Chronique Musique Tribune

« La bande son idéale de l’été » selon ERIC MATTHEWS

Ecrit par David Jegou

Steely Dan – Can’t Buy A Thrill

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Nous sommes façonnés par la manière dont nous avons été élevés, et façonnés par les goûts musicaux de nos parents. Et mes parents avaient très bon goût. L’été, lorsque je me réveillais un jour ensoleillé au milieu des années 70, j’entendais déjà le bruit d’albums joués.  Le son s’échappait du salon et remontait jusqu’à mes oreilles à travers un long couloir. Mes parents étaient enfants dans les années 50 et adolescents au début des années 60. Je dois donc à Steve et Gloria mes premiers émois musicaux lorsqu’ils jouaient des disques le week-end. Motown Stax, The Beach Boys, The Beatles, The Rascals, The Bee Gees, The Byrds, etc. De la pop musique de qualité qui reflétait la joie et la jeunesse. Pourtant, quelques années plus tard, ce n’est pas un classique du passé qui m’a bouleversé et a marqué mon été, mais un lp récemment ajouté à leur collection Can’t Buy a Thrill par Steely Dan. Ma mère le jouait pendant qu’elle préparait les œufs pour le petit déjeuner.

Le premier titre, Do It Again avec son groove lisse, presque Cubain/Bossa, ses guitares, son orgue, son histoire tordue chantée à la perfection par Donald Fagen résume pour moi à lui seul le son de l’été. J’avais quatre ans quand mon père à ramené ce disque à la maison. De ce moment précis a découlé une longue association entre moi et la musique du groupe, ces hommes un peu bizarres qui à travers les années ont écrit et joué une telle variété de palettes musicales. Je trouve que par la suite le groupe a plus intellectualisé sa musique et s’est également focalisé sur la production et la performance. Cela n’a pas empêché leurs chansons d’êtres fantastiques, mais ils n’ont plus réussi à capturer le fun et le côté foutoir de ce premier album. Je n’ai pas compris l’importance de ce disque avant d’avoir 11-12 ans. Pourtant le son live de l’enregistrement, et la joie de vivre qui s’en dégage m’ont touchéS dès la première écoute. Ce disque est devenu le symbole d’une belle journée pour moi. L’efficacité du mix des différents tempos à travers une grande variété de chansons me fait le considérer comme un chef d’œuvre. Le fait qu’ils aient continué sur cette lancée jusqu’à Aja, et la façon dont Donald Fagen a évolué (Becker et Skunk avaient aussi un rôle important) font que le son du groupe est ancré en moi depuis ma plus tendre enfance. Certaines musiques te font te sentir bien, dès les premières notes. Et pour moi ce sera toujours un son américain west coast représentatif du soleil, des palmiers et de la menace d’une averse. C’est l’endroit d’où je viens, et le son de la rue du début des 70’s, mais surtout le son des ondes moyennes à la radio.

« Dan » était un groupe New-Yorkais qui savait qu’il fallait qu’il soit à Los Angeles pour écrire ce type de musique, surtout au début. Des garçons de la plage dans des corps de New-Yorkais en quelque sorte. Leur première période arrive à sonner comme le son de Los Angeles et San Francisco.  Ils en ont saisi le panorama. Je suis un mec de la côte ouest qui savait que sa place était à Boston avant même que je sache que j’allais composer et enregistrer des disques. Je comprends donc leur démarche. Puis, comme Donald Fagen, rapidement après mon déménagement je suis retourné à la maison pour le reste de ma carrière. L’été est fait pour s’échapper après tout. J’ai aujourd’hui 47 ans. Ce qui signifie que j’ai encore 28 étés devant moi. Seulement quelqu’un d’idiot peut tenir ce genre de propos…

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So it’s funny, the way you couch this question or challenge, the music of summer ? But when you mention « a summer holiday when you were a kid » that’s what triggers a thought. First off, I think as a grown man I don’t really notice the seasons they way I did as a younger person, or kid. Sure, the weather changes but the absolutes are so great now that I don’t think it’s possible for me to actually experience massive mood or emotion shifts that might change listening habits. So, for me, I really have no choice but to look back to my youth here.

We are very much shaped by our upbringing, and influenced by our parent’s musical taste, especially if their taste is good. Eric wake’s to a sunny day in the early and mid-70’s and already albums are being spun loudly from down the hall from the living room parlor. My parents were 50’s kids but teenagers in the early and mid-60’s. So, my primary sensation on a sunny day comes from the memory of Steve and Gloria on weekends. Motown stax, The Beach Boys, The Beatles, The Rascals, The Bee Gees, The Byrds, etc. – all that kind of stuff, smart pop music that had joy and youth in it. But by the time I was an older kid, beyond that era of bands and acts, the mainstay of these sunny days (while mom was making eggs) for me was something newer, something recently added into the collection; Steely Dan, Can’t Buy a Thrill.

The opening track, Do It Again, with it’s smooth almost Cuban/Bossa groove and all those killer guitars, organs, perfectly sung strange lyric story, and Donald’s bizarre but beautiful voice: that’s the sound of summer to me. I was 4 years old when my father brought this album into the house and there began a long association for me with this music, those strange men who wrote and played such a variety of musical colors over the years. Later, I think the band became more intellectual and studied in the performance and production of the songs that while still amazing, perfect really, did not capture the fun and ragtag nature of that first album. I was probably 11 or 12 years of age by the time I fully understood Can’t Buy A Thrill. But the fun of that album, the true live sound of the recording already, from the first moment I heard it, said something illuminating and « good day » to me. It’s energetic mix of tempos throughout the diverse set of songs makes it a masterpiece to my ears. That they kept at it, all the way through Aja, they way Donald did, (Becker and Skunk were important too of course) but yeah, that’s my sound man, something that glued itself to my soul very early in life. Some music just makes you feel good, from the get go. And to me it’s always been a West-Coast, American sound, sunshine, California, palm trees with a threat of rain. That’s were I am from and it’s the sound of the streets back in the early 70’s, to me, AM radio.

« Dan » were New Yorkers who somehow knew that they needed to be in LA to write and make this music, especially at the start. Beach boys in New Yorker’s bodies. This early period for « Dan » manages to sound like LA and San Francisco. And looking at things from the overview, I am a West Coast guy who for some reason needed to be in Boston before I knew that making records and songs was what I had to do. So I think I relate. So then, just like Donald, from my own life story, pretty quick after initial transplant ended up going back home to « my old school » for the rest of my creative years. Summer is about getting away after all. I’m 47 now. I think that means 28 more summers to go. Only a fool would say that…

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