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Patrick Watson rêve-t-il de moutons électriques ?

Écrit par Beachboy

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Quand on s’appelle Patrick Watson et qu’en quelques années on a enchaîné Close To Paradise, Wooden Arms et Adventures In Your Own Own Backyard, forcément, on arrive à se poser quelques questions sur la suite de ses aventures et sur la manière dont on doit s’y prendre  pour rester à un tel niveau stratosphérique. Soit on ne change rien et l’excellence perpétuelle finira par lasser, soit on change tout avec le risque de tout perdre.

Avec Love Songs For Robots, son nouveau disque, Patrick Watson semble trouver les clés pour continuer à nous satisfaire tout en emportant les quelques touches innovantes  pour nous maintenir en alerte. Le thème du disque est déjà là pour nous surprendre, on imaginait mal Patrick Watson en fan de Philip K. Dick ou Ridley Scott et pourtant c’est bien l’univers de Blade Runner qui alimenta l’imagination de Patrick Watson et ses sbires au moment de s’atteler à ce cinquième album. Le ton se fait donc plus sombre, plus urbain, les synthés (tenus par François Lafontaine de Kwarka) font leur apparition alors que les violons ont été remisés au placard, le folk rock pastoral se fait souvent groovy et soul (Hearts ou Turn Into The Noise). L’album dans son ensemble n’est pas sans rappeler l’univers de Timber Timbre alors que le sujet du disque fera naturellement écho au Everyday Robots de Damon Albarn .

Autre changement notable, c’est dorénavant Joe Grass qui tient le manche de la 6cordes depuis que Simon Angell, le guitariste a décidé de se consacrer à Thus Owl et s’installer en Suède. Néanmoins malgré cette pluie de synthés venus d’ailleurs, on est bien chez Patrick Watson, la voix tout d’abord, reconnaissable entre toutes qui monte haut si haut  comme un fragile rossignol à bout de souffle  particulièrement impressionnante sur Turn Into The Noise, le meilleur morceau de l’album. Ensuite  les mélodies sont toujours aussi riches et tortueuses à l’instar du splendide Good Morning Mr. Wolf  (Mercury Rev meets Sufjan Stevens) ou le final Places You Will Go.

 

Les morceaux sont longs et complexes, à la limite du progressif surtout sur la deuxième partie de l’album alors qu’un Bollywood, autre sommet du disque, nous plonge dans la soul teintée d’électro 70’s avant de laisser sa place à  Heart, bouleversante et aérienne folk song et la pop Grace. Malgré ce foisonnement permanent, Love Songs For Robots est remarquable d’unité et de précision, conçu comme un voyage dans le temps et l’espace dans l’espoir de concilier âme humaine et évolution technologique.

Cette volonté de concevoir cet album comme un tout, à la manière d’un orfèvre qui ne néglige aucun rouage, aucune petite pièce pourra rebuter certains, trop pressés pour plonger dans cet univers foisonnant. Cela sera bien dommage pour eux, tant c’est un plaisir de se laisser absorber par cette voix lumineuse et ces mélodies ciselées. Patrick Watson arrive ainsi à nous convaincre que dans chaque robot, il y aura un coeur qui bat.

Love Songs For Robots est disponible depuis le 11 mai chez Domino et Secret City records

 

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