Chroniques MusiqueRétrorama

15 avril : 1977, sortie de « Rattus Norvegicus » de The Stranglers

Premier album des hommes en noir

Créé quelques années auparavant du coté de Guildford, au sud-est de Londres, et après avoir écumé les clubs tout d’abord avec des reprises puis leurs propres compositions, The Stranglers sortent en ce 15 avril 1977 leur premier album dans une Angleterre qui ne va pas tarder à être secouée par un raz de marée musical aussi violent qu’éphémère.

The Stranglers
pochette recto – le IV fait référence au nombre de musiciens dans le groupe

Lorsque paraît ce Rattus Norvegicus – empruntant son nom à un animal autrement vulgairement appelé rat d’égout – l’EP New Rose des Damned et le premier album éponyme des Clash (sorti le 8 avril) ont déjà atterri dans les bacs. Quant à lui, le légendaire Never Mind… des Sex Pistols n’arrivera que quelques mois plus tard, en octobre. La vague punk frémit, elle ne va plus tarder à déferler sur la Perfide Albion puis rapidement s’étendre au-delà des frontières sur un monde médusé.

Mais ce n’est pas parce que les Stranglers émergent en 1977 au moment où fleurissent les crêtes colorées et les épingles à nourrice sur les Perfecto qu’ils doivent pour autant être classés comme punks. Ils n’en ont au contraire que peu d’attributs : ni par leur culture musicale (la plupart des musiciens du groupe a une formation académique en la matière) ni par leur niveau d’éducation, bien supérieur à la moyenne. Alors que la mode est aux groupes improvisés et aux morceaux dépassant rarement plus de 2 minutes 30 tenant sur 3 accords, les Stranglers montrent dès ce premier album une sophistication dans les compositions peu commune pour l’époque. Ils n’hésitent pas à mettre en avant harmonies et claviers, et surtout s’inscrivent dans une ligne musicale à l’intersection de plusieurs courants (Hugh Cornwell et Dave Greenfield étaient amateurs de psyché et de rock progressif, Jean-Jacques Burnel de blues) de laquelle ils ne dévieront plus tout au long d’une discographie très riche.

Dès sa sortie, l’album reçoit un accueil enthousiaste du public, se classant dans le top 5 des charts britanniques. Les Stranglers sont désormais un groupe en vue. Ils capitaliseront immédiatement sur cette notoriété naissante en sortant à la suite un deuxième album (en septembre !), No More Heroes, dont une partie des titres était déjà prête car enregistrée pendant les prises de Rattus Norvegicus.

Pour les singles ce sont (Get a) Grip (on Yourself) et Peaches qui sont choisis. Le premier sortira en 45 tours avec London Lady sur sa face B alors que le second, paru en mai 1977, sera accompagné du morceau Go Buddy Go dont la particularité est qu’il ne figure pas sur l’album initial. Il faudra attendre une réédition en CD un peu plus tard (en 2001) pour pouvoir le réécouter, le support permettant une plage d’écoute plus longue qu’à l’époque sur vinyle.

On a pu se demander pourquoi ce qui est le titre peut-être le plus accrocheur de l’album et qui deviendra un classique  tant il regroupe à lui tout seul le son des Stranglers, à savoir Hanging Around, n’est jamais sorti en single. La raison en est simple : le groupe était déjà occupé à finir l’enregistrement de l’album suivant et n’a jamais eu le temps pour une troisième mise en avant !

44 ans après sa sortie, Rattus Norvegicus tient toujours une place à part, non seulement dans le cœur des fans des Stranglers, mais également dans la discographie du groupe. En témoigne la setlist de leur dernier passage à l’Olympia à Paris il y a un an et demi, en novembre 2019, dans laquelle il n’y avait pas moins de 4 titres de ce premier album, plus que d’aucun autre.

On connait la suite de leur carrière, émaillée de classiques comme Golden Brown ou Always the Sun. Tout ceci confère au groupe un record de longévité que très peu d’autres formations nées dans années 70 sont encore en mesure de pouvoir lui contester.

Line-up du groupe pour ce disque (produit par Martin Rushent) : Hugh Cornwell (guitare, chant), Jean-Jacques (JJ) Burnel (basse, chant), Dave Greenfield (claviers), Jet Black (batterie)

 

 

Rattus Norvegicus – The Stranglers

Site webFacebookInstagramTwitter

 


 

crédit image mise avant : Stranglers France Service sous licence Wikimedia Commons 

 

  •  
    25
    Partages
  • 25
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page