Chronique Musique

Bambara, sacrée descente à la cave !

Il faut avoir le cœur bien accroché pour se mettre entre les oreilles, Stray, le nouvel album des Américains de Bambara.

La mort rôde dans tous les coins, le charme vénéneux du trio nous colle franchement les miquettes à zéro à chaque coin de chansons, qui vous prennent à l’estomac comme un bon vieux whisky expédié sans coup férir au fond du gosier !

Originaire d’Athens, en Géorgie, le trio est aujourd’hui installé à Brooklyn et se compose des jumeaux Bateh, Reid ténébreux chanteur et guitariste et Blaze, batteur de son état, ainsi que du bassiste William Brookshire, vieux copain d’enfance.

Cela fait maintenant plus de 10 ans que Bambara traîne son post punk malsain aux frontières du rock gothique et empile les albums tel un métronome, puisque Stray est leur cinquième disque, deux ans après Shadow On everything.

Passés un peu sous les radars jusque-là, Shadow On Everything les a enfin mis au devant de la scène, scène d’ailleurs qu’ils prennent abondamment, en compagnie de quelques-uns des meilleurs groupes du moment, tels Idles, Metz, ou bien encore Girl Band.

Si la rythmique est d’une rare efficacité, il faut bien admettre que tous les regards se portent sur Reid Bateh, ses yeux noirs, sa voix profonde, qui bien sûr n’est pas sans rappeler un jeune Nick Cave au sortir de Birthday Party.

On pense en effet beaucoup à l’illustre Australien tout le long de ses 10 chansons, dont même les titres  (Stay Cruel, Death Croons) auraient pu sortir du cerveau de l’auteur de Tender PreyNéanmoins Bambara dépasse cette évidente influence en variant les plaisirs et les ambiances, entre western crépusculaire et film noir très, très  noir. 

S’ouvrant sur un Miracle, se finissant à coups de Machete, Stray semble nous embarquer vers le fond, quelques chœurs féminins chantés par Drew Citron de Beverly, ici ou là apportent une douceur et une mélancolie à la Leonard Cohen (Singing To the Street) mais la tension reste palpable en permanence.

C’est même une sacrée cavalcade que nous proposent les titres les plus sanguins du disque, comme Heat Lightning, croisant ainsi Protomartyr et Gun Club ou bien l’incandescent Serafina. On prend ainsi un réel plaisir à se faire secouer et rencontrer tous ses personnages hauts en couleur inventés  par Reid Bateh.

Le bonhomme semble en effet cumuler tous les talents, car ses cordes vocales sont au service d’histoires sacrément bien écrites, une jolie plume pour un corbeau noir !

Beauté ténébreuse, Stray a tout du compagnon idéal pour nuits agitées !

 


Stray de Bambara

sorti le 14 février chez Wharf Cat Records

 

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Image à la une : Photo Kevin Condon

 

 

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