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18 mars : 1950, naissance de Brad Dourif

Tous les amateurs de cinéma fantastique et d’horreur connaissent le nom étrange de Brad Dourif.

Pendant ses études de théâtre à New York, le jeune Brad croise le chemin de Milos Forman, qui décide de lui confier un rôle dans le film qu’il préparait alors. C’est ainsi que la marque un peu « extrême » de Brad s’est établie : son rôle de Billy Bibbit dans Vol Au-dessus d’un Nid de Coucou.

Hyper sensible au regard clair, il voit les félicitations affluer, les nominations et prix pour ce rôle, mais préfère reprendre le chemin du théâtre et de l’apprentissage de son métier.

Brad Dourif, dans les années 80 et 90 est souvent appelé au cinéma pour des compositions de personnages secondaires bizarres, du plus érudit au moins malin – ou plutôt du scientifique fou au mec simplement timbré – toujours prêt à apporter une touche toute particulière à ses rôles.

La première occasion de travailler avec David Lynch se présente au casting de Dune, film de SF totalement surréaliste, dans lequel il interprète le déviant et sadique Piter de Vries… Réembauché sur Blue Velvet quelques années plus tard, il rejoint la bande de gros bras chétifs et loufoques du terrible Frank (Dennis Hopper). Et du même coup, la curieuse troupe des comédiens partageant leur présence dans les œuvres de Lynch et un destin au sein de l’illustre Star Trek (Patrick Stewart, Virginia Madsen, Dean Stockwell et Brad Dourif)

Des dizaines de petits rôles s’enchaînent, en passant par tous les types de formats, cinéma comme télévisuel, jusqu’à celui qui lui valut un autre type de reconnaissance.

Dans Jeu d’Enfant de Tom Holland, il est Charles Lee Ray, un tueur en série dont l’âme se transporte dans une poupée à l’effigie d’un petit garçon. Chucky la poupée sanguinaire est née, il lui donne alors sa voix et son rire désormais légendaire.

Depuis, plus aucune interview ne peut se dérouler sans une allusion à cette petite poupée maléfique devenue star franchisée entrée dans la postérité, et surtout sans se voir demander de faire résonner le rire sadique de Chucky.

Autre rendez-vous marquant dans sa galerie de personnages tordus, le Gríma Wormtongue (en français « langue de serpent ») de l’incontournable saga du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson en 2002.

Ce regard intense a réussi à faire vivre tant d’hommes de l’ombre, des rôles minimes devenus mémorables, sans qui certains films auraient immanquablement perdu de leur saveur.

Dans la série Deadwood (HBO), voyage sans concession dans l’ouest américain, bien loin des habituelles transcriptions idéalisées de ces temps cruels, il ajoute à sa collection le rôle de Doc Cochran, docteur très impliqué et impartial. En 2019, Deadwood connaît son adaptation cinématographique, et Brad Dourif a la chance d’y reprendre sa place.

Celui qui cumule plus de 170 rôles, surfant sur tant de possibilités, a déjà déclaré avoir évidemment imaginé incarner le mec d’à côté, simple et sympa, mais qu’étonnamment personne n’a jamais pensé l’engager pour ça.

Voué à impressionner, à jamais.

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