
Prolapse
I Wonder When They’re Going To Destroy Your Face
Tapete Records / Bigwax
29 août 2025
On a beau s’être habitué aux retour régulier d’anciennes gloires musicales des années 90, certaines annonces de reformation nous laissent quand même pour le moins interloqués et quelque peu circonspects, il faut bien le dire. Celle de Prolapse, groupe mythique de Leicester, 26 ans après leur dernier album, l’indispensable Ghosts Of Dead Aeroplanes (1999), fait partie de cette dernière catégorie.
Une création en 1991, un premier album, Pointless Walks to Dismal Places, 3 ans plus tard, suivi de Backsaturday et de The Italian Flag jusqu’au tout dernier, le sextet post-punk/krautrock pliait les gaules sur un dernier cri primal, qu’on croyait définitif . Certes le groupe recommença à tourner en 2015, toujours mené par la doublette vocale Linda Steelyard/Mick Derrick dans une certaine confidentialité, il faut bien le dire, car Prolapse s’est toujours glissé dans les recoins les plus sombres et en marge de la scène indépendante, bien qu’ayant partagé la scène avec des contemporains bien plus célèbres comme Arab Strap ou Stereolab.
Au final, peu importe les années, Prolapse est de retour et c’est déjà une bonne nouvelle, rien que le nom de l’album, I Wonder When They’re Going To Destroy Your Face, nous annonce qu’on va s’en prendre encore plein les esgourdes !
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que le titre de l’album est parfaitement choisi, The Fall Of Cashline nous prend à la gorge comme aux plus beaux jours, les guitares rageuses, la batterie frappée comme une enclume et ces deux voix, une masculine, une féminine, aussi rageuses et enflammées l’une que l’autre.
Entre chant et incantation, Linda et Mick se démènent comme de beaux diables pour couvrir le rouleau compresseur de leurs compères, même quand ils s’essayent à une mélodie plus évidente comme le génial Cha Cha Cha 2000. L’album plonge par la suite dans les tréfonds, enchaînant 3 longs morceaux puissants, à la limite de la suffocation et de l’implosion, Err On The Side Of Death, Ghost In The Chair et On The Quarter Days.
Quelque part entre The Fall et Arab Strap, avec quelques influences krautrock à la Faust, qui a d’ailleurs excellemment remixé le volcanique Ectoplasm United, Prolapse hurle sa rage et fracasse le mur du son, du bien nommé Cacophony In C au très punk Jackdaw.
Un A Forever un peu plus calme achève magnifiquement I Wonder When They’re Going To Destroy Your Face, comme si le groupe de Leicester nous donnait quelques bisous après nous avoir génialement explosé la tronche !



