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Madonna/Hole, 1994 : Blonde Ambitions… Fight !

Hole-Madonna

En 1994, Courtney Love perdait son mari, Kurt Cobain, quelques jours avant la sortie de Live Through this, le deuxième album de son groupe, Hole.

En 1994, Madonna sortait de sa période exhibitio-érotique et engendrait son nouveau disque, Bedtime Stories.

Deux blondes. Deux femmes fortes. Deux ambitions. Deux albums à l’opposé dans le spectre de la scène musicale de l’époque.

Le premier album de HolePretty on the Inside, produit par Kim Gordon (bassiste d’un sinistre groupe à l’envergure douteuse nommé Sonic Youth) état un brûlot rock d’une douceur sans égale, dont les paroles frôlaient le sublime dans la poésie comme l’atteste la première phrase du disque : « When I was a teenage whore » (« quand j’étais une petite pute »… désolé). Le tout, beuglée par une furie qui aurait pu s’enfiler 3 paquets de gitanes et faire passer ça avec une bouteille de whisky pour avoir cette jolie voix de fée clochette. Succès absolument pas assuré. ça a d’ailleurs été un petit bide.

En 1993, le groupe se met donc à l’oeuvre pour un second album..

Souvenez-vous, à cette époque, Nirvana, avait sorti In Utero, album sans envergure d’un petit groupe à l’impact négligeable. Leur leader, un certain Kurt Cobain, serait venu prêter main forte à son épouse désemparée pour produire un disque qui sera fort bien accueilli par la critique de l’époque : Live Through This.

Il en résulte un album compact et cohérent moins agressif et bruyant, plus mélodique, sans pour autant manquer de violence. L’expérimental ayant laissé sa place à des sonorités plus pop. Le groupe participe à l’engouement lié au mouvement grunge par ses compositions et son imagerie : Les chansons alternent les moments calmes et rageurs, et les clips montrent la chanteuse habillée en baby doll dans des ambiance glauques (oui bon, c’était toute une époque, hein). Les textes sont désespérés, juste comme il faut… « Some day you will hate like I hate… », en toute simplicité. La chanteuse se met à nu, chante ses états d’âme dans une rage maitrisée. Sa voix éraillée est soutenue par des instruments vrombissants.

 

L’album est acclamé par la critique et le public. Les rumeurs vont bon train (« c’est pas toi qui l’as fait, c’est lui », tout ça… « Lui » s’étant fait exploser le caisson, nous n’aurons pas l’occasion d’avoir un démenti…).

Néanmoins l’album n’a pas pris une ride. Précipitez-vous pour l’écouter !

Pendant ce temps, au pays de Madonna, on tente de se racheter une virginité…

Souvenez-vous, elle sortait de sa période « matte mes einss, viens te faire fesser avec une pelle à tarte et donne moi ton orteil à sucer ». Un album, Erotica, où ce qui était le plus réussi était la pochette : quelques perles et beaucoup de lourdeurs. On se tournera vers l’eurodance pour déceler les influences de cet album, c’est tout dire, même si le trip hop pointe le bout du nez à la toute fin du disque.

Et donc la Madone en a marre de cette image ultra sexuée. Alors elle va chausser sa plus belle nuisette, se maquiller comme un camion volé et se dandiner sur un lit pour se faire tirer… Le portrait (désolé, pas pu m’en empêcher…). Donc en termes d’image, on reste sur le même créneau, hein…

Par contre, en termes musicaux, c’est une autre histoire. Le premier single, Secret, étonne par sa sobriété. On y entend même une guitare sèche ! (truc de ouf).

Madonna, comme à son habitude, va chercher des collaborateurs dans des mouvements plus ou moins obscures pour les faire connaitre du grand public. On est au tout début du R&B, et Madonna va se jeter dedans à corps perdu ! Des balades dégoulinantes de guimauve et des mid-tempo lascifs… difficilement écoutables à l’époque, et encore moins aujourd’hui. On frôle la catastrophe industrielle.

Heureusement, elle a aussi la bonne idée d’aller voir ailleurs et de demander à Björk de lui écrire le magnifique Bedtime Story et quelques sonorités plus électroniques viennent ici et là. Un ami me fera remarquer qu’on dirait des chutes de studio. Ce qui n’est peut-être pas faux, vu que Björk a réutilisé une partie de cette chanson dans une de ses faces B !

Madonna a toujours dit ne rien regretter et elle le répète ici à l’envi dans Human Nature, un des seuls morceaux réussis de l’album. Pourtant il y a largement de quoi regretter dans ce disque ! On remarquera néanmoins que Madonna y a aussi fait travailler une de ses poulaines de Label, la magnifique Meshell Ndégéocello, qui aura par la suite une carrière éblouissante, j’y reviendrai un jour…

Bedtime Stories va être très exploité, avec pas moins de 4 singles et des clips de toute beauté, dont celui de Human Nature est un exemple de ce que Madonna peut être : un mélange de sérieux, de superbes chorégraphies et… D’humour ! C’est bien simple, elle s’y auto-parodie, et c’est plutôt réussi :

 

En 1994, deux chanteuses blondes se vautraient dans des nuisettes pour délivrer leurs confessions, l’une engendrant un classique du mouvement grunge et l’autre… une bonne grosse bouse oubliable, à quelques détails prêt. Deux faces d’une même pièce s’affrontaient. L’une nous livrait ses tripes pendant que l’autre  essayait de se refaire une image. Au final, la sincérité gagne sur le calcul.

Hole-1/Madonna-0.

En 1998, le match retour avait lieu, et c’était une toute autre histoire qui allait se dérouler. Je vous en parlerai un peu plus tard, si on me le permet.

Avis de l’Addict-Team : Permission donnée !!

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