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Bouts d’ficelles : la BD sans filet

On sent que ça pourrait partie en live et… ça part en live ! Avec Bouts d’ficelles (Dargaud), Olivier Pont improvise l’histoire de Thibault, jeté en pleine galère après avoir aidé une fille à transporter des paquets de litière pour chat… Concrètement, l’auteur a scénarisé et dessiné au fur et à mesure. L’expérience, assurément vertigineuse, ne manque pas d’audace. Mais le résultat est là. Virevoltant, surprenant, amusant.

Ce matin-là, quand Thibault le renfrogné prend le métro et croise le regard d’une inconnue, tout s’emballe. Quelques minutes plus tard, il se retrouve à nourrir les chats d’une vieille dame, laquelle a tout juste le temps de lui confier une mission avant de mourir… L’histoire aurait pu s’arrêter là mais elle s’enchaîne au contraire à vitesse grand V. Suspecté d’avoir tué Madame Jeannette, voici notre héros malgré lui embarqué dans une voiture de Police… volée par un braqueur pisté par des truands !

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Menotté, séquestré puis évadé, le jeune garçon va en voir de toutes les couleurs avec une seule hâte en tête : retrouver ses pénates et son chez lui. Pour cela, un vrai parcours du combattant l’attend. Devant nos yeux ébahis, les scènes d’action succèdent ainsi aux scènes cauchemardesques, reliées entre elles par un fil invisible mais qu’on espère bien pouvoir découvrir en fin de parcours. En effet, malgré un scénario abracadabrantesque, on se laisse dire au fil des pages que la petite aventure de Thibault, apparemment décousue, ne saurait finir en déconfiture…

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Cette BD affiche par ailleurs des couleurs franches et soignées, propres à chaque séquence. Elles participent à la fluidité du récit et sont signées Laurence Croix. Celle-ci a collaboré plusieurs fois avec Brunö (dont le dernier Tyler Cross paru en avril chez Dargaud) et colorisé des séries très diverses, qui vont de Blake et Mortimer à Spirou.

À propos de personnages chers à la BD, ceux de Bouts d’ficelles affichent tous une salvatrice gueule de l’emploi. Thibault d’abord, bonne pâte et maladroit, porte un air débonnaire à souhait. Il faut le voir, hagard et surpris, se balader en tunique à motif bleu sur les toits de Paris. Mort de rire ! Et puis il y a aussi ces deux flics dépassés mais à la gâchette facile, quelque peu ridiculisés par le dénommé « L’épouvantail », braqueur malin au visage buriné et à la folie passagère, capable pour sauver sa peau de débarquer dans un concours de sosie et de se prendre pour Jacques Chirac.

Bref, tout arrive à qui se prête au jeu. Car oui, c’est un jeu, qui navigue entre fable contemporaine, thriller sanglant et comédie dramatique. Dans ce contexte, n’hésitez pas à suivre le rythme et les astuces d’un scénario savoureux, qui conduira Thibault à vivre une journée longue en rebondissement mais lui offrira aussi de transcender ses limites.

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Bouts d’ficelles de Olivier Pont
Dargaud, août 2018

 

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