
Mary Lattimore & Julianna Barwick
Tragic Magic
Infiné
16 janvier 2026
Depuis quelques années, le label parisien Infiné s’est associé au Musée de la Musique de La Philharmonie de Paris pour permettre à certains de ses artistes de bénéficier de l’incroyable collection d’instruments qu’il contient, comme ce fut le cas d’Arandel en 2020 avec Inbach Vol.2 ou bien Seb Martel avec Saturn 63.
Cette année, c’est autour de Mary Lattimore et Julianna Barwick de s’approprier, pour l’une, des harpes du 18ème ou 19ème siècle, pour l’autre, des synthés analogiques des années 70 et 80, leur donnant ainsi l’occasion de traduire leur collaboration et leur amitié sur disque, avec cet incroyable Tragic Magic.
En compagnie du producteur et ingénieur du son Trevor Spencer (Fleet Foxes, Beach House), déjà aux manettes du splendide Goodbye, Hotel Arkada de Mary Lattimore, les deux musiciennes de Los Angeles, peu de temps d’ailleurs après les immenses incendies qui ont ravagé leur ville, ont pu bénéficier du lieu et des instruments pour composer et enregistrer 7 pièces musicales néo-classiques et ambient absolument féériques.
A l’instar de la pochette, Tragic Magic nous donne le sentiment de pénétrer dans une forêt magique qu’on imagine bien habitée par quelques elfes et autres créatures imaginaires. Dans notre monde devenu fou, le disque devrait d’ailleurs être déclaré d’utilité publique tant les compositions de Julianna et Mary font du bien au cœur et à l’âme. Les premières notes de la harpe de Mary Lattimore nous projette dans un passé lointain, avant que le voix angélique et troublante de Julianna Barwick nous emmène dans une autre dimension, quasi-surnaturelle sur l’incroyable ouverture du disque, Perpetual Adoration, la bien nommée.
Le charme se poursuit avec l’hypnotique et entêtant The Four Sleeping Princesses, longue pièce minimaliste, comme si la forêt magique abritait quelques menaces dissimulées dans l’ombre, alors qu’une pluie salvatrice et des notes de synthés filant comme des perles de rosée sur la mélodie de Rachel’s Song, splendide reprise de Vangelis, viennent nous rappeler que Julianna Barwick ne peut-être qu’un ange pour posséder une telle voix.
Plus loin, les deux artistes reprendront également tout aussi magnifiquement Brian Eno (Temple Of The Winds), mais le disque atteint ses sommets sur leurs propres compositions, du mirifique Haze With No Haze, où la harpe laisse peu à peu sa place à des synthés comme une nappe de brouillard qui viendrait couvrir une cascade enchantée au surprenant et enjoué Stardust.
Une dernière cavalcade mystérieuse au son de Melted Moon et nous voilà au bout de ce Tragic Magic, abasourdis et ensorcelés par le talent unique de Julianna Barwick et Mary Lattimore.



