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Crime And The City Solution – Paradise Discotheque

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En premier, un label : Mute. Gage de qualité. Nick Cave par exemple.

Puis dans le livret il est écrit qu’un certain Mick Harvey, justement musicien chez Cave et accessoirement auteur de bons voire très bons albums solo, tient la guitare et compose. Bromwyn Adams au violon. Elle est inconnue mais le violon dans le rock, ça botte.

Un album à essayer donc.

Première écoute, premier morceau « I have the gun » : un rythme lancinant, guitares sèches et électriques mélangées. Une voix particulière, Simon Bonney, le leader du groupe. Une voix profonde et caverneuse mais qui sait se faire douce quand il le faut.

Un refrain, parfait : « This road is my road, this road is your road, this road is our road »

Un break très spécial dépareillant complètement avec le côté pop du titre et apportant ainsi un petit truc en plus.

« The sly persuaders« , le morceau suivant a déjà un drôle de titre et quand les premières notes arrivent, l’ambiance change totalement par rapport au début de l’album. La pop est laissée de côté. Place à une espèce de jazz hybride. Piano, saxophones et une basse ronde, chaude sont de la partie. Et toujours cette voix, ce chant, si on peut l’appeler ainsi  car Bonney parle en rythme, susurre, crie parfois mais toujours en harmonie avec le reste.

« The dolphins and the sharks » reste dans cette ambiance un peu spéciale instaurée par « The sly persuaders« . La basse est toujours aussi ronde, les guitares reviennent, les effets aussi. Le tout est agrémenté d’un piano discret, en arrière fond pourtant on n’entend quasiment que lui. Il structure tout le morceau et quand il est accompagné par le violon, les violons, les frissons sont de plus en plus forts.

« You’re everything you seem to be » nous dit Bonney dans le refrain. Vraiment ?

Car le morceau suivant « The sun before the darkness » change radicalement l’ambiance. Des tablas, une guitare indienne, un rythme lent. Et Simon Bonney, contant son histoire, chantant à peine sur le refrain. « Is this the winter of our fall? » demande-t-il cette fois.

Le cinquième titre commence par un grognement (on se croirait dans un disque de Metal). Fausse piste ? « Fear » est le premier mot, suivi de « Envy » et « greed« . C’est malsain. L’ambiance l’est en tout cas. Retour au break de « I have the gun« . Pas de batterie présente (le morceau précédent en était déjà à peine pourvu), le rythme est donné par les guitares, les tablas (de nouveau). Le titre c’est « Motherless child » et les choeurs féminins apaisent à peine ce qu’on ressent en entendant Bonney répéter à l’envie « sometimes, I feel like a motherless child, a long way from my home« . L’australien qui a passé sa vie loin de son pays, entre Berlin et Londres avant de partir plus tard pour les Etats-Unis, parle-t-il de lui ici ?

La dernière partie de l’album dénote dans les habituelles productions de Mute Records. C’est le morceau « The last dictator » sous la forme de quatre titres qui s’enchaînent.

« The last dictator I » est le plus pop et le plus classique. Couplet, refrain. Et surprise Bonney se remet à chanter! Sauf sur le break où il force sa voix (rappel aussi du début de l’album). Les violons sont très présents ici mais laissent la place, pour finir au duo basse batterie. Une basse qui ouvre, avec la voix et des rires (dont on se demande ce qu’ils viennent faire là, tant de nouveau on est dans un univers assez glauque), « The last dictator II« .

On entre de plein pied dans cette quadrilogie de « chansons« . Une basse, deux basses parfois et des saxos lancinants et Bonney qui ne chante plus du tout, parle et raconte, longuement. Quelques notes de violons et la batterie derrière. On est dans le texte, presque dans le théâtre de Bonney qui s’emporte parfois, en fait des tonnes. Pourtant, ça passe et plutôt bien. Ces constants changements dans sa voix, tantôt douce et presque câline, tantôt dure et blême, emportent la mise. « I think you know how I feel and just what I mean » répète-t-il pour finir. On ne sait pas vraiment pourtant, on se laisse juste porter.

« The last dictator III » démarre avec ce qui semble être une flûte jouée au synthé et toujours à côté quelques « grognements » étranges. Bonney continue de parler, encore et toujours, alternant les tons pour incarner les personnages de son histoire. Le dictateur, sa femme, d’autres encore. La flûte est constante, se répète, le violon la souligne parfois. C’est le coeur du morceau, une sorte de batterie plus douce.
Quand la vraie batterie arrive, le titre change, d’autres voix se font entendre. On ne sait qui chante.

« I need a big stick » demande Bonney sur la fin. La guitare qui termine ce titre déborde sur « The last dictator IV« , sorte d’épilogue. « Trust us » est la première demande.
Les guitares saturées entament ces dernières minutes. La batterie revient et se fait plus lourde, portée par la basse. Bonney se remet à chanter, gravement.

« When Eve who since she’d wed had gained a lot of weight from the apples on which she fed, it was compensation she said, for the marginal life that she led« .

Qui est cette nouvelle Eve ? Adam est là aussi. Le lien avec le reste ne se fait pas clairement. « No more door » seront les derniers mots de Bonney. Effectivement. Il n’y en a pas plus. Il en a beaucoup ouvertes dans cet album. Tellement qu’il lui faudra faire taire son groupe pendant près de 20 ans, hormis un album live deux ans après ce formidable « Paradise discotheque« . 20 ans pour sortir deux beaux albums solo puis revenir avec une nouvelle mouture de Crime and the city solution en 2013, toujours chez Mute.

Depuis, c’est le silence.  Une annonce sur la page Facebook du groupe disait qu’un nouvel album verrait le jour en 2014. Il n’en n’a rien été.
Faudra-t-il de nouveau attendre 20 ans pour que Bonney réapparaisse ?

 

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