Chronique Musique

L’amour selon Other Lives

Nos vies quotidiennes sont actuellement si bouleversées qu’il est difficile d’oublier le contexte actuel et que chaque écoute de disque est forcément prise sous cet angle particulier. Le retour, après 5 ans d’absence d’Other Lives est, dans ce sens, une bénédiction tant l’envie de grands espaces et d’amitiés sincères est grande.

Leur nouvel album s’appelle For Their Love et nous donne en effet beaucoup d’amour, et rien que pour cela, il nous fait du bien !

Other Lives

Le trio de Stillwater consitué de Jesse Tabish, Josh Onstott et Jonathon Mooney, complété pour l’occasion par Kim, la femme de Jesse et par le batteur de Shearwater, Danny Reisch, a enregistré For Their Love dans l’Oregon, dans une grande maison qui orne la pochette du disque et que l’on peut presque visiter dans le clip de Hey Hey I, perdue dans la forêt.

Exit donc Portland, lieu de création du monstrueux Rituals et retour aux sources bucoliques pour un album à l’aspect plus modeste, aussi bien dans sa durée (37 minutes) que dans sa construction et son orchestration. Cela reste néanmoins du Other Lives pur jus avec ces 10 nouvelles chansons qui vous donnent le sentiment de vous retrouver figurant, sur un cheval lancé à pleine vitesse, poursuivi par la caméra de John Ford.

Les chansons d’Other Lives ont toujours oscillé entre petites tranches de vie et envolées « bigger than life ». For Their Love se rapproche ainsi du fabuleux Tamer Animals sorti en 2011 et nous emballe à la fois par son envergure et sa simplicité, il évite le trop plein qu’on pouvait parfois ressentir à l’écoute de Rituals.

Si Jesse Tabish reste le leader incontestable, le groupe avance ici plus regroupé, plus compact, allant même jusqu’à produire lui-même le disque, avec Jonathon Mooney dans le rôle d’ingénieur du son.

Le quatrième album du groupe s’ouvre sous une pluie de cordes par le superbe Sound Of Violence, sur lequel la voix désenchantée de Jesse fait des merveilles et nous embarque déjà loin dans les nuages.

La tension monte d’un cran avec Lost Day, entre rage et désespoir, c’est beau, un ange en colère, comme nous le confirmera par la suite Cops et son imparable refrain : Ah You Really Fucked It Up This Time. Hey Man, You Really Let Us Down.

L’ample All Eyes/For Their Love est belle comme du Morricone et met en valeur le talent mélodique du groupe, capable de retomber sur ses pattes après ce voyage dans les étoiles sur l’émouvante folk song Dead Language.

Nouveau coup d’accélérateur avec Night’s Out illuminé par les chœurs de Kim qui fera des merveilles plus loin sur le tubesque et lyrique Hey Hey I, qu’Arcade Fire aurait adoré écrire. Ensuite, on ferme les yeux et on s’imagine en Lucky Luke remontant vers le soleil couchant sifflotant l’air céleste de We Wait.

Who’s Gonna Love Us symbolise parfaitement le propos de For Their Love, sombre et lumineux à la fois, comme cette fameuse lueur au bout du tunnel, qu’on finit par entrapercevoir à la toute fin du splendide Sideways : And it‘s a cold night but it‘s bright cause you‘re the one.

L’album est magique de bout en bout, on en vient même à penser qu’il surpasse Tamer Animals. Other Lives réussit là un grand coup et un disque majeur !


 

For Their Love – Other Lives

 

PIAS – 24 avril 2020

 

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Image bandeau : Will Walle et Taylor Grey

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