Cinéma Rétrorama

1er juin : 1926, naissance de Marilyn Monroe

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Certains l'aiment chaud/Billy Wilder/1959

Nom : Norma Jean Baker. Date de naissance : 1er juin 1926. Profession : actrice et chanteuse. Nom de scène : Marilyn Monroe.

Marilyn Monroe, c’est cette jeune femme blonde aux courbes généreuses qui a fait rêver des millions d’hommes et de femmes à travers le monde et dont on fête aujourd’hui l’anniversaire. Je ne parlerai pas d’elle cependant, ou peu : nous connaissons tous Marilyn le sex-symbol. L’actrice. L’icône.

Je ne parlerai ni de son enfance difficile, ballottée entre plusieurs familles d’accueil, ni de son premier mariage à 16 ans, qui signa le début d’une vie personnelle chaotique.

Ni du second avec le célèbre joueur de base-ball Joe DiMaggio et du succès rencontré par Les Hommes préfèrent les blondes (1953) de Howard Hawks.

Ni de Sept Ans de réflexion de Billy Wilder en 1955, dont nul n’a oublié cette scène d’anthologie dans laquelle la jeune femme retient sa robe blanche, qui s’envole au-dessus d’une grille de métro…

Ni de son troisième mariage avec Arthur Miller et de l’interruption de grossesse qui la fit sombrer dans la dépression. Ni de sa performance dans le formidable Certains l’aiment chaud en 1959 de Billy Wilder, qui valut à la star le Golden Globe de la meilleure actrice.

Ni de sa prestation au Madison Square Garden en mai 1962, où elle chante ivre morte « Happy Birthday, Mr President » au président J.F. Kennedy, alimentant les rumeurs d’une liaison et précipitant sa chute.

Ni de sa mort tragique dans la nuit du 4 au 5 août 1962, à l’âge de 36 ans, un téléphone à la main, victime d’une overdose de barbituriques. Ou de la fureur des hommes, nul ne le saura jamais…

Non, je ne parlerai pas de cette Marilyn-là, désirée par les hommes, haïe par leurs femmes, dont la vie a été disséquée par des dizaines de biographes.

Je préfère vous parler de Norma Jean la secrète, la fragile, la méconnue.

Celle qui prenait des cours de théâtre avec les époux Strasberg, devenus ses plus fidèles amis.

Celle que ceux qui n’ont jamais tenté d’approcher « le mystère Marilyn » ignorent souvent : une jeune femme intelligente, cultivée et douée pour l’écriture, qui n’avait de cesse d’apprendre et de se dépasser. Une jeune femme profondément blessée, qui a souffert tout au long de sa courte existence d’une immense solitude et d’un besoin d’amour et de reconnaissance insatiables.

Cette Norma Jean-là prend des cours du soir de littérature à l’université, lit James Joyce, Jack Kerouac, Gustave Flaubert, découvre les grands classiques de la littérature mondiale.

Se passionne pour les peintres italiens de la Renaissance, réfléchit avec une exigence sans faille aux rôles qu’on lui demande d’incarner. Se livre jour après jour dans des carnets intimes bouleversants, que je vous engage vivement à découvrir si ce n’est déjà fait : les fameux Fragments, textes écrits entre 1943 et 1962, publiés par les éditions du Seuil en 2010, qui mettent en lumière une Marilyn totalement ignorée du grand public.

C’est ainsi que j’ai moi-même véritablement découvert un être dont je ne savais pas grand chose. Non que j’aie jamais eu d’elle une image d’écervelée inconséquente, les entretiens et les témoignages de ses proches prouvant le contraire depuis toujours. Mais je ne m’étais jamais intéressée de près au personnage, sinon en me plongeant dans les formidables et romanesques Blonde, de Joyce Carol Oates, et Marilyn dernières séances, de Michel Schneider.

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La voilà donc, bouleversante de lucidité et de sincérité, écrivant des poèmes emplis de grâce et d’émotion. Tour à tour amoureuse. Malheureuse. Euphorique. Perdue. Doutant terriblement d’elle-même et de sa capacité à être aimée. Une Marilyn entre « vitalité et désespoir, aspiration au bonheur et fatigue d’être soi, désir farouche d’indépendance vis-à-vis du regard des autres et solitude déchirante ».

Un être fragile, ange blond aux ailes délicates, sujet à une perpétuelle introspection et dotée d’une véritable créativité, que les studios d’Hollywood ont tenté les premiers de réduire à l’image de blonde pulpeuse et sans cervelle.

C’est cette Marilyn-là que j’aimerais célébrer aujourd’hui et que je vous souhaite de rencontrer…

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