Chronique Musique

Animal Collective et de 10 !

On ne change pas une formule qui gagne, enfin c’est vite dit quand on parle d’Animal Collective, les rois du virage à 180°, les zinzins du 21ème siècle, les frappadingues du contre-pieds sous acides.

Il n’empêche, depuis l’élégiaque Merriweather Post Pavilion, Animal Collective s’est engagé sur une nouvelle voie plus festive et hédoniste, moins barrée quoique la folie n’est jamais quand même très loin de frapper à la porte du studio et leur nouvel album enfonce définitivement le clou.

Painting With, leur dixième album continue en effet dans cette ambiance haute en couleurs et en parlant de studio, c’est aux fameux EastWest Studios à Los Angeles que leur nouveau disque fut enregistré, là même où les Beach Boys gravèrent Pet Sounds, le plus grand disque de tous les temps (foi de Beachboy !), histoire de payer leur tribut à Brian Wilson, leur  maître absolu.

animal collective

Pour cette nouvelle aventure, Animal Collective se présente en rang serré puisque Deakin a semble-t-il de nouveau perdu le chemin du studio, on retrouve donc David Portner (Avey Tare), Noah Lennox (Panda Bear) et Brian Weitz (Geologist) aux commandes.

Lors de leur tournée à venir (le 09 avril à La Cigale !), ils seront accompagnés de l’excellent batteur Jeremy Hyman, en vacances de Ponytail et une fois n’est pas coutume, Animal Collective a invité quelques invités de marque pour faire les mariolles avec eux.

Sur le superbe Lying In The Grass, c’est l’immense Colin Stetson qui vient s’amuser avec les enfants dans une farandole multicolore et Monsieur John Cale s’invite également à la fête en bidouillant quelques sons électroniques sur Hocus Pocus aussi tordu que tordant.

Animal Collective, dispersé entre Lisbonne et Los Angeles a eu en effet de drôles d’idées en tête avant de se lancer dans la composition de ses 12 nouveaux titres, des dinosaures envahissent le studio, des images d’hommes des cavernes dansant autour du feu s’incrustent dans leurs cerveaux malades. On rajoute une pointe de cubisme et une pincée de Ramones et on mélange le tout pour 40 minutes explosives, bourrées d’effets, de samples et de fulgurances mélodiques.

La référence aux Ramones ne s’entend bien sur pas dans le style musical, Panda Bear et compagnie n’ont pas viré punk et continuent joyeusement à mélanger pop futuriste, expérimentations électroniques et psychédélisme. Non, c’est surtout dans cette recherche de concision et d’urgence bouillonnante que le parallèle peut se faire. Les titres sont relativement courts et remplis jusqu’à plus soif comme s’ils avaient compacté Brothersports et Applesauce en 12 vignettes fulgurantes.

Les chansons sont explosives, rythmées et diaboliques, seules Golden Gal et Lying On The Grass nous laissent quelque peu reprendre notre souffle. Ailleurs, c’est un véritable déchaînement de samples et de rythmes colorés qui nous tombe dessus, à commencer par le formidable Floridada, en ouverture. Panda Bear et Avey Tare mélangent, trafiquent et empilent leurs voix tels deux diablotins malicieux.

Hocus Pocus nous emmène ensuite en ballade sur le dos d’un Diplodocus, Vertical file tel un petit oiseau supersonique droit vers les étoiles, The Burglars et Natural Selection nous laissent sur le carreau et ainsi de suite jusqu’à l’harmonieux Recycling, bijou pop des temps modernes.

Animal Collective réussit encore son coup, avec cet album foisonnant, éclectique et lumineux, les réfractaires à leur style devraient encore rester à la porte mais les fans vont se gaver avec gourmandise de ses Bagels In Kiev.

Painting With est disponible (sous 3 pochettes différentes dessinées par Brian DeGraw, le clavieriste de Gang Gang Dance) chez Domino Records depuis le 19 février.

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