Musique

Miossec : La précieuse sagesse

Miosssec Stephane Losacco

Crédit Photo : Stéphane Losacco

Des années qu’il traîne sa carcasse sur les routes l’ami Christophe. Il n’aura pas été épargné par les coups de sang certes toujours sympathiques mais pas forcément maîtrisées. La furie des mots toujours en bouche pour faire valdinguer les instants bancals. Il revient pourtant remettre le couvert alors que l’on se demandait s’il pouvait encore bluffer son auditoire. Toujours accrocheur, un peu hâbleur mais jamais vaincu. Il avance encore puisque son périple sur les chemins d’Iroise et d’ailleurs n’est pas fini …

Il vient à peine de commencer et, en ce soir d’automne, c’est la salle briochine de La Citrouille qui vient l’accueillir. On le sent assagi, apaisé et indubitablement plus raisonnable.

Ancré sur son pied de micro, le couvre-chef vissé sur une caboche qui bouillonne encore. Toujours la truculence de l’auteur en exergue mais le décor est plus serein, les chansons qui s’enchaînent pour une ambiance de salon finement ciselée et intimiste. C’est d’ailleurs de cette proximité que naît la noblesse de son dernier album, Ici-Bas, Ici Même

La première partie du set laissant une grande place aux nouveaux titres. La force du lion a sans doute laissé place à la ruse du renard. L’orchestration en arrière-plan apporte un relief neuf aux histoires du breton. On y croise les thèmes habituels et romantiques du temps qui passe, la vie, la mort, aussi, toujours avec ironie et claquements de mains à défaut de cynisme cinglant. On a bu, baisé, brûlé et maintenant on vit tout simplement chaque instant comme une seconde d’éternité.

Du côté de l’humour canaille, le chanteur n’est toujours pas en reste et c’est notre François de Président (de passage télévisuel en ce 6 Octobre 2014) qui en sera le running gag

Il y a toujours eu chez Miossec cette part de poésie cachée derrière un simulacre frondeur mais à présent on ressent en lui de manière explicite cette sensibilité si évidente. Touchant alors de le retrouver si bien accompagné pour cette nouvelle prestation qui fit ce soir salle comble. Le message n’en est que plus audible car moi aussi (et fort heureusement) j’ai calmé mes ardeurs depuis les premières canonnades arrosées. On grandit de ses erreurs et de ses frasques. Vingt années se sont écoulées et le plaisir est finalement intact mais il a intelligemment évolué avec nous.

La seconde partie du set confère plus d’espace aux anciens morceaux du finistérien. Sublime adaptation de ces derniers pour un univers qui oscille entre cabaret armoricain et soirée autour d’un feu de bois. S’y glissent parfaitement le jeu de contrebasse d’Hugo (sans doute un acolyte du matou Thomas O’ Malley) et les vocalises exquises de la charmante Nathalie.

Frissons  quand survient le final du titre A Montparnasse. Je ressens alors une vaste montée d’adrénaline. Cette bouffée de chaleur que l’on inspire et qui ne retombe toujours pas au lendemain de cette soirée unique.

Titre que l’on retrouve ici sur un autre événement de la tournée :

 

 

On aura été gâté par la contagion des mots et des sons sur La Mélancolie, la rage masculine sur Le Défroqué, les chuchotements subtils de l’incontournable Je m’en Vais, la rythmique sémillante de Rose, Le refrain entêtant et chanté à l’unisson sur La Facture d’Électricité… Le public est ravi et c’est tout naturellement que l’artiste revient pour une version solo, touchante et amusante de bières qui aujourd’hui encore s’ouvrent manuellement …

Une version revisitée de Brest pour une pensée souriante envers mon jeune fils (qui me demande chaque matin de repasser le titre en boucle). C’est avec les arrangements classieux de Que Devient Ton Poing Quand Tu Tends Les Doigts que le silence reprend ses droits.

Sentiment ambivalent alors, entre le ravissement du moment tout juste passé et une certaine nostalgie à l’idée de son achèvement. Le signe en fait d’un spectacle sans bavure. Retrouver alors des amis autour d’un verre puis rencontrer l’aimable personne sans qui cette soirée n’aurait été possible pour moi. Le sentiment alors d’avoir vécu un instant précieux.

 

SETLIST:

– Samedi soir au Vauban
– Bête, comme j’étais avant
– Nos morts
– Répondez par oui ou par non
– La fidélité
– Essayons
– Le cœur
– Qui nous aime
– Je m’en vais
– Le Plaisir, les Poisons
– On vient à peine de commencer
– Le défroqué
– À l’attaque !
– La facture d’électricité
– A Montparnasse

1er RAPPEL :

 – Ce qui nous atteint
– Seul ce que j’ai perdu
– Rose
– La Mélancolie
– Des touristes

2ème RAPPEL :

– Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement (solo)
– Brest
– Que devient ton poing quand tu tends les doigts

 

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