Chroniques Musique

Veik, singulière machinerie sonore !

La scène normande n’a jamais été aussi vivace que ces dernières années. De Pastoral Division dont on attend avec impatience la nouvel album prévu le 20 mai à Beach Youth dont on a adoré récemment l’épatant Postcard, en passant par Gomina et tant d’autres, Caen est devenue the place to be !

En voilà une nouvelle preuve avec l’excellent Surrounding Structures, premier album du trio Veik, caennais eux aussi, qui se distinguent néanmoins de leurs collègues par l’approche beaucoup moins sunshine pop de leur musique.

Boris Collet (batterie/voix), Adrien Legrand (synthés/chœurs) et Vincent Condominas (guitare/basse) s’expriment plutôt dans un registre entre le post-punk expérimental, la no-wave et le krautrock à coups de synthés analogiques vintages et de guitares abrasives.

Créé il y a quelques années, à la tête de quelques singles sortis chez les amis de WeWant2Wecord, Veik accélère et change de dimension en signant sur le très chaud label londonien Fuzz Club, repère d’expérimentateurs sonores en tout genre, les pieds entre Düsseldorf et New-York circa 70’s et la tête dans les étoiles.

Ce n’est donc pas une surprise d’y retrouver notre trio qui nous invite à découvrir leur univers sombre et menaçant telle une balade faite au pas de charge et au clair de lune dans une zone industrielle en décomposition. Le comble, c’est qu’on s’éclate rapidement à parcourir ce monde malade (Veik en islandais) et flippant, le bonheur est dans les prés… recouverts de bitume.

Surrounding Structures se révèle même carrément jouissif sur les morceaux les plus up-tempo du disque, le merveilleux instrumental Château Guitar en tête, intense plongée post-punk dans les entrailles de la terre, à coups de guitares incandescentes et de synthés furieux.

Difficult Machinery en ouverture ou le conclusif Chullachaqui donnent cette même impression d’être embarqué dans un étrange maelström surgissant du passé, en route vers un avenir sinistre mais au final fort réjouissant.

De la sombre et profonde voix de Boris aux titres et textes des morceaux, de l’intense krautrock Political Apathy à l’hypnotique Life Is A Time Consuming Experience, tout concourt à la déprime. L’influence manifeste de Suicide sur la paire Honesty (I Don’t Wanna Know) et Downside (I Wanna Know) amplifie le phénomène, mais à l’instar d’un Beak ou d’un Suuns, on sort de ces Surrounding Structures pas mal épuisé mais profondément heureux.

Veik réussit magnifiquement son premier essai et nous invite à danser en attendant la fin du monde !


 

Surrounding Structures – Veik

 

Fuzz Club– 30 avril 2021

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Image bandeau : Grégory Forestier

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