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Wovenhand au delà du mur du son

David Eugene Edwards est possédé, ça c’est sûr. Possédé par quoi, cela reste à définir, mais à le voir sur scène, on en ressort transformé, transfiguré. Cet homme est habité, clairement.

Lors des glorieuses 90’s, 16 Horsepower nous avait deja montré un chanteur passionné. Lorsque le groupe avait débarqué sur les scènes françaises, judicieusement mis en avant par Noir Désir, alors au sommet, celui-ci proposait un folk rock country passionnant et la voix hantée de David Eugene Edwards nous transportait déjà (Souvenez-vous de cette reprise glaçante du Partisan de Leonard Cohen. Déjà le morceau original nous faisait bien frissonner, mais la communion entre la voix de Bertrand Cantat et celle du chanteur de 16 Horsepower, nous chamboulait carrément).

16 Horsepower s’étant séparé en 2003, David Eugene Edwards est parti  fonder Wovenhand, projet plus personnel dans lequel il  laisse libre court à toutes les sonorités qu’il ne pouvait développer au sein de son précédent groupe. Edwards propose donc un rock toujours sous influence country, avec du banjo et de la slide, mais joué plus fort et avec une tonalité bien plus heavy, proche du métal parfois. Bref, Wovenhand, c’est un  rock sonique, puissant et fougueux, qui prend toute son ampleur sur scène.

Le groupe débarque donc en cette soirée du 15 octobre dans cette salle à la programmation impec qu’est l’Epicerie Moderne à Feyzin (69) et comme attendu, ce fut une véritable claque sonore et visuelle. Il y a des groupes comme ça, qui sont très bien sur album, mais que la scène transcende, c’est le cas de Wovenhand.

David Eugene Edwards débarque avec son chapeau, quelques oripeaux, empoigne sa slide et se lance quasi littéralement dans un set d’une intensité remarquable. Dès le début, c’est un déluge sonore qui s’abat sur nous, un véritable mur du son et, pendant 1h30, enfermés dans leur monde, les cinq musiciens composant le groupe donnent tout ce qu’ils ont. Car c’est un groupe soudé qui joue, ça se sent, ça se voit, malgré des dégaines improbables : un second guitariste, beau gosse, tatoué et musclé, un bassiste look hipster mais qui joue dans l’ombre ou de dos, un batteur biker qui cogne comme un dingue et surtout un clavier au look Super Dupont avec casquette de cuir. Mais peu importe, le groupe est en place et joue bien, très bien même. Avec une telle intensité qu’on a l’impression d’avoir affaire à un véritable bulldozer surpuissant que rien n’arrête, pas même les rares morceaux calmes. De plus, ce sont de véritables sorciers qui  parviennent à étirer les morceaux  dans une transe quasi chamanique, menée par une rythmique puissante qui soutient le tout impeccablement.

Et puis il faut évoquer David Eugene Edwards, sacré personnage, une sorte de Jim Morrison tant son aura est charismatique. J’ai dit qu’il semblait possédé au début, c’est bien de cela qu’il s’agit. Il joue, il chante et bouge ses mains de manière étrange, comme s’il mimait ses chansons, en transe, c’en est presque flippant par moment. Et cette gestuelle est en accord parfait avec ses textes, qui parlent de dieu, de rédemption, de souffrance, bref, ça rigole pas. Savoir qu’il est petit fils de pasteur ne nous surprendra pas. Et enfin, il y a cette voix, qui hante, qui perce, qui vient des tréfonds, qui remue, en totale harmonie avec ses musiciens

L‘homme est dans un trip dont il ne sort jamais : pas de contact avec le public, pas même visuel, rien. Le style de gars à faire passer un taiseux comme Neil Young pour un grand bavard. Bref, les morceaux s’enchainent, sans coupures, ni bla-bla, rien que la musique. Il n’y a qu’à la toute fin, lors des dernières notes du rappel, que nous aurons droit, ô miracle, à quatre mots : « merci beaucoup, merci bonsoir ». L’essentiel en somme. Et c’est sonné, KO, que votre serviteur repart, de la musique hantée plein les oreilles.

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Nouvel album, Star Treatment, dispo un peu partout depuis le 9 Septembre dernier

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