
Emma Ruth Rundle
These Killing Times
Errant Child
18 septembre 2026
Peinture, poésie et musique, l’américaine Emma Ruth Rundle, née en Californie, installée dans l’Oregon est une artiste protéiforme et inclassable, dont l’univers sombre et mystérieux s’est déjà rapproché d’artistes comme Thou, Chelsea Wolfe ou Jaye Jayle.
Elle nous revient avec These Killing Times, son sixième album, si on met de côté quelques disques expérimentaux, succédant ainsi à l’impressionnant Engine Of Hell, sorti en 2021, sommet de dark folk, alors qu’elle s’était auparavant essayé au sludge metal avec Thou sur May Our Chambers Be Full ou au slowcore/post rock sur Marked For Death ou On Dark Horses.
Découverte en 2014 avec l’excellent Some Heavy Ocean (déjà un goût pour les titres d’albums légers et optimistes...), Emma Ruth Rundle se présente ici comme un trio, puisqu’elle est accompagnée tout le long de ces 8 superbes titres par le bassiste Troy Zeigler (Baroness)et le batteur Jess Gowrie (Chelsea Wolfe). Enregistré en Californie avec le producteur Sonny Diperri, These Killing Times bénéficie également de quelques prestigieux invités, de Marissa Nadler à Patrick Shiroishi en passant par Amelia Baker (Cinder Well).
On la sait tout aussi à l’aise sur une mer d’huile qu’en plein milieu de la pire des tempêtes, elle ne tarde pas à nous le confirmer sur le splendide Powerless, sur lequel sa voix fait déjà des merveilles. God’s Picture démarre sur un murmure, quelques notes de pianos, une guitare à peine effleurée, avant que le saxophone de Patrick Shiroishi vienne amplifier ce sentiment de douceur mélancolique, alors même que le morceau ne demande qu’à s’élever emporté par la doublette basse/batterie au diapason.
L’atmosphère devient encore plus électrique sur Anvil et Catherine Wheel, tout en tension et distorsion, These Killing Times avance comme un rouleau-compresseur, tout en parvenant à nous caresser l’âme et le cœur. Don’t Delay Heaven aurait même le goût du bonheur, sublimé par cette voix miraculeuse, mais la colère sourde et profonde rejaillit assez vite sur un Enough volcanique, folk song passé à la moulinette noise rock.
Le calme et la tempête, le jour et la nuit…, l’album attire les contraires, poussant cette dualité à son max sur les deux morceaux finaux, Human Kindness, à la limite du metal et Oceans Of Time, sur lequel Emma Ruth Rundle partage le micro avec Lukas Frank, Marissa Nadler ainsi que Amelia Baker, grandiose tout simplement, à l’image de ce magnifique album qu’est These Killing Times.



