Chronique Musique

Tamino, l’ange ténébreux

La voix passant des graves profonds aux aigus stratosphériques et les mélodies torturées rappellent autant Jeff Buckley que Radiohead période post Kid A Comparaisons dithyrambiques pour commencer, en effet. Mais c’est pourtant bien ce qu’évoque le premier EP du jeune et talentueux Tamino. Né en 1996 à Anvers d’une mère belge et d’un père égyptien, Tamino-Amir Moharam Fouad étudie la musique au conservatoire d’Amsterdam. Bercé par l’opéra et la musique orientale dès sa plus tendre enfance (son grand-père Moharam Fouad était également chanteur en Egypte), il puise dans toutes ces influences pour créer un univers mystérieux et minimal, où la voix et la guitare électrique s’entremêlent, créant des complaintes à la fois arachnéennes et lancinantes.

Cinq chansons hypnotiques composent EP. Habibi ouvre les hostilités de ses notes sombres et envoûtantes. Progressivement, c’est la ritournelle de piano qui vient appuyer le sublime refrain. La gorge se resserre, et l’on sait déjà qu’avec un tel morceau, Tamino sera grand.

Les cuivres de Cigar et son rythme chaloupé rappelant la nonchalance des autres belges de Balthazar prennent le pas. C’est plus lumineux, même si le clip aux échos surréalistes et presque baroques – d’une extrême modernité, donc – annonce la tonalité :  elle sera obscure.

C’est le violon qui vient caresser les arpèges de guitare et le chant aux allures d’élégie de ses notes orientalisantes sur Reverse. Au fur et à mesure, les sons nébuleux du synthé et la voix de plus en plus aérienne emportent la chanson dans des contrées rêveuses, la gravité devenant ainsi souffle.

Cette douceur se retrouvera dans Indigo Night, ballade crépusculaire voix-guitares et introduction au dernier morceau Smile. Accords lourds de guitare électrique, voix abyssale, l’EP se termine comme il a commencé, dans une troublante beauté. 

Disponible depuis le 5 mai 2017 chez Unday Records.

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4 commentaire(s)

  • Je suis comme possèdee quand j écoute Habibi ……. Et son disque est une merveille ! J espère écouter de nouvelles pépites. ..j’ adore.

    • Immense Artiste … Envoûtant … Presque irréel … Tamino arrête le temps et nous transporte avec ses mélodies de sa voix hors du commun avec laquelle il jongle pour nous embarquer dans une autre dimension.
      Subjuguant Tamino … on ne se lasse pas d’ecouter son magnifique album.
      Tamino se démarque de très loin du monde musical en toute simplicité.
      Incontestablement, c’est un Immense Artiste. ‘Je suis fan’

  • Immense Artiste … Envoûtant … Presque irréel … Tamino arrête le temps et nous transporte avec ses mélodies de sa voix hors du commun avec laquelle il jongle pour nous embarquer dans une autre dimension.
    Subjuguant Tamino … on ne se lasse pas d’ecouter son magnifique album.
    Tamino se démarque de très loin du monde musical en toute simplicité.
    Incontestablement, c’est un Immense Artiste. ‘Je suis fan’

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