec finesse et humour un sujet brûlant : l’absurdité des divisions. Julia Donaldson et Axel Scheffler, le duo derrière Gruffalo, signent ici un album aussi drôle que pertinent, où l’on devine en filigrane les grandes questions de notre époque. Racisme, intolérance, barrières sociales… autant de thèmes qui, sous le vernis coloré de cette histoire, résonnent bien au-delà des pages.

Visuellement, c’est un festival de formes et de contrastes. Les illustrations pétillent, les expressions des personnages font mouche et le découpage donne un rythme parfait à cette romance cosmique. Car le couple, revisite moderne de Roméo et Juliette, décide de fuir vers d’autres planètes pour pouvoir vivre son amour.
Sans divulgâcher la fin de l’histoire, il convient toutefois de préciser que, ce livre étant destiné à un public enfantin, ne vous attendez pas à une fin morbide comme dans l’œuvre de Shakespeare. Quoi qu’il en soit, au-delà de la beauté du trait, c’est le message qui frappe. Celui d’une différence qui ne devrait pas être un obstacle, d’un monde où la tolérance ne serait pas une exception mais une évidence. Et de la capacité de ces deux personnages à sublimer l’ordre établi et transcender les impossibles.
À mettre entre toutes les mains, à partir de 3 ans jusque celles des grands-parents. Parce qu’un album jeunesse, c’est parfois la meilleure façon de parler aux adultes. Surtout quand la tolérance est une valeur en voie de disparition.



