Les éditions Agullo

« L’Autoroute de la liberté » de Wojciech Chmielarz

Les éditions Agullo vous offrent toute la semaine une nouvelle inédite à lire sur Addict-Culture ! Aujourd’hui, “L’Autoroute de la liberté » de Wojciech Chmielarz (auteur de « La ferme aux poupées« , « La Cité des Rêves » et « La Colombienne« ). 

 

1.
La brume était d’un gris épais. Les phares antibrouillard peinaient à percer cette grisaille. La visibilité n’était que de quelques mètres. Bartek ne dépassait donc pas les quatre-vingt, quatre-vingt-dix parfois, quand il se sentait plus sûr. C’était bien plus lent que prévu au départ.

Il se penchait sur le volant, tentant de traverser du regard le triste mur de volutes devant lui. Il apercevait des bandes éparses de lumières reflétées par des panneaux qui annonçaient sur le côté « Autoroute de la liberté ». Un nom pour lui aussi stupide que pompeux. Il avait été donné quelques années plus tôt à l’A2 lorsque celle-ci avait fini par rejoindre Varsovie. Il se souvenait encore de cette époque. Juste avant l’Euro 2012. La prolongation
du ruban d’asphalte jusqu’à la capitale avait mis le pays en état de fièvre. Boîtes de travaux publics qui tombaient l’une après l’autre. Scandales succédant aux scandales. Et au rythme des cris répétés :
finir avant l’Euro ! Finir avant l’Euro ! Quand le miracle est arrivé, la fin des travaux fut présentée comme un immense succès. À coups de trompette, on annonça qu’enfin Varsovie était reliée au réseau européen d’autoroutes par lequel on pourrait rouler de la capitale polonaise jusqu’à Lisbonne. Comme s’il n’était pas plus simple de prendre l’avion.

Il lui semblait que la brume s’éclaircissait légèrement. À moins que ce n’ait été lui qui se sentait plus assuré. Il remit des gaz. L’aiguille du compteur de l’Audi dépassa la marque des cent.
Lorsque plus tard il fit l’analyse de toute l’histoire, il conclut que c’était bien cette accélération qui avait été à l’origine de l’accident. Le deuxième élément était qu’il n’avait pas remarqué la voiture qui le précédait. Le type qui la conduisait pouvait penser de son côté que Bartek allait continuer à rouler à la même vitesse d’environ
quatre-vingt-dix. Et donc qu’en revenant sur la file de droite il resterait à une distance de sécurité de quinze mètres devant l’Audi. Mais comme Bartek avait accéléré, la Peugeot noire qui roulait à cent vingt lui était rentrée dans le côté.

L’Audi secoua Bartek, puis le projeta avec une force qui lui arracha le volant des mains. La voiture fit un tête-à-queue sur l’autoroute, avant de revenir percuter la Peugeot. Bartek se sentit partir en avant, la ceinture de sécurité lui enfonça la poitrine, et sa tête vint douloureusement cogner dans on ne sait quoi. Et tout s’arrêta. Silence. Il n’entendit plus qu’un sifflement désagréable et prolongé dans les oreilles. La tête lui tournait. Il lui sembla que la brume passait du gris à un rose-rouge-vert, mais il comprit après quelques secondes qu’il ne s’agissait que de visions. Qu’il trouva très belles. Avant de comprendre qu’en fait c’était lui qui saignait du nez.

Sur quoi il perdit conscience.

2.
Wiktor l’attendait sur le vaste parking d’un des centres commerciaux de la périphérie de Varsovie. Il s’était garé derrière un coin de l’établissement, loin des lumières et des caméras de sécurité. Il s’appuyait contre son Audi noire et il fumait une cigarette. Bartek traversa l’espace du parking et rejoignit le type. Ils se saluèrent d’un
simple hochement de tête.

Wiktor était plus grand que Bartek. Plus massif. Il avait passé plus de temps à la salle de muscu. Il était vêtu d’une simple veste de cuir noir. Il regarda autour de lui, s’assurant que personne ne les observait. Visiblement, il était énervé, ce que Bartek prit pour un mauvais signe. Il n’avait jamais vu Wiktor dans un tel état.
— Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-il

Wiktor tira une nouvelle bouffée, puis jeta la cigarette par terre. Il l’écrasa du bout de sa chaussure. Après un temps de réflexion, il se pencha et ramassa le mégot qu’il fourra dans sa poche. Bartek savait que ce n’était pas par souci de l’environnement. Il y avait plus costaud.
— Il faut aller poser la voiture.
— Où ça ?
— Allemagne, France, Hollande. Le plus loin sera le mieux.
— Elle est vérolée ?

Wiktor ne répondit pas. Bartek savait qu’il venait de poser une question idiote. Bien sûr qu’elle était vérolée. Mais s’il ne s’était agi que de ça, il l’aurait apportée à un atelier ami où on l’aurait démontée pour envoyer les morceaux à la casse. Finies les traces.
— C’est pas la porte à côté. Combien ?
— Cinquante mille.
Un paquet de fric pour amener une voiture de l’autre côté de la frontière. Trop. Et cette direction ? À l’ouest ? Une Audi, ça s’amène à l’est.
— Qu’est-ce qu’il y a dedans ?
— Pas de question. Tu prends le boulot ou pas ?
— Il y a quoi dedans ?
— Cinquante billets. C’est oui ou c’est non. Tu décides.
— C’est quoi dedans ?

Wiktor se passa énergiquement la main sur son crâne chauve. Il sortit des clefs de sa poche et appuya sur le pilote. Les lumières de la voiture scintillèrent. Wiktor fit signe à Bartek de le suivre. L’homme jeta un regard circulaire, puis il ouvrit le coffre.
— Putain… gémit Bartek.
— Ah !

Un cadavre d’homme reposait à l’intérieur sur une bâche noire. Un type, la trentaine, jean et sweat bleu. Deux efflorescences de sang sur la poitrine, et un trou laissé par une balle au front. Wiktor reclaqua le coffre.
— C’était qui? demanda Bartek.
— Qu’est-ce que ça peut te foutre ?
C’est vrai. Moins il en savait, mieux ça valait pour lui.
— Maintenant, t’es obligé de prendre le boulot, fit Wiktor.
Il essaya de refiler les clefs à Bartek. L’autre recula.
— Tu te fous de ma gueule ! Je ne vais pas me trimballer dans la moitié de l’Europe avec un macchabée dans le coffre !
— Tu n’as pas le choix ! grommela Wiktor. Maintenant, tu es dans le coup. Tu as vu le cadavre, tu prends la voiture, et roule.
— Roule toi-même !
Wiktor poussa un gémissement. Il fit non de la tête.
— Je ne peux pas.
— Et pourquoi?
— Parce qu’ils me connaissent.
— Qui ça ?
— Les flics, merde, qui d’autre ? Ils savent qui je suis.
— C’est toi qui as liquidé le bonhomme ?

Wiktor sauta sur Bartek et lui plaqua une main sur la bouche.
— Moins fort, merde, grogna-t-il avant de le lâcher.
Il se courba en deux, comme s’il avait reçu un coup dans le ventre, et souffla à plusieurs reprises.
— Ce n’est pas moi qui ai fait ça. Je ne sais d’ailleurs même pas qui c’est. Je suis comme toi, et un type qui ne sait pas non plus de quoi il retourne m’a demandé de faire le boulot. Mais ils sont tous en ville à chier dans leur froc à cause de ce macchabée. Ça chie dans le ventilo, et ça va éclabousser de partout.
— Concrètement, ton boulot, c’était quoi ?
— Je devais trouver un type qui pourrait faire sortir le corps du pays. Un type correct qui ne foire pas, et que les chiens n’ont pas dans leurs radars.
— Et c’est moi que tu as choisi ? Grand merci.

Wiktor se mordit la langue. Tout d’un coup, ce grand type qui transportait toujours une batte de base-ball dans son coffre et n’hésitait jamais à s’en servir lui parut terriblement petit.
— Bartek, comprends-moi, fit-il, énervé. Je ne peux pas y aller. Si je ne suis pas à Varsovie au moment où la police va commencer à chercher le gus, ce sera comme si j’avouais que j’étais mêlé à toute cette merde. Toi, on ne t’a jamais épinglé pour quoi que ce soit. Personne ne sait rien de toi. Personne ne remarquera que tu pars
pour quelques jours.

Bartek se repassa toute l’histoire dans la tête.
— C’est-à-dire… commença-t-il prudemment. J’ai juste à amener la voiture en Allemagne ?
— Le plus loin sera le mieux, mais l’Allemagne, c’est un minimum. Tu planques le corps dans une forêt ou au fond d’un lac. Tu laisses la voiture sur un parking quelques dizaines de kilomètres plus loin, n’importe où, là où elle ne sautera pas aux yeux. Puis tu vas à un aéroport et tu rentres à Varsovie par Ryanair.

Bartek fourra les mains dans ses poches. Ce qu’il entendait ne lui plaisait pas. Ce cadavre dans le coffre ne lui plaisait pas. Toute cette histoire était de trop pour lui. Mais Wiktor avait raison sur un point : il était déjà impliqué. Et cinquante mille, ça pouvait servir.

3.
Le plan n’était pas si mauvais. La Pologne était dans l’Union européenne et profitait des bontés de l’espace Schengen. Ce qui signifiait que personne ne contrôlait les voitures à la frontière, alors que la coopération entre les forces de police des différents pays allait déjà fortement de travers. Dans le cas présent, il faudrait d’abord
que quelqu’un trouve le corps. Après quoi il faudrait l’identifier. On chercherait au début dans les bases de données allemandes. Puis viendrait le temps des bases européennes. Si on ne l’y trouvait pas, quelqu’un téléphonerait aux collègues polonais. Sur quoi commenceraient les renvois entre polices des deux pays, avec envois de papiers d’un côté à l’autre de la frontière, et certains se perdraient en route. Tout cela prendrait du temps. Et le temps était ce dont les mystérieux donneurs d’ordre de Wiktor avaient le plus besoin
pour effacer toutes les traces. Pour au moins étouffer ce qui pourrait impliquer des responsabilités.
Si les Allemands nous envoient leurs déchets, on peut bien leur envoyer quelques cadavres, se dit Bartek.

Quelle misère que le plan ait foiré avant que Bartek ait eu le temps de quitter la Pologne ! Il revenait lentement à lui, assis dans la voiture démolie. Il avait dû perdre connaissance. Il avait l’impression d’avoir sauté quelques dizaines de secondes. Il avait besoin d’un temps pour se rappeler où il était, et comment il était arrivé là. Il releva la tête avec précaution et vit dans le rétroviseur qu’il avait le visage couvert de sang et le nez cassé. Il s’essuya de la manche de sa veste. Cela ne lui donna pas vraiment meilleure mine, mais au moins le sang cessa de lui couler dans la bouche.

Il poussa un gémissement. Il ouvrit la portière de la voiture. Il essaya de sortir, mais hurla de douleur quand la ceinture de sécurité lui pressa les côtes. Elles étaient cassées, ou fortement enfoncées. Il défit la ceinture ce qui lui permit enfin de s’extirper pour dégringoler sur l’asphalte mouillé.

Les deux voitures étaient sur la bande d’arrêt.
La Peugeot était quelques mètres derrière. Bartek évalua les dégâts. L’avant de sa voiture était massacré. L’axe avant devait être cassé, car une des roues était tordue avec un angle étrange. Il se retourna et vit que la Peugeot n’avait pas meilleure allure. Des fumées montaient du capot. Aucune des deux voitures ne roulerait
plus cette nuit.

Le type regardait l’autre bagnole. Bartek se traîna jusqu’à lui, la tête toujours douloureuse, mais sachant qu’il fallait le convaincre de ne pas téléphoner à la police. Sans avoir la moindre idée de comment s’y prendre.

Alors qu’il s’approchait, le type se tourna vers lui. Il était plus ou moins de la même taille. Il avait de lourds cheveux peignés en arrière et le visage fortement basané. Il lança quelques mots dans une langue que Bartek ne comprit pas. Bartek fronça les sourcils, essayant de se concentrer et de sortir une phrase, mais sans y parvenir. Cette langue sonnait un peu comme l’espagnol, mais pas vraiment. Il jeta un coup d’œil sur la plaque d’immatriculation et aperçut un « P » sous le drapeau de l’Union européenne. Portugal. Tout était clair.
— Do you speak English? demanda-t-il.
— Française ? Parlez-vous français* ¹ ?
Français, merde. Pas un mot. Bartek écarta les bras. Le Portugais dut comprendre, car il s’approcha en faisant des signes avec les mains.
— Pas de police ! cria-t-il. Pas de police ! Comprenez-vous*?
Bartek secoua la tête jusqu’à devoir crier sous la douleur qui lui vrillait le cou.
— No, no, no ! lançait fiévreusement le Polonais. No police ! No police !
— Oui ! Oui !  Oui ! renchérissait l’autre. Pas de police* !
Le Portugais montra sa voiture d’un grand geste qu’il répéta dans la direction de celle de l’Audi de Bartek.
— Pas de police*! répétait-il.

Bartek essayait de comprendre ce que disait le Portugais. On aurait pu croire qu’il insistait pour qu’on appelle la police. Mais il ne sortait pas de téléphone portable. Il ne parlait pas polonais et attendait sans doute que Bartek appelle lui-même.
— No ! No ! No police ! répétait Bartek en soulignant ses paroles avec des gestes des mains. You, me, no police ! Cash only ! Cash! Cash, OK ?
Puis il passa les doigts sous le nez du Portugais en faisant le geste international qui signifie l’argent liquide. Encore qu’il n’ait eu aucune idée d’où il le sortirait. Il se dit qu’il allait devoir appeler Wiktor. Le gangster n’en serait pas heureux, mais Bartek n’avait pas le choix. Il n’allait pas laisser l’Audi démolie au milieu de
l’autoroute avec un cadavre dans le coffre. C’était déjà une chance : grâce au brouillard et parce que l’accident s’était produit à plus de deux heures du matin, ils n’avaient été croisés que par deux voitures.

Il était presque trois heures. La brume se levait lentement. Un premier conducteur les remarqua donc. Il ralentit. Mit son clignotant. S’arrêta sur la bande d’arrêt d’urgence à quelques mètres de l’Audi de Bartek. Le Polonais jura par-devers soi. Ils n’avaient pas besoin d’un troisième personnage. Il fallait se mettre rapidement d’accord avec le Portugais avant d’appeler Wiktor. Sauf que même si ça marchait, le gangster mettrait au mieux une heure pour arriver. D’ici là, le conducteur ou quelqu’un d’autre aurait appelé la police, et Bartek se retrouverait menottes aux poignets dans une salle d’interrogatoire au commissariat le plus proche.
Une blonde en jupe claire descendit du troisième véhicule et fit sonner ses talons sur l’asphalte de l’autoroute.
— Tout va bien ? demanda-t-elle en s’approchant.
— Ça va, ça va ! fit-il. Vous pouvez y aller!
— Personne de blessé ?
— Non, non. Vous pouvez y aller! Bonne route !
— Et vous aussi, ça va ? lança-t-elle au Portugais par-dessus l’épaule de Bartek.
— Ce monsieur vient de l’étranger, coupa rapidement Bartek. Il ne parle pas polonais.
— Il parle quoi?
— Français.
— Ah, ça tombe bien. J’ai étudié un an là-bas ! se réjouit la femme.
Ah, c’est mon jour, se dit Bartek en serrant les mâchoires. Il y a pas quatre types sur la route à cette heure, et il faut que je tombe sur la bonne Samaritaine qui parle français.
— Est-ce que tout va bien*? demanda-t-elle.
Le Portugais fit une mine étonnée. Il lança un regard interrogatif à Bartek qui haussa les épaules.
— Bien, bien*! lança le Portugais.
C’est là que se fit entendre un claquement feutré, et le coffre de l’Audi s’ouvrit de lui-même en allumant une petite lampe qui permit à tous de voir le cadavre au milieu.
Le monde s’arrêta. Bartek n’entendit plus que le battement de son cœur, il sentit comme une chaîne de glace lui enserrer le cou. La femme blêmit. Elle ouvrit la bouche. Regarda le corps. Puis leva lentement les yeux vers Bartek. Le Portugais recula d’un pas, puis deux, puis il courut à sa voiture.
— On se calme, fit Bartek à la femme, voyant qu’elle était au bord de la crise de nerfs. Ce n’est pas ce que vous croyez…

Il cherchait encore comment développer son mensonge quand il entendit un coup de feu derrière lui. Il se recroquevilla instinctivement, se protégeant la tête entre les bras. Quand il se redressa, la femme finissait de s’effondrer au sol. Il eut le temps d’apercevoir une tache de sang s’élargir sur sa poitrine. Il se retourna.
Le Portugais lui faisait face, un pistolet à la main. Bartek leva les bras. Mais le Portugais lui fit de la tête un signe de dénégation. Il remit la sécurité et se repassa le pistolet à la ceinture. Il désigna d’un doigt successivement la femme, lui-même puis Bartek.
— OK, souffla Bartek.

Ils prirent à deux le corps de la femme. Ils le balancèrent par-dessus la rambarde de l’autoroute, puis le poussèrent de l’autre côté du remblai. Bartek fouilla le cadavre. Il récupéra les clefs de la voiture, le téléphone portable et les papiers. Le corps serait plus difficile à identifier. Il pensait se débarrasser de ces affaires quelques
kilomètres plus loin. Le Portugais retourna à sa voiture. Il en rapporta un bidon en plastique. Bartek ne put s’empêcher de sourire dans sa barbe. Encore un type qui pensait arriver chez les sauvages, en Pologne, où on ne savait s’il y avait des stations-service.
Le Portugais arrosa le corps de la femme. Puis il remonta sur le remblai avant de retourner sur l’autoroute. Bartek ne voulait pas voir ça. Il ne voulait pas sentir l’odeur de chair humaine brûlée. Il s’appuya contre la rambarde et attendit.

Le Portugais réapparut après deux minutes. Il pointa le coffre de l’Audi, puis secoua le bidon où glougloutait un reste d’essence.
— On prend ça avec nous, dit Bartek en polonais.
Oh, miracle ! Le Portugais comprit. Il fit signe à Bartek de l’attendre. Il alla reposer le bidon dans la Peugeot. Il y prit un sac qu’il se passa à l’épaule.

Bartek observa encore le Portugais dévisser ses plaques d’immatriculation. Tout se dessina alors clairement dans sa tête. Aucune personne sensée ne roule de Lisbonne jusqu’à Varsovie. À moins d’être vraiment empêchée de prendre l’avion. À l’aéroport, on te vérifie plusieurs fois les papiers. Tu tombes partout sur des scanners, des chiens renifleurs, des caméras. En voiture, tu traverses tout le continent sans que personne ne te demande quoi que ce soit. Vive Schengen!

Bartek se demanda ce que le Portugais pouvait avoir dans son sac. De la drogue ? De l’argent? Des diamants volés? Des rouleaux d’œuvres d’art? Il pencha pour la première hypothèse. Quoi qu’il en soit, ça valait de tuer une femme rencontrée par hasard. Bartek se dit qu’il ferait mieux, dans son intérêt, de cesser de s’intéresser au contenu mystérieux.

La femme avait conduit une vieille Opel Astra Combi. Ils y jetèrent le cadavre du coffre de l’Audi qu’ils recouvrirent d’une couverture qui se trouvait là. Bartek prit le volant. Le Portugais prit le siège passager. Ils démarrèrent.

Ils savaient qu’il y aurait bientôt quelqu’un pour s’intéresser à deux voitures abandonnées en bordure d’autoroute, avant d’y retrouver un corps brûlé. C’est pourquoi, brouillard ou pas, ils fonçaient à cent quatre-vingt. Vite, vite, au plus loin du lieu de l’accident. Vite, vite, Berlin, Paris, Lisbonne…

 

¹ Les termes en français suivis d’une astérisque sont en français dans le texte original.

Merci aux Éditions Agullo

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Crédit photo : Julian Hochgesang / Unsplash

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