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[Actu Série] « Hippocrate », réalisme en perfusion

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Zacharie Chasseriaud, Louise Bourgoin, Karim Leklou, Alice Belaidi/© Denis Rouvre / Canal+

Canal+ annonce l’arrivée d’Hippocrate, sa nouvelle création originale écrite par Thomas Lilti d’après son film de 2014.

8 épisodes – 52 minutes

créateur/réalisateur : Thomas Lilti

production : 31 Juin Films

distribution : Louise Bourgoin, Zacharie Chasseriaud, Alice Belaïdi, Karim Leklou, Éric Caravaca, Anne Consigny, Géraldine Nakache, Jackie Berroyer

Diffusée à partir du 26 novembre sur Canal+

Toujours sur un mode hyperréaliste, Thomas Lilti nous propose cette fois de suivre le quotidien de trois étudiants en médecine alors qu’ils traversent une crise sans précédent : une mise sous quarantaine et un maintien à domicile de tous les médecins concernés par une possible contamination dans le service de médecine interne.

En clair, les titulaires responsables sont absents, laissant les quatre internes seuls, à prendre des décisions cruciales pour le service, leurs patients, et évidemment leurs carrières.

Pour son premier jour de garde à l’hôpital, l’interne débutante Alyson Lévèque (Alice Belaïdi) est complètement paniquée au bout de sa tablette de cours qu’elle traîne partout, à l’opposé de Hugo Wagner (Zacharie Chasseriaud), fils à maman dangereusement décontracté en toute circonstance, quand, de son côté, l’arrogante « vieille » élève de 4e année Chloé Antovska (Louise Bourgoin) est forcée de prendre les rênes, quitte à déplaire, en imposant l’image de la rigueur en lieu et place des responsables qui manquent cruellement dans le paysage.

Chloé supplie à droite et à gauche pour rapatrier un médecin, et finit par accepter l’arrivée salvatrice d’un quatrième larron, Arben Bascha (Karim Leklou). Médecin légiste franco-libanais, il fait partie de ces médecins qualifiés dans leur pays mais sous-utilisé voire dégradés dans les établissement français, qu’on nomme FFI (Faisant Fonction d’Interne).

Les quatre tentent de faire front du haut de la jeunesse et de l’inexpérience, oscillant entre conscience et méconnaissance, alors que le confinement des titulaires tend malheureusement à se prolonger.

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Louise Bourgoin (Chloé Antovska) © Denis Manin / 31 Juin Films / Canal+

Voilà une série hospitalière qui s’éloigne vraiment de l’habituelle thématique médico-sentimentale de ses consœurs hexagonales ou étrangères. Ici, le sujet n’est pas sous perfusion de glitter, les actrices ne sont pas apprêtées façon starlettes, les malades n’ont pas de faux-cils et ne se réveillent pas dix minutes après leur opération à cœur ouvert.

Ici, on dérive dans un hôpital que l’on sent labyrinthique, insuffisant, où les bonnes volontés se font petit à petit écraser par le cynisme de la réalité des problèmes liés au soin dans notre société. Ici, pas de chichis, on suit la réalité d’un homme malade et celle de ces médecins en devenir.

Et cette capacité à faire face à la vérité et de la transcrire simplement, est due à la trempe de son réalisateur, Thomas Lilti. Lui-même ancien médecin, il sait de quoi il en retourne dans « la vraie vie » et réussit à imprimer les spécificités de la vie en hosto (la cantine surchargée et aussi bruyante et dissipée qu’un restaurant universitaire en période de bizutage), dans un récit qui va évidemment se rapprocher peu à peu de ses quatre personnages. Thomas Lilti a déjà été le scénariste et réalisateur d’une trilogie médicale réussie et bien accueillie en salles : Hippocrate (2014), Médecin de Campagne (2016) et Première Année (septembre 2018).

Un pari enfin réussi, celui d’imposer une série hospitalière française de qualité dans le PAF.

Sur Canal+ à partir du 26 novembre.

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