Chronique Musique

BlauBird prend son envol

BlauBird
BlauBird / Lars Botton
Ecrit par Ivlo Dark

L’oiseau bleu ou l’imagerie onirique d’un accomplissement personnel, l’épanouissement qui irradie un entourage proche afin d’y déverser tout son lot de beauté. Si un album peut s’enorgueillir de capter autant de stimuli remplis de béatitudes, c’est bien Rising – La Fin de la Tristesse dont l’intitulé résume à lui seul une élévation étant parvenue à annihiler des humeurs affectées. Il n’y a pas de filouterie vis-à-vis de la livraison, le disque de BlauBird (bien épaulé par une campagne de financement participatif) est de cet ordre. On imagine alors le ciel qui se dégage de ces nuages trop sombres, laissant poindre les timides mais réels rayons du soleil. Pour autant, il n’est pas question de réfuter la pluie et ses bienfaits naturels. La musique ondule ici entre cette nostalgie palpable et l’espoir grandissant de jours plus lumineux.

A l’initiative de l’œuvre, nous retrouvons Laure Slabiak dont le chant est une invitation au voyage. L’auteure, compositrice et interprète ne peut susciter l’indifférence tant sa tessiture est une bénédiction vouée aux plus grandes louanges. Il faut dire que l’intéressée a une forte expérience du chant lyrique, plus particulièrement en qualité de contralto. Avec ce projet mûri depuis plusieurs années, c’est une fusion des genres qui vient nous cueillir. Pour cela, Laure Slabiak a élaboré sa matrice avec Olivier Slabiak, compagnon à la ville comme à la scène pour la plus parfaite des symbioses.

« J’entends mon oiseau bleu, la nuit. Je l’entends chanter, ici même dans mon cœur »

Dix titres s’offrent à nous. Tout commence par Daddy ancré sur les bases d’une simplicité mélodique. Nous y croisons la grâce et la douceur d’un piano. L’enchaînement s’opère sur les langueurs monotones de L’Absence, morceau enregistré comme le précédent par le britannique Ian Caple bien connu pour ses talents de producteur lui ayant permis de magnifier le travail de noms aussi prestigieux que ceux de Tricky, Alain Bashung, Yann Tiersen ou les Tindersticks (liste exhaustive). Là encore, impossible de ne pas savourer le rendu chargé de mystères qui se dégagent d’une section de cordes. Le titre se distingue comme le reste du recueil par sa faculté à jongler avec les langues. Cerise sur le gâteau, l’intro et l’outro se voient affubler d’un échantillonnage tiré de Claude Debussy et son fameux Clair de Lune. Les influences sont multiples, raffinées et s’entremêlent avec éloquence.

La transition sera traversée de soul sur les notes de Blue Bird dont l’orchestration plus ample vient desservir un envol des plus magnifiques. A la suite, On Levouch résonne de son phrasé yiddish combiné à une dimension électronique soutenue. La programmation confère un aspect moderne mâtiné d’une bande son qualifiée à juste titre de « trip-hop lyrique ». La singularité du composite ne souffre d’ailleurs d’aucune rature, bien au contraire !

L’auditeur pourra également s’émerveiller à la lueur des arpèges légers de la pièce maîtresse qui nous berce. Craddle Song irradie de son spleen idéal, ses étirements gonflés d’un spectre positif enrichissent la poésie de William Blake. Dans la même lignée littéraire, nous retrouverons la prose de Victor Hugo au travers de Demain, Dès L’Aube où figure la participation du Professeur Inlassable pour  une adaptation osée mais piquante.

Le point d’orgue sera apaisé, telle une mélopée remplie d’espoir (Tes Mots d’Or)… Avant que le chant d’un grand-père disparu n’apparaisse dans un vibrant hommage… Comme un lien éternel et sacré…

Si vous êtes friands d’ambiances captivantes, mystiques, poétiques, teintées de sonorités aussi variées que soignées, ce disque est fait pour vous. BlauBird s’y dévoile au travers d’une force émotionnelle des plus troublantes.

BlauBird – Rising – La Fin de la Tristesse
sorti le 21 septembre chez Elles et O / Differ-Ant

Site OfficielFacebookDiffer-Ant

Remerciements: Nicolas Favier (La Centrifugeuse)

 

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