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Des forêts et des hommes, « L’arbre monde » de Richard Powers

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Dikaseva/Unsplash
Ecrit par Gringo Pimento

J’entretiens une relation ambivalente avec principalement deux auteurs : T.C. Boyle et Richard Powers. Quand est annoncée une nouvelle œuvre de ces deux écrivains, je me précipite. Pourtant, il m’arrive d’être déçu. Souvent. Mais je continue de les suivre tous les deux. Il faut dire que je considère Le temps où nous chantions de Richard Powers comme un véritable chef d’œuvre. Quant à Boyle, son Riven Rock ou son Water Music restent de grandes et merveilleuses références pour moi.

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Attaquer la lecture de L’Arbre-Monde ne fût pas sans une petite appréhension. D’autant que les critiques étaient quasiment toutes dithyrambiques. Vous vous doutez bien que si Addict Culture publie ces mots, c’est que je rejoins le concert de louanges à propos de ce beau livre. Il ne m’a pas fallu longtemps pour rentrer dans l’histoire. Quelques pages. Pas plus.

Powers (et en cela il m’a, là, beaucoup fait penser à T.C. Boyle) démarre son roman comme une suite de nouvelles. Plusieurs personnages sont présentés au fil des pages ; quand nous commençons à nous familiariser avec l’un d’eux, un autre prend le relais. C’est la première partie : « Racines« .

Nous retrouverons petit à petit, tous ces héros dans les parties suivantes : « Tronc », « Cime » ou « Graines ». Chacun tisse un lien particulier avec les arbres et avec la société. Du jeune surdoué en informatique à une miraculée qui entend les arbres lui parler. Et donc, tous, aiment les arbres ou veulent les sauver ainsi que les forêts. Comment s’y prendront-ils ? Pour le savoir, il faut se lancer dans l’aventure de L’Arbre-Monde.

Vous ne le regretterez pas.

Comme toujours, Powers s’est documenté. L’érudition est belle et bien présente. Nous apprenons tout un tas d’informations sur les arbres, leur passé, leur avenir, nos points communs. Il y a ce propos de très beaux passages.

« Son père est son eau, son air, sa terre et son soleil. Il lui apprend à voir un arbre, ce fourreau vivant de cellules sous chaque centimètre carré d’écorce qui fait des choses qu’aucun homme n’a encore saisies. »

L’Arbre-Monde est un roman écologique qui nous incite à la réflexion. Car l’homme ne survivra pas sans les arbres.

« L’arbre dit des choses, en mots d’avant les mots. »

Richard Powers nous incite à changer notre point de vue et à inverser le cours des choses. S’il pouvait être entendu par le plus grand nombre…

 

L’Arbre-Monde de Richard Powers
traduit de l’anglais (américain) par Serge ChauvinCherche Midi – septembre 2018

 

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