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Robert Forster joue ses chansons

Ecrit par Beachboy

 

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Robert Forster avait décidé de faire un long break de 5 ans à la suite de la sortie de son magnifique The Evangelist. Au final, il nous fallut attendre 7 ans avant de le retrouver aujourd’hui avec Songs To Play, son nouvel album.  The Evangelist marquait la fin d’une aventure de près de 30 ans et le décès de son plus fidèle compagnon Grant MacLennan en 2006.

Pour nos plus jeunes lecteurs, rappelons juste que Grant et Robert furent les géniaux alter-ego de The Go-Betweens, groupe australien, qui nous donna 9 albums entre 1982 et 2005, dont quelques chefs d’œuvre comme l’immense 16 Lovers Lane, indispensable à toute bonne discothèque qui se respecte.

Songs To Play, son nouvel album solo, est donc un nouveau départ pour le sémillant jeune homme de 58 ans. Enregistré proche de chez lui, à Brisbane, Robert Forster s’est entouré de jeunes musiciens : Scott Bromley et Luke MacDonald de The John Steel Singers, dont il produisit l’album Everything’s A Thread en 2013, ainsi que Matt Piele à la batterie et la violoniste Karin Baumler qui lui prête également sa voix.

Alors que  The Evangelist était un puits sans fond d’émotions brutes et élégantes, Songs To Play, comme son titre le laisse penser, se fait bien plus léger et gai. Robert Forster voulait se refaire une jeunesse et c’est une vraie réussite, les guitares sautillent, le violon virevolte et le groupe semble vraiment s’amuser, on a même droit à une jolie bossa-nova avec Love Where It Is alors qu’une trompette mariachi à la Calexico illumine le splendide A Poet Walks.

Malgré tout, l’album est très classique, on retrouve le Robert Forster, qu’on a toujours apprécié, fin parolier et subtil mélodiste, dans cette veine pop folk qui lui sied si bien, à l’instar de Let Me Imagine You, qu’on aurait bien vu sur les derniers disques de The Go-Betweens.

Dès l’intro de Learn To Burn, on replonge direct, le sourire en coin, dans l’univers du distingué australien, rythmique impeccable, la voix toujours aussi claire et chaude, Bob Dylan a l’idée géniale de s’entourer des Feelies. Songwriters On The Run (quel titre !) ralentit le tempo et se fait à 2 voix, And I Knew ou Turn On The Rain nous rappelle qu’une simple voix et quelques notes de guitares peuvent nous réchauffer le cœur autant qu’elles nous le serrent, l’ombre de Townes Van Zandt nous regardant de la haut avec son sourire triste.

Les légers et bondissants I’m So Happy For You et I love Myself (And I always Have) achèvent de nous convaincre que ce monsieur a de l’humour, un certain génie pour trouver des titres de chansons et tout simplement un sacré don pour plier 10 bonnes chansons, sans effort apparent. Le magnifique Disaster In Motion finit en point d’orgue cet album, tendu, puissant et émouvant avec ces What We Had en tornades fatales jusqu’à la dernière note.

Songs To Play est un magnifique disque, simple et parfaitement ouvragé par l’un des plus grands songwriters de ces 30 dernières années. L’album est disponible depuis le 18 septembre chez Tapete Records.

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