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José Gonzalez : Vestiges And Claws

Ecrit par Davcom

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En vacances de son groupe Junip, avec lequel il a sorti deux disques entre 2010 et 2013, pour rappel les indispensables Fields et Junip, José Gonzalez nous revient sous son nom pour ce qui est, à ce jour, son troisième album solo et qui fait suite à l’inaugural Veneer (2003) et In Our Nature (2007).

Adepte d’un Folk âpre, froid et assez minimaliste lorsqu’il se retrouve seul, il aborde ce Vestiges And Claws avec un peu plus de chaleur. Une des raisons se trouve sans doute dans l’évolution de son jeu de guitare, plus technique, se rapprochant par instants des gimmicks d’un Mark Kozelek lorsque celui-ci était en phase créatrice optimale, au temps des Lucky Man et autres Third And Seneca.

Ce rapprochement se fait surtout sentir par la faculté de José Gonzalez de changer de rythme tout en restant en phase avec la mélodie, témoin l’inaugurale With The Ink Of A Ghost ainsi que la splendide What Will, chanson du questionnement qui s’étire sur près de six minutes trente et où il démontre toute l’étendue de son talent de songwriter. Let It Carry You et Lead Off/The Cave, le premier single, sont les deux titres au tempo plus joyeux et rapide d’un ensemble comme à son habitude austère mais jamais ennuyeux, tandis que Stories We Build, Stories We Tell semble tout droit sortir des sessions de l’album éponyme de Junip.

Le son est parfois un peu sale , avec les craquements caractéristiques de son oeuvre en général, ce qui confère à l’ensemble un Folk pas trop propre sur lui, pas trop produit et original. De l’aveu même de l’auteur, l’album tourne autour d’une certaine idée de civilisation, d’humanisme et de solidarité, ce qui explique peut-être que l’impression d’une ambiance douce-amère perdure un temps lorsque l’on appuie sur la touche Off de son appareil de lecture.

Approchant tout doucement la quarantaine – il est né Suédois en 1978 de parents ayant fui la dictature Argentine en 1976 – José Gonzalez nous offre encore une fois un disque très réussi. Comme me disait mon cousin Daniel, la perfection ça doit être chiant à la longue. Pour la concurrence, sans doute, oui.

Vestiges And Claws, le 17 février, chez Mute via Peacefrog Records et Imperial Recordings.

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