Chroniques Musique

Wire, Or et argent

S’il me venait l’idée saugrenue de m’engager dans de savants calculs pour déterminer quel groupe cumule longévité et talent depuis que le rock existe, il est fort à parier que les londoniens de Wire trusteraient les premières places.

40 ans après la sortie du séminal Pink Flag, Wire nous offre Silver/Lead, un impeccable quinzième album et fait rimer constance et excellence.

Certes, la carrière de Colin Newman et compagnie a parfois connu des chemins tortueux et vécu quelques passages à vide. C’est d’autant plus remarquable de les retrouver aujourd’hui, la soixantaine bien tassée, pour une suite d’albums tout à fait remarquables depuis 2010, l’urgence inventive de la fin des années 70  a fait place à une relecture approfondie et audacieuse de l’univers Wire tel que Colin Newman, Bruce GilbertGraham Lewis et Robert Grey l’ont imaginé à coups de rythmiques répétitives et saccadées et de guitares explosives.

Bruce Gilbert a depuis longtemps quitté le groupe, c’est le bien plus jeune et chevelu Matt Simms, ancien leader des trop méconnus It Hugs Back qui le remplace à la guitare, et ce, depuis l’excellent Red Barked Tree, sorti en 2010. Ce regain de forme s’affiche clairement au grand jour avec un rythme de parution (5 albums en 7 ans) assez frénétique et inédite pour nos vétérans du Post-Punk.

Moins frénétique, plus énigmatique, Silver/Lead nous permet de retrouver Wire dans une veine mélodique proche de 154, soit 10 morceaux mid-tempo, où les guitares se concentrent autour de la voix douce et nimbée de mystère de Colin Newman.

Pour ce nouvel exercice, Wire se fait bien sûr moins explosif et inventif, certains pourraient même leur reprocher une certaine uniformité alors que d’autres, dont je fais partie, y voient fluidité et précision. le groupe semble en effet dérouler le même fil comme on se plait à relire quelques passages de nos romans préférés, pour nous retrouver dans un univers à la fois familier et cependant étrange pour qu’on s’y donne la peine d’y revenir.

Ainsi Diamonds In Cups nous renvoie à Map Ref 41 Degrees 93 Degrees W, alors que Playing Harp For The Fishes en ouverture ne finit pas de nous intriguer, avant l’explosif Short Elevated Period, le morceau le plus immédiat de l’album, digne rejeton de leurs légendaire trilogie.

Les titres s’enchaînent ainsi, classiques, sombres et mystérieux pour un groupe qui, décidément, ne saura jamais se reposer sur ces lauriers et continue son petit bonhomme de chemin, loin peut-être des néons de la gloire factice des hit-parades, mais toujours indépendant et surprenant.

Silver/Lead est disponible depuis le 31 mars chez Pink Flag, le propre label de Wire.

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