Brèves de Platine

Brèves de platine #37

Faites chauffer vos diamants !

Charlie Cunningham – Permanent Way

Deux ans après son premier album Lines, l’anglais aux influences sévillanes  revient avec Permanent Way.  Son goût pour les pochettes naturalistes et les chansons  dépouillées est resté le même, et ce n’est pas pour nous déplaire. Mais cette fois-ci, Charlie Cunningham s’écarte du chemin de la folk pour créer de vraies chansons pop. Cordes (Monster, Maybe We Won’t), cuivres (Different spaces), synthés et drum viennent imprégner les morceaux d’une énergie nouvelle, certains passages évoquant le beau X&Y de Coldplay.

Rassurez-vous, les guitares aux sonorités espagnoles persistent et, parfois même, s’électrisent, comme sur Hundred Times. Mais ce que l’on retient, ce sont les mélodies entêtantes, en témoignent les sublimes Sink in, Headlights, Bite, Maybe We Won’t ou Force of Habit. Le morceau Interlude (Tango) vient faire écho à Molino de l’album précédent, nous rappelant l’amour de Charlie pour l’Andalousie et ses arpèges hypnotisants.

Avec ce deuxième album, Charlie Cunningham vient surtout asseoir son impeccable discographie et son jeu de guitare unique.

Sorti le 7 juin 2019 chez BMG Rights Management.

 

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Camille Locatelli

Jambinai – ONDA

La stupéfiante et atypique formation 잠비나이 (Jambinai) est de retour et, le moins que l’on puisse dire, c’est que leur troisième album intitulé ONDA ne diverge pas de leurs habituelles déferlantes venant secouer une rivière aux retombées post-rock, sur laquelle vient fondre la transcendance d’un folklore ancestral coréen.

Dès l’entame Sawtooth, la livraison est brûlante, fracassante et grinçante pour un assemblage des plus singuliers. La récidive nous laisse songer à une transposition folle des canadiens de Godspeed You! Black Emperor en plein trip asiatique ! C’est un « opéra lourd », quasiment sans parole, même si Square Wave vient briser subtilement l’exclusivité instrumentale du dogme.

Elle est peut-être nichée ici la nouveauté proposée, dans l’expérimentation d’un chant énigmatique que nous retrouvons sur les bases narcotiques de Son.Tears.Red, parfaite jonction entre les accélérations d’un vacarme qui se défoule et une seconde partie de l’œuvre bien plus assouvie (toute proportion gardée).

Quelques soudainetés bestiales amplifiant la furie rampent alors en direction d’In The Woods, morceau de bravoure rempli d’accablement avant de se métamorphoser en rage contenue. L’escalade est sublime et l’abstraction en haute voltige se distille grâce à un sacré voltage !

L’album est sorti chez Bella Union depuis le 7 juin 2019.

 

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Ivlo Dark

Kishi BashiOmoiyari

La bande-son idéale de l’été tout proche vient de nous effleurer les oreilles, offerte par le très talentueux Kishi Bashi, musicien américain d’origine japonaise. Elle se présente sous la forme d’Omoyari, son quatrième album et sa soyeuse et touchante sunshine pop.

Entre sa douce voix qui tutoie les anges et une orchestration toute en finesse et délicatesse, un sentiment de bonheur simple se diffuse en vous, tombés sous le charme de jolis moments tels Marigold ou Angeline. Kishi Bashi va ici au plus direct mais aussi au plus émouvant, dans les traces d’un Sufjan Stevens ou Andrew Bird et abandonne les fioritures un peu encombrantes de Sonderlust, son précédent album.

S’il fait bon se lover tout contre un splendide Summer Of 42 ou un subtil Penny Rabbit And Summer Bear, une écoute plus attentive nous amène à comprendre que tout n’est pas si rose sous le soleil de Kishi Bashi et son violon magique. Les textes évoquent ici les États-Unis d’Aujourd’hui post Trump et rappellent la tragique situation des sino-américains internés dans des camps pendant la 2ème guerre mondiale.

Pour illustrer son propos, Kishi Bashi s’est lancé dans la réalisation d’un film dans lequel il explore ces lieux sinistres de l’histoire américaine, le renvoyant à ses origines et son présent, donnant ainsi sens au titre de l’album, qu’on pourrait traduire par empathie. Si vous voulez y participer, c’est ici que ça se passe !

Empreint d’une profonde sensibilité, il n’en reste pas moins que ce quatrième album est avant-tout  brillant et lumineux, et quand Kishi Bashi entonne A Song For You, Notre petit cœur fragile fond de plaisir !

Omoiyari est sorti chez Joyful Noise Recordings/Differ-Ant  depuis le 31 mai 2019.

 

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Beachboy

LungbutterHoney

Pour le repas de ce soir, je vous propose du beurre de poumon arrosé de miel, ça vous tente ?

Traduction approximative et goûts culinaires douteux mis à part, j’ai le plaisir de vous présenter le premier vrai album de Lungbutter, trio de Montréal composé de la chanteuse Grace Brooks, la batteuse Joni Sadler et la guitariste Kaity Zozula.

Après Extractor, un premier EP, les 3 filles reviennent avec Honey, un disque qui va vous retourner l’estomac, à coups de larsens, de guitares acides et de rythmique implacable et déstructurée. Entre Art Rock et Post-Punk, Lungbutter vous saute de suite à la gorge, Grace scande plus qu’elle ne chante, pendant que ses 2 amies maltraitent avec allégresse leur instrument, le tout fait un vacarme de tous les diables et c’est en tout point jouissif.

Sorte de Dead C au féminin, se baladant parfois entre slowcore et sludge metal, Lungbutter sait aller au delà du bruit et nous embarque dans un drôle de trip où mélodie et déluge sonore se mélangent avec envie et gourmandise. La tension ne se relâche jamais tout au long des 30 et quelques minutes que dure l’album, finissant en apothéose avec l’apocalyptique Veneer.

A écouter très, très, très  fort !

Honey est disponible  chez Constellation/Differ-Ant  depuis le 31 mai 2019.

 

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Beachboy

JujuMaps And Territory

Juju est le dernier projet en date du sicilien Gioele Valenti, déjà croisé au sein de Lay Llamas ou sous le nom d’Herself.

Maps And Territory est son troisième album en tant que Juju, superbe exercice de rock psychédélique, qui, au contraire de ce qu’annonce son titre, sort rapidement des sentiers battus et cherche à nous perdre au fil de longs morceaux où improvisation et expérimentation font bon ménage. Il n’est donc guère étonnant d’y croiser quelques invités prestigieux, eux-même adeptes d’une musique sans frontières, tel Goatman du collectif suédois Goat ou Jonathan Donahue.

Quelques pincées de musique africaine (I’m In Trance), une pincée d’électro (God Is A Rover), le tout mélangé à une hypnotique krautrock (Masters And Servants), Juju interpelle et bouscule un monde de plus en plus centré sur lui-même et fait voler en éclats frontières et pensées uniques à coup de jubilatoires mélodies, véritables invitations à la transe.

Maps And Territory, c’est du plaisir pour les pieds et l’âme, invitation à la fête et au combat, sacré Juju !

Maps And Territory est disponible  chez Fuzz Club records  depuis le 31 mai 2019.

 

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Beachboy

 

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