Écrans Éphéméride

23 novembre : 1978, première diffusion de « Candy »

« Au pays de Candy comme dans tous les pays, on s’amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils »….

Nombreux sont les enfants des années 70 et 80 à avoir suivi avec émotion des aventures de cette fillette au cheveux blonds bouclés et au visage constellé de tâches de rousseur, idole de toute une génération, comme bien d’autres héros de dessins animés de l’époque. Parmi ces héros, Candy reste certainement celle qui nous aura fait verser le plus de larmes, avec son destin tourmenté, digne d’un roman de Victor Hugo ou de Charles Dickens. Car rien ne sera épargné à la petite orpheline, qui devra surmonter bien des épreuves au fil des 115 épisodes qui seront diffusés dans le mythique Récré A2 entre 1978 et 1979.

Avant d’être le dessin animé que l’on connaît, Candy est un manga en neuf volumes, un « shôjo » comme on appelle les histoires romantiques destinées aux jeunes filles, écrit et dessiné par Kyoko Mizuki et Yumiko Igarashi. Première série du genre à être apparue en France, le manga n’a été disponible chez nous qu’à partir du début des années 1990, alors que Candy était déjà l’un des personnages les plus populaires du royaume de la jeunesse, à l’instar de Goldorak.

Face à l’immense succès de la série animée, Candy aura droit à plusieurs génériques, dont le plus célèbre reste l’original : « Au pays de Candy », chanté par la merveilleuse Dominique Poulain, ex-choriste de Claude François et immense star des génériques à l’époque. L’artiste a également interprété « Le Rêve de Candy », avant que Dorothée ne s’empare des paroles et ne change la musique lors du passage sur TF1. Entre temps, « Qu’elle est loin ton Amérique » a également été le générique de nombreux épisodes, et fait pas mal pleurer dans les chaumières.

La vie de la petite Candy n’a rien d’un long fleuve tranquille, et sans doute est-ce ce qui la rend aussi attachante. Trouvée un jour de neige devant l’orphelinat où elle grandira, d’où son nom de Candy Neige, elle grandit dans la fameuse Maison de Pony entourée de l’affection de Mademoiselle Pony, la directrice, et de Sœur Maria. Candy forme un duo inséparable avec sa sœur de cœur la brune Annie, trouvée le même jour qu’elle dans la neige, aussi timide et craintive que notre blonde petite Candy est extravertie et  téméraire.

Souvent qualifiée de garçon manqué, Candy grimpe aux arbres, court à perdre haleine, se bat avec les garçons et pratique le lasso. Toujours flanquée de Capucin, son raton-laveur, qui la suivra dans toutes ses aventures, elle possède un caractère joyeux. Espiègle et très astucieuse,  sa spontanéité légendaire n’est pas toujours appréciée. Adoptée comme demoiselle de compagnie par l’horrible famille Legrand, sorte de Thénardiers richissimes, elle est martyrisée par les enfants de la maison, Daniel et Elisa, avant d’être finalement adoptée à douze ans par William André, le chef du clan auquel appartiennent les Legrand.

Entre-temps, elle fait la connaissance d’un autre parent des André, Anthony Brown, qu’elle confond tout d’abord avec le « prince de la colline » rencontré à l’âge de six ans. Ils sont attirés l’un par l’autre mais le garçon meurt d’un accident de cheval durant une chasse au renard. La vie n’est décidément pas tendre avec la fillette, qui semble destinée à perdre tout ceux qu’elle aime et ne jamais pouvoir trouver le bonheur depuis son départ de l’orphelinat.

Candy est donc envoyée dans un pensionnat religieux en Angleterre pour y devenir une « lady », où elle sera souvent confrontée à la dureté et à l’incompréhension de la directrice, la terrible mère supérieure. Elle y rencontre le beau et rebelle Terence Grandchester, dont elle tombe passionnément amoureuse. Les sentiments sont partagés mais ce dernier part pour les États-Unis se lancer dans une carrière d’acteur, ce qui pousse Candy à choisir sa voie et à devenir infirmière. Ses espoirs de vivre son amour avec Terence s’évanouissent lorsqu’elle doit se sacrifier au profit de sa rivale Susan, qui, en sauvant Terry de la mort, a perdu l’usage de ses jambes. Outre son renoncement à Terence, elle doit souffrir la perte de son ami Alistair, mort à la guerre, mais finit par rencontrer son mystérieux protecteur, William André et à retrouver son prince sur sa colline…

Entre rires et larmes, l’humour étant aussi très présent dans la série grâce à l’étourderie et à la spontanéité de l’héroïne, romantisme et tristesse, Candy a conquis toute une génération avec son héroïne attachante et courageuse qui ne renonce jamais malgré les chagrins, et dont on se demande comment elle parvient à surmonter toutes les épreuves. Quel dommage que la fin, totalement ratée et abracadabrantesque, ne nous aie pas permis de voir triompher l’Amour ! Immense déception pour des millions de fans, à tel point que certains pays décidèrent de la modifier !

Autre regret que je confesse : les sempiternelles couettes que notre héroïne portera de 4 ans à 18 ans, avec les mêmes nœuds rose bonbon ridicules. On eut préféré la voir se transformer en jeune fille en arborant une coiffure moins bébête. Mais me direz-vous, que serait Candy sans ses couettes…  Les dessinateurs s’étant déchirés sur la « paternité » de Candy et leurs héritiers continuant à faire de même, on ne trouve aujourd’hui hélas ni le manga, ni le coffret DVD, que nombre d’entre nous auraient pourtant souhaité transmettre à leur progéniture ou regarder à nouveau avec un immense plaisir. Souhaitons qu’un jour prochain, nous puissions retrouver celle qui fut une amie chère à nos cœurs d’enfants.

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