Éphéméride Musique

9 octobre 1978 : Mort de Jacques Brel

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1964/Jacques Brel à l'Olympia/Flickr

Lundi 9 octobre 1978, Jacques Brel mourrait. À l’âge de 49 ans. Jeune, trop jeune. Il sera parvenu à « atteindre l’inaccessible étoile ». Laissant un monde qu’il était capable d’embellir au seul son de sa voix. Par sa diction. Ses R qui roulent. Sa présence sur scène ou face caméra. Immense chanteur, un peu réalisateur et acteur notamment aux côtés de Lino Ventura ou encore de la grande Barbara dans Franz. Cette scène gravée du grand Jacques qui trébuche avec son vélo.

Brel c’est ce chanteur, parolier, poète capable de nous coller des frissons dans tout le corps, nous faire monter les larmes autant que nous faire danser.

40 après sa mort, même si je n’étais pas là, je veux dire pas née, cet homme ne m’aura pas quitté.

Quand je pense à Brel, je pense à ce trio de poètes BBF (Brassens, Brel, Ferré). À l’un qui chantait Supplique pour être enterré sur la plage de Sète et l’autre qui chantait À mon dernier repas. À l’un qui chantait Avec le temps et l’autre qui semblait répondre On n’oublie rien. À ces trois-là, inséparables.

Je pense à cet homme, ces grandes oreilles, sa gueule pas très belle mais cette aura qu’il dégage. Ce charisme, sans même ouvrir la bouche. Brel, qui a bercé mon enfance. Un père rock, une mère chanson française, paroles qui claquent. Drôle de mélange à la maison.

Brel donc, sur le tourne disque chaque dimanche ou presque, qui m’emporte dans un tourbillon que gamine on ne comprend pas toujours.
Cet homme qui n’aimait pas qu’on le qualifie de poète et pourtant quel autre mot aurait pu mieux lui convenir ? Fermez les yeux, écoutez ses chansons qui continuent de faire le tour du monde. L’évidence bien sûr. La poésie partout. Dans tout.

A-t-on jamais écrit plus beaux poèmes en musique que Ne me quitte pas, Voir un ami pleurer ou encore Quand on a que l’amour ? Ce partage qu’il a offert à des générations et des générations d’hommes et de femmes dans le doute, amoureux, blessés, errants, enfants ou peut-être tout ça à la fois.

Et puis Brel, derrière l’homme aux apparences timides, penaud était une bourrasque. Une tornade qui faisait tout valser. La valse à mille temps. L’étourdissement. Tourne, tourne. Observe le monde danser. Paris, ses quais, la Seine. Petits pas de côté.

Oui, Brel est le poète de l’amour autant qu’il est poète d’un pays, d’une condition, de Ces gens-là, d’un peuple ! Il y aurait tant à dire sur ses chansons… Il me faudrait des pages, des heures. Faudrait que je vous fasse écouter un à un ses titres. Puis on prendrait la route on irait voir Vesoul, Honfleur, Vierzon, Anvers, Hambourg, Paris.

Plus de 160 titres hors cinéma, comédie musicale et poèmes symphoniques, de quoi raconter « ce qu’on rate, ce qu’on n’arrive pas à faire ». S’il n’a jamais écrit de romans, Brel nous aura offert à travers ses chansons, durant quelques vingt-quatre années, le roman d’une vie.

40 ans après sa mort, Brel est toujours là, dans mon enfance et dans ma vie. Comme dans celle de milliers d’autres gens. 40 ans après sa mort, lorsque j’écoute La chanson des vieux amants, je me passe le film de mon enfance, voit le visage de ma mère et entend sa voix qui fredonne dans la cuisine. Je repense à mes parents du plat pays.

On n’oublie rien de rien, on n’oublie rien du tout, on n’oublie rien de rien. On s’habitue c’est tout.

L’interview délicieuse, malicieuse de Jacques Brel pour prolonger l’instant…

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