Cinéma

« En avant » toutes !

En avant est le 22e long-métrage Pixar et la seconde réalisation pour le studio de Dan Scanlon après Monstres Academy, le préquel du mythique Monstres et Cie de Pete Docter.

Malgré un pitch assez convenu et référencé aux teen comédies des années 80, son Monstres Academy avait eu l’excellente idée de mettre en avant le personnage de Bob Razowki et d’apporter nuance et subtilité au monstre vert cyclope un peu dingue rencontré dans le film de Docter.

Pour sa seconde réalisation, Scanlon ne quitte pas vraiment l’univers des monstres puisqu’il établit son histoire dans un univers fantastique peuplé de monstres et créatures mythologiques. L’aventure est à chaque croisement de route, derrière chaque buisson pour les plus audacieux des aventuriers. La magie est un art noble et délicat qu’une poignée d’élus maîtrisent vraiment. Et quand la science et le confort moderne s’invitent dans cet univers d’heroic fantasy, toutes ces créatures à l’image de l’homme moderne se laissent porter par la facilité. La magie ne fait plus partie du quotidien, elle est peu à peu oubliée.

C’est dans ce monde si proche du nôtre que nous faisons la connaissance de Ian, ado elfe mal dans sa peau, qui vit avec sa mère et son frère aîné Barley. Leur père est décédé d’une longue maladie, Ian ne l’a jamais connu. Les deux frères sont à l’opposé l’un de l’autre : l’aîné est fantasque et passionné par la magie et les anciens mythes alors que le cadet souhaite simplement se faire une place auprès de ses camarades de lycée.

Mais le jour des 16 ans de Ian, un cadeau inattendu va révéler aux deux frères des secrets de famille et les emporter dans une quête fantastique où chacun va se découvrir sous un autre jour.

Malgré des thèmes très classiques et déjà exploités chez Pixar (les liens familiaux, la découverte de soi, le passage à l’âge adulte) et un univers hyper codifié, En Avant arrive à sortir son épingle du jeu grâce à l’écriture très juste de ses personnages. Car visuellement rien de bien nouveau ni d’incroyable à souligner.

Le studio nous a habitué à un tel niveau dans l’animation que l’on peut faire la fine bouche. La première moitié du film se moque gentiment de notre mode de vie moderne et consumériste, mais a l’intelligence de ne pas laisser les blagues potaches et autres références prendre le pas sur l’intrigue.

Une manie hélas trop présente dans beaucoup de films d’animation, qui préfèrent souvent faire des clins d’œil appuyés aux parents plutôt que de respecter les enfants en leur proposant une histoire bien construite.

La narration arrive assez habilement à jongler entre les scènes d’action et les moments qui mettent en valeur les personnages et leurs relations. La seconde moitié du film nous plonge franchement dans un univers fantastique et dans l’aventure pure, où l’on se laisse prendre par l’élan des deux frères dans leur quête.

Mais on reconnaît un bon Pixar à ce petit moment d’émotion qui vous serre la gorge et arrive sans qu’on l’attende. Bien entendu, je ne vous révélerai pas ce climax émotionnel, d’autant plus qu’il est amené par une idée de mise en scène assez maline.

En Avant est au final un Pixar tout à fait honorable qui mérite vraiment d’être vu et de ne pas tomber aux oubliettes. Ce qui risque hélas de lui arriver avec la combinaison Coronavirus/fermeture des cinémas et la sortie en juin prochain du très attendu Soul, le dernier cru du génialissime Pete Docter.


 

En Avant

Pixar – Disney – 4 mars 2020

 

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Images : Disney

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