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UnReal, quand la réalité dépasse la fiction qui dépasse la réalité qui dépasse…

Ecrit par Jen

unreal affiche

Avant, pour moi, Shiri Appleby, c’était la jolie petite copine chouineuse d’un ado extraterrestre à Roswell (une série pour ados romantiques déprimés). Un actrice bien jolie, mais qui me semblait particulièrement lisse et atone. Autant dire qu’elle m’agaçait prodigieusement, et que je ne me suis donc plus intéressée le moins du monde à ses autres interprétations.

Jusqu’à UnReal.

UnReal est une série américaine produite par Lifetime diffusée en ce début d’été 2015.
C’est une drama dans l’univers de la télé réalité à Hollywood. Everlasting est un show qui ressemble trait pour trait à notre Bachelor français : un prince charmant moderne, malheureux parce que célibataire, va chercher l’amour dans une villa de rêve truffée de caméras, entouré d’une ribambelle de jeunes bombasses plus ambitieuses enamourées les unes que les autres, la réalité quoi.

Ici le prince charmant s’appelle Adam, il est britannique (c’est tellement exotique !) et héritier d’une famille de richissimes vignerons (si si, pourquoi pas ?). Après quelques frasques sexuelles qui ont entaché son image et celle de sa famille, il décide de partir aux États-Unis pour se refaire une virginité en participant à une émission romantico-glamour qui prône le grand amour et les bons sentiments…
C’est ce que le spectateur verra à la télévision, et ce que nous, nous ne verrons jamais.

shiri applebyCar UnReal, raconte l’envers du décor : le tournage de l’émission, la scénarisation quasi totale des événements, la manipulation des candidats et même celle de l’équipe.
Dans ce show, les candidates sont « conseillées » par leur producteur attitré. Chaque producteur au début du show ayant sous son aile une demie douzaine de candidates, il fait en sorte que ses protégées aillent le plus loin dans l’aventure… En amour il n’y a pas pire compétition !

Et nous suivons plus particulièrement Rachel très finement interprété par Shiri Appleby, dont je vous parlais initialement, comme quoi je sais retomber sur mes pieds. Rachel est une des productrices du show. Son boulot consiste principalement à manipuler les candidates pour qu’elles aient les réactions les plus télégéniques possibles devant la caméra. Et pour ça tous les moyens sont bons.
Tous.

Le personnage de Rachel revient sur les plateaux après avoir déclenché un scandale au dernier épisode de la saison précédente. Autant dire qu’elle arrive dans une ambiance franchement délétère, mais Quinn, la productrice exécutive et créatrice de l’émission tient à sa présence car elle est à ses yeux la plus grande « manipulative bitch » (salope manipulatrice) qui soit.
Et c’est un compliment.
unreal-quinn-shia-lifetimeRachel est donc torturée entre un talent incontestable pour manipuler en douceur les gens et les amener à faire exactement ce qu’elle veut à l’écran, et sa conscience qui voudrait lui faire quitter ce monde de brutes et faire autre chose de que la télé réalité…
C’est sans compter sur Quinn, brillamment interprétée par Constance Zimmer, manipulatrice ultime, qui arrive à garder Rachel à ses cotés autant par les sentiments que par le chantage…

Et tout ce petit monde évolue dans une bulle brillante et luxueuse pour montrer à l’écran qu’on peut trouver le grand amour, se réconcilier avec sa famille ou se révéler à soi-même…

Unreal réussit l’exploit d’avoir un scénario totalement outrancier, sans perdre une once de crédibilité ; sans doute grâce à des personnages plus profonds et intelligents qu’ils n’en ont l’air, et grâce au fait que l’on joue sans cesse avec cette « culture télé réalité » qui nous est si familière et qui nous rend complices de ce cynisme complètement assumé.
UnReal est un portrait au vitriol du monde de la télé réalité, au moins aussi cynique que le show qu’il met en scène… Une mise en abîme très troublante, mais avouons-le, franchement jubilatoire !

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