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Un soir aux côtés de Marie Flore…

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J’ai déjà eu le plaisir de vous parler du nouvel album de Marie Flore, By The Dozen, lors de sa sortie dans cet article. Il me tardait à présent de la découvrir sur scène. Avec chance la salle Nantaise de Stereolux eut la merveilleuse idée de programmer la belle pour la première date de sa tournée Samedi dernier. Mais la chance ne s’arrête pas là ! J’ai, à cette occasion, eu la chance de rencontrer Marie Flore pour un court entretien.

18h45, Samedi soir, Marie Flore s’approche de moi, souriante, naturelle, s’excusant du retard qu’ont pris les balances. Vous imaginez comme je lui en voulais terriblement de m’avoir fait attendre 10 minutes ! My Godness ! sourire*

Notre entretien fut une conversation spontanée, sans chichis, l’histoire d’une rencontre entre une admiratrice et une talentueuse artiste passionnée. Assises face à face dans un canapé confortable nous avons discuté de son album, la scène, son parcours avec tout le naturel qui caractérise l’artiste.

Lilie : Pourquoi choisis-tu d’écrire tes chansons en anglais ?

Marie Flore  : C’est très simple, c’est parce que c’est la langue qui coule plus facilement pour moi, que je trouve plus jolie par ses sonorités. Mais j’écris aussi en français, moins, mais ça m’arrive.

Lilie : Tu sais que je ne comprends pas toujours toutes les paroles en anglais, c’est une lacune qui me poursuit d’ailleurs mais ça n’a pas été une difficulté pour apprécier ton album.

Marie Flore : Ah ? parce que tu les as comprises facilement ?

Lilie : Non pas du tout. Sourire* En fait, cela ne m’a pas manqué parce que les sonorités sont déjà si claires, éblouissantes et envoûtantes que l’on n’a pas obligatoirement besoin de comprendre le sens des mots pour être bouleversée et happée.

Marie Flore : Ah tant mieux alors ! sourire*

Lilie : Je l’attendais cet album, je te suis depuis 2009 où je t’avais découverte avec le magnifique titre Empty Walls.

Marie Flore : Oh la la ça ne me rajeunit pas ! Ca fait tout drôle ! C’est vrai que j’ai mis plus de trois ans à faire cet album mais ce n’est pas facile d’obtenir vraiment ce que l’on a en tête, ce que l’on veut. Et je voulais le peaufiner.

Lilie : C’est grâce à ta rencontre avec Robin Leduc que tu as pu atteindre ton but dans la réalisation de ton album ?

Marie Flore : Oui complètement. Notre rencontre a été décisive. En fait j’avais rencontré plusieurs producteurs mais aucun ne correspondait à ce que j’attendais, ils ne comprenaient pas mon ressenti, ce que j’attendais et pour moi c’est essentiel. Alors qu’avec Robin ça a été quasiment instantané. On a échangé des playlists de chansons qui résonnaient pour nous et nous étions tous les deux en accord sur nos influences. Evidemment, dans ces cas là on comprend que l’on va parler le même langage.

Lilie : J’imagine que ce doit être difficile de rencontrer les « bonnes personnes » pour retranscrire exactement comme on l’imagine ses chansons oui. Mais d’ailleurs quelle formation as-tu ? Parce que tu fais tout sur cet album, la musique, les textes, une véritable touche à tout !

Marie Flore : J’ai fait le conservatoire en tant qu’Alto de nombreuses années jusqu’au jour où j’ai tout arrêté et décidé d’oublier tout ce que j’avais appris. Je me suis lancée à la guitare en autodidacte. Je suis à présent incapable de te dire quelle note je joue à quel moment ni d’écrire la partition de mes morceaux et ce n’est surtout pas ce que je recherche.

Lilie : En fait tu fonctionnes avant tout sur le feeling, l’impalpable, le ressenti ?

Marie Flore : C’est ça.

Lilie : Tu sais que, pour moi, tu n’as pas de nationalité ? Tu pourrais aussi bien être anglaise, norvégienne, américaine, allemande, suédoise! Ta musique n’a pas de nation. Ca la rend encore plus magique d’ailleurs. C’est probablement dû à tes nombreuses collaborations (Pete Doherty, Baxter Dury, Roger O’donnell, Gregg Foreman) qui t’ont ouvert vers d’autres espaces musicaux ?

Marie Flore : Oui ! Sûrement ! J’avoue que j’ai découvert la véritable liberté créative sans « carcans » avec Gregg Foreman (ancien collaborateur de Cat Power) en studio. Leur façon de procéder est totalement différente de celle que nous avons en France où des règles, des manières sont involontairement imposées. Là-bas ce qui compte c’est la musique, la création, se faire plaisir et créer avant tout.

Lilie : Les critiques ont très bien accueilli ton album, By The Dozen, tu la vis comment cette relation avec la presse et les critiques ?

Marie Flore : Ca fait plaisir ! Evidemment ! Mais je dois t’avouer que j’oublie vite parce que je retourne à ma musique, j’ai envie d’avancer, de poursuivre l’aventure, aller plus loin. Ce n’est pas un acquis.

Lilie : Alors aujourd’hui c’est ta première date de tournée. Tu te sens comment ?

Marie Flore : Excitée ! On y va là maintenant tout de suite allez ?! (Elle se lève, prête à partir puis se rassoit) rires*

Lilie : Rires* Tu n’as pas le trac alors ?

Marie Flore : Oh si !! Je crois que je vais m’évanouir douze fois à chaque fois juste avant de monter sur scène, mais là tu vois c’est la première fois que je vais jouer avec un vrai groupe à mes côtés, on sort de Résidence pour nous préparer à la scène donc on est tout excités !

Lilie : Bon alors tu sais quoi ? Tu montes sur scène dans 3/4 d’heure alors je vais te laisser te préparer tranquillement et on se retrouve tout à l’heure.

Marie Flore : Ok merci oui je vais aller me préparer ! A tout à l’heure ! Et prends des photos si tu peux, ça nous fera des souvenirs !

Lilie : Ca marche ! Bonne chance !

Marie Flore : Merci !

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Nous y voilà donc. Ce soir à Stereolux : Elephanz. Les Jeunes adolescents nantais se sont donnés rendez-vous pour voir le jeune groupe nantais devenu grand. Nous, nous sommes venues voir leur magnifique première partie : Marie Flore.

Après notre entretien d’il y a à peine une heure je suis encore plus impatiente de la découvrir sur scène.

19h50, 10 minutes avant d’entrer en scène. Je l’imagine tremblante et sautillante à la fois. C’est le jour J, le jour du lancement sur scène avec le batteur Ben McConnell, le bassiste Clément Agapitos et Maud-Elisa Mandeau à la guitare et aux chants (oui oui Le Prince Miiaou en personne est parmi nous aussi ce soir !).

20h, nous y sommes. La salle est plongée dans le noir, la scène s’éclaire d’une lumière bleue nuageuse et fumante. La tonalité sourde de départ du titre Feathered with Daggers en suspend. L’ambiance se pose, le groupe entre en scène.

La tâche de jouer en première partie est probablement la plus ingrate car le groupe en question attend toujours beaucoup de cette prestation alors que le public, lui, n’est pas venu pour eux. Le pari est donc de les convaincre eux aussi.

Le premier titre, Feathered with Daggers, débute. Immédiatement on remarque autour de nous que la curiosité du public a été piquée. Ils sont là, à l’écoute.

Nous, déjà conquises, plongeons avec délectation dans l’univers scénique de Marie Flore et ses talentueux acolytes. L’enchaînement avec le titre éponyme de l’album, By The Dozen, est, pour moi, synonyme de libération de la salle et de la scène. Je vois les quatre partenaires se détendre, les sourires de plaisir se dessiner sur leurs visages, les clins d’œils se faufiler sur scène et dans le public. N’est-ce pas des instants magiques que ceux où l’on s’aperçoit que la musique est capable de procurer autant de plaisir à ceux qui la joue qu’à ceux qui la reçoive ?

Le set se poursuit avec le titre All Mine qui fait se balancer la salle. Le Velvet plane au-dessus de nous, Lou Reed veille. Nos sens sont à vif, les papillons chavirent mon estomac et des crépitements brûlants parcourent mon corps.

Le titre Shifting Sand recouvre la salle d’un slow langoureux tandis que Loud Dark Crowd parvient à convaincre les plus réticents et va jusqu’à les faire danser. La version « studio » a été habilement revisitée pour la scène, lui offrant de l’ampleur et insistant sur la puissance des instruments et des choeurs qui impulsent une rythmique Rock craquante. Nous n’y opposerons aucune résistance, tout comme nos voisins, et nous laisserons aller aux mouvements de nos corps portés par cette pop rock entêtante et virevoltante ! Les Musiciens prennent leur pied et ne s’en cachent pas, Marie Flore se balance et déploie sa voix avec puissance.

Ca y est, le public est conquis et adhère totalement à Fancy Me qui prend la suite et continue de nous faire tressauter.

La soirée se poursuit avec le titre Nicolaj, puis Empty Walls, préalablement dévoilée en 2007 sous forme de ballade en duo avec Mike Noga, revisité en version Pop/Rock trépidante.

Pour parfaire ce set nous allons plonger dans l’univers organique de Number Thom. Pour finir la soirée la surprise de Marie Flore sera de nous offrir un magnifique et bouleversant titre en français, Palmier en Hiver, à la poésie troublante qui clôturera ce set passé comme un voyage « intersolaire » où les frissons vous sont offerts durant 40 minutes, sans interruption jusqu’au vertige.

Mon addiction à Marie Flore a commencé en 2009, j’espère qu’elle débutera pour vous qui ne la connaissez pas encore et qu’elle sera toute aussi puissante que pour moi : sans failles et sans fin. Marie Flore réussit à lier deux mots rarement accolés : Classe et Rock !

Courez chez votre disquaire acheter l’album de Marie Flore et en attendant écoutez-le sur Spotify :

Un grand Merci à Marie Flore pour sa disponibilité et son sourire, Dimitri pour son accueil et Laura pour tout le reste (et c’est beaucoup !)

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