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The leftovers, et tout est dépeuplé

Ecrit par boultan

the leftovers

 

Un jour comme les autres mais pas tout à fait, une petite part de l’humanité disparaît en un claquement de doigt, chacun perdant qui un fils, qui une femme, qui un aïeul. Le pitch de The leftovers peut faire peur quand on sait que ce sont des anciens de Lost qui sont aux manettes (et plutôt de ceux qui l’ont salopé), et qu’on se rappelle d’autres séries, comme FlashForward, qui ont rapidement tourné au vinaigre faute de savoir quoi faire d’une fausse bonne idée de départ.

Pourtant, The Leftovers, sorte de Desperate Housewives tourné le 12 septembre 2001 par un Lynch assisté de Winding Refn, évite pas mal d’écueils de sa devancière. Série post-11/9 par excellence, elle a l’intelligence de ne pas s’interroger sur le pourquoi et le comment du trauma collectif, mais juste sur la survie de ceux qui restent, avec tout ce qu’un tel événement peut charrier d’absurde, laissant la société (ici vue à travers le prisme d’une bourgade de l’état de New York trois ans après le drame) dans un état de choc eschatologique suscitant de multiples réactions – le recours au train-train quotidien, la préparation à la prochaine occurence du pire, le retour à une sauvagerie primitive, la sanctification du souvenir – qui s’épousent et s’entrechoquent.

La série compte également moins que Lost sur des cliffhangers de pacotille et s’en remet à la lente distillation des personnages pour susciter un intérêt qui progresse d’épisode en épisode, en assemblant des arcs narratifs épars jusqu’à un finale qu’on jurerait tourné en un seul plan séquence. Exemple typique de la série à learning curve élevée, visuellement très aboutie mais sans esbroufe arty (on sent la patte Friday Night Lights) et armée d’une excellente BO (du genre à enchaîner Mozart, Metallica et Al Green en cinq minutes sans ciller), The Leftovers se mérite. Sa plus grande qualité réside sans doute dans son atmosphère désespérée mais pas désespérante, son sens de l’absurde rarement nihiliste, sa tendresse pour la petite flamme qui continue de vaciller dans l’obscurité.

Pensez à ôter vos lacets et votre ceinture, quand même.

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