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26 février : 1802, naissance de Victor Hugo

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« La misère peut disparaître, la misère doit disparaître. C’est vers ce but que la société doit tendre et, pour que mes paroles soient parfaitement comprises, je déclare qu’en effet il y aura toujours des malheureux, mais qu’il est possible qu’il n’y ait plus de misérables ».

Extrait de l’intervention de Victor Hugo à la tribune de l’Assemblée nationale, le 9 juillet 1849.

 

Ainsi parlait celui qui fut en son temps l’un des plus ardents défenseurs de la misère et des opprimés. Se doutait-il que 170 ans plus tard, rien n’aurait changé, ou si peu ?

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Victor Hugo à Hauteville House. Photographie d’Edmond Bacot, 1862.

Le 26 février 1802 naissait à Besançon Victor Marie Hugo, ce monstre sacré de la littérature française, considéré comme le plus important des écrivains romantiques de langue française, exceptionnel par son implication dans les combats de son temps autant que par l’immensité de son talent. « Tout chez l’homme est puissance et démesure. C’est un écrivain torrentiel, habile à faire vibrer tous les genres ». 

Placé par sa naissance au cœur des tiraillements d’un siècle mouvementé, devenu républicain enragé après avoir été royaliste convaincu puis bonapartiste, Victor Hugo est un homme aux mille facettes, que l’on ne saurait décrire en quelques mots. Pour comprendre l’homme, il faut lire son œuvre, ses romans, ses poèmes, ses discours enflammés. Il faut explorer sa vie tumultueuse, jalonnée de drames malgré les succès : de l’enfance auprès d’un père Général à l’adolescence qui vit naître un écrivain, de sa rencontre avec celle qui fut l’amour de sa vie, Juliette Drouet, à la perte de sa fille préférée, de son combat contre Napoléon III à l’exil de plus de 20 années dans les îles anglo-normandes… Il faut aussi découvrir ses travers, ses failles et son côté obscur, celui qui dérange et fait un peu s’effondrer le mythe quand on admire l’écrivain : Victor Hugo avait une vie sexuelle débridée, sans tabou ni limite aucune, qu’il consignait dans des carnets secrets, et ce, jusqu’à sa mort.

Raillé en son temps autant qu’adulé, Victor Hugo marquera son siècle par ses écrits, ses talents d’orateur et ses combats. Né dans un milieu privilégié, témoin de son temps, écrivain et homme politique, Hugo commence à écrire en 1816, à 18 ans à peine, confessant alors : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Récompensé très rapidement pour ses écrits, il ne cessera jamais de manier la plume et le verbe. Lui que son père destinait au droit devint avocat du peuple.
Marié en 1822 à Adèle Foucher, ils eurent cinq enfants, dont deux filles qui connurent de bien tragiques destins. Nombre d’entre nous connaissent ce poème dédié à sa fille Léopoldine, morte noyée avec son époux, publié en 1856 dans le recueil Les Contemplations :« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai… » Une mort qui ébranlera terriblement la petite Adèle, sa jeune sœur, alors âgée de 13 ans, au point de faire vaciller sa santé psychique à jamais.

Écrivain prolixe, homme de conviction, Hugo est capable d’explorer tous les registres : romans, drames, recueils poétiques, pièces de théâtre, affiches placardées, « tout est tribune pour lui ». On lui doit de somptueux recueils de poésie parmi lesquels Les Orientales (1829), La Légende des Siècles (1859), mais aussi  Les Misérables (1862) et Notre-Dame de Paris (1831), considérés comme ses romans les plus connus, que le cinéma et la scène n’ont de cesse de célébrer aujourd’hui encore.  Il est connu pour être un écrivain très engagé, se battant pour l’instruction des enfants et la défense des pauvres, à une époque où des milliers d’enfants devaient mendier dans la rue pour se nourrir. S’efforçant de faire abolir  la peine de mort, contre laquelle il offre un magnifique plaidoyer dans Le Dernier Jour d’un Condamné (1829).

Il meurt le 22 mai 1885, à l’age de 83 ans, à Paris, et écrira jusqu’à la fin. Des millions de personnes assisteront aux funérailles, organisées le 1er juin par la République, de celui qui fut capable d’unir tout un peuple. Ce peuple qui, informé de l’état de santé du poète, se pressait sous sa fenêtre depuis de longues heures. Ce peuple qu’il avait tant aimé et défendu, pleurant et rendant hommage à son poète-prophète en affichant des drapeaux noirs aux fenêtres de Paris. Face à tant de ferveur et de tristesse, la Chambre des députés décide d’organiser des funérailles nationales à ce monstre sacré.

Lequel avait exigé ceci :

« Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Eglises. Je demande une prière à toutes les âmes ».

Le cercueil sera exposé toute une nuit sous l’Arc de Triomphe voilé de noir pour l’occasion.

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