
Tiny Vipers
Tormentor
Tiny Vipers Bandcamp
07 novembre 2025
Étrange destin musical que celui de Jesy Fortino, qui s’est fait connaître sous le nom de Tiny Vipers depuis le début des années 2000 avec une des plus belles musiques folk de ce siècle, et ce, avec un certain succès signant ainsi chez Sub Pop Records pour deux magnifiques albums, Hands Across The Void en 2007 et Life On Earth en 2009.
La suite fut beaucoup plus discrète, au grand dam de votre humble serviteur, une fantastique collaboration, Foreign Body, avec Liz Harris de Grouper, avec laquelle elle partage beaucoup en 2012, sous le nom de Mirrorring, un nouvel album en 2017, Laughter et quelques titres ici ou là jusqu’à la sortie d’un EP en 2022, American Prayer.
Depuis lors, Tiny Vipers s’est réinventée, a racheté les droits de ses albums et enregistre dorénavant toute seule, ce qui se traduit par la sortie de son 4ème album, Tormentor produit par Eric Paget.
Travaillant par ailleurs comme arpenteuse – géomètre, la musicienne de Seattle tisse un pont entre un passé parfois douloureux et l’avenir, reprenant ainsi les 3 titres de son EP précédent, American Prayer, Tormentor et Elevator renommé ici Mary Pilgrim Inn, les faisant sonner comme elle en a toujours rêvé. Elle va même jusqu’à retravailler le sublime Aron en toute fin de ce Tormentor, alors que sa version originale se trouvait sur Hands Across The Void.
Le disque louvoie entre musique ambient expérimental et folk traditionnel, démarrant par l’étrange instrumental Tunnel, avant que ses talents de guitariste se mettent en avant sur un émouvant Simulate. les frissons perdurent sur Rainfalls, belle ballade sur laquelle sa voix fait des merveilles, entre doux murmures et atmosphère fiévreuse, avant de replonger dans l’angoissant Breakfast.
Tormentor joue ainsi avec les sentiments, la peur et le bonheur, donnant là l’occasion à Tiny Vipers de confirmer son statut d’artiste à part, audacieuse et aventurière, pour un disque qui nous donne le sentiment d’avoir une amie pour la vie, une amie, qu’on ne veut plus perdre de vue !




Ho que cela fait plaisir de lire une telle chronique !